BAVURES POLICIERES AU SENEGAL Des protecteurs «semeurs» de mort

POLICE BAVURES POLICIERES AU SENEGAL
BAVURES POLICIERES AU SENEGAL

La police sénégalaise a encore fait parler d’elle, non en bien mais plutôt en mal. Ces hommes de tenue qui sont censés protéger les populations sont très souvent cités dans des cas de bavures entrainant mort d’homme, comme c’est  le cas récemment  avec le décès du jeune Ibrahima Samb, apprenti chauffeur de son vivant, à Mbacké. Des actes « odieux » décriés par les «droits de l’hommistes» qui exigent toute la lumière sur cette affaire.

Le cas de bavure policière le plus récent est le décès du jeune apprenti chauffeur de Mbacké, Ibrahima Samb. Alors qu’il avait été interpellé dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19, suite à une opération de sécurisation menée par les forces de l’ordre, la mort d’Ibrahima Samb alimente la chronique. La famille de la victime croit dur comme fer que la police y est pour quelque chose. D’ailleurs, l’autopsie faite à Dakar, faisant état de plusieurs fractures, notamment au cou et sur les membres inférieurs vient conforter la position de la famille de la victime.
Les droits de l’hommistes s’en mêlent 
Selon le journal en ligne seneplus.com, les organisations de  défense des droits de l’homme se sont saisies de ce dossier. Elles exigent, en effet, l’ouverture immédiate  d’une enquête judiciaire pour élucider les circonstances  de la mort du jeune Ibrahima Samb, décédé à la suite d’une arrestation par la police de Mbacké. C’est ainsi que la ligue sénégalaise des droits de l’homme (Lsdh) et Amnesty  International Sénégal soulignent que le jeune  apprenti de 19 ans est décédé entre les mains d’agents du commissariat de police de la ville de Mbacké, peut-on lire sur seneplus.com.
Dans leur communiqué, toujours selon cette source, les droits de l’hommistes relèvent  que c’est à la suite d’une arrestation «musclée»  qu’il a été «jeté dans la malle de la voiture  particulière d’un des policiers de la Section de  recherches du nom d’Almamy Ndour pendant deux jours avant  qu’il ne décède par asphyxie». «Plusieurs témoignages  concordent sur le fait qu’il a été arrêté et mis dans  la malle d’une voiture particulière», notent Me Assane  Dioma Ndiaye et compagnie qui réaffirment leur engagement à lutter contre la torture et les mauvais traitements et  exhortent le gouvernement à exprimer clairement sa volonté de lutter contre l’impunité. «Nos organisations  appellent également les autorités judiciaires à faire  preuve de diligences pour toutes les affaires de décès  impliquant des forces de sécurité», concluent-ils.
Bavures policières récurrentes
Lundi 01 juillet 2013, Antoine Robert Bambou, trouve la mort en Casamance,  dans son village natal, Pointe Saint- Georges, plus connu sous le nom de « Ponta ». Le jeune homme, si l’on en croit le journal Enquête, a été roué de coups par des militaires en position avancée dans ce village de pêcheurs situé à 6 km de Mlomp, dans le département d’Oussouye.
Loin d’être isolé, ce cas relève les nombreuses bavures entrainant la perte en vie humaine dans lesquelles sont impliquées les forces de l’ordre. L’année 2012 fait parti des périodes qui ont connu beaucoup de morts d’hommes lors d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. A Ziguinchor, le mercredi 18 janvier, un jeune étudiant Bissau Guinéen, du nom de Jean Michel Cabral, a été tué par balle par Pascal Nzale, soldat de deuxième classe à la zone militaire N°5. Le drame est survenu lors d’une grève des élèves et étudiants de la région sud du Sénégal. Le 31 janvier 2012, l’étudiant, Mamadou Diop meurt, renversé par le char à eau de la police, lors d’une manifestation contre la candidature du président Abdoulaye Wade à un troisième mandat.
Malick Ba perd la vie, le 31 mai 2011, à Sangalkam, lors d’une manifestation contre l’installation de la délégation spéciale dans cette commune née du découpage administratif effectué par le régime sortant de Wade. Des hommes de tenue se sont illustrés dans cette bavure, ce qui a conduit à l’inculpation de l’adjudant Samba Sarr ainsi que du gendarme Adama Sall pour meurtre. Toujours dans la même année, un jeune élève, Mamadou Sy et un septuagénaire décèdent à cause des dérives des forces de l’ordre. Tous les deux ont été tués le 31 janvier de la même année, lors d’une manifestation organisée par la section M23 de Podor pour protester contre la validation de la candidature de l’ex-président Abdoulaye Wade. Conséquence, l’ex-Commandant de la brigade de Podor croupit en prison en même temps que Babacar Sarr, Racine Ndong et Mountaga Gaye, tous hommes de tenus.
Le lundi 5 juillet 2010, Moustapha Sarr, un jeune pêcheur âgé d’environ 25 ans, a été tué d’une balle à la poitrine. Un drame qui avait suscité l’ire des populations de Médina, Gueule Tapée et Soumbédioune, qui s’étaient affrontées aux forces de l’ordre. Quelques jours plus tard, l’éco-garde Yaya Sonko a été inculpé par le Doyen des juges Mahawa Sémou Diouf et placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss. Mais c’était pour être libéré au bout de trois mois.
Que de cas non encore élucidées
En décembre 2008 un jeune menuisier métallique a été  tué par balle lors d’affrontements entre forces de l’ordre et étudiants de la localité du Sud-est du pays, plus précisément à Kédougou. Contrairement aux dires du ministre de l’Information d’alors, Abdou  Aziz Sow, qui parlait de mort par piétinement, l’autopsie avait conclu à un homicide involontaire par arme à feu.
En 2007, beaucoup de cas similaires ont été notés au Sénégal. Il s’agit du  meurtre d’un jeune homme par un agent de police à Diourbel au mois de janvier. En Avril de la même année, on a enregistré  la mort de Dominique Lopy dans un commissariat de police à Kolda. Au mois de juin, Cheikh Ahmet Tidiane Fall a été tué par des douaniers à Mbour. Décembre de la même année, Badara Diop a été retrouvé mort dans un commissariat de police à Kaolack.
Le 31 janvier 2001, Balla Gaye, étudiant en Droit en master II; à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), a été tué, atteint d’une balle lors d’une manifestation estudiantine fortement réprimée par les forces de l’ordre. Son supposé bourreau, Thiendella Ndiaye, officier de police qui a été par la suite blanchi, est d’ailleurs cité dans la mort tragique du jeune apprenti chauffeur dans les locaux de la police de Mbacké.
Si dans certains cas, la justice intervient pour interpeller les fautifs, il reste à signaler que le plus souvent, ces derniers ne restent pas longtemps, en prison. Par ailleurs, nombre d’actes de cette nature sont restés sans suite avec des zones d’ombre non encore élucidées.

Jean Michel DIATTA Sudonline

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