Biasse du budget 2014 – Macky maigrit de 244 milliards

MACKY SALLLe budget de l’année prochaine connaît une réduction très notable par rapport à celui de cette année, mais les dépenses sociales devraient augmenter de manière sensible. Par ailleurs, toutes les niches de dépenses superflues seront éliminées ou fortement réduites.

Il a fallu une réunion restreinte le vendredi entre le chef de l’Etat, son chef du gouvernement et les deux ministres, des Finances et du Budget, pour discuter du Budget 2014. Après cette réunion, qui a duré jusqu’à 4 heures du matin, le samedi, le Président a présidé un Conseil des ministres exceptionnel, dont l’ordre du jour principal était l’arbitrage budgétaire pour 2014. Et il se dit qu’à l’issue de cette rencontre, Macky Sall affichait une mine particulièrement réjouie, se laissant aller jusqu’à déclarer que ce projet de budget 2014 reflétait exactement ses ambitions politiques et ses engagements envers son Peuple. Des «esprits retors», en entendant ce commentaire, ont eu une pensée particulière pour les ministres qui avaient élaboré le budget de 2013…

Parce que ce projet de loi budgétaire 2014, tel que présenté par le Conseil des ministres, a tout l’air d’un cinglant désaveu du travail réalisé en 18 mois de pouvoir de Macky. L’élément notable en est en effet, une baisse significative. C’est la première fois depuis des décennies que le pays enregistre une baisse de son budget. Et celle-ci n’est pas négligeable. En effet, le budget passe de 2 531,116 milliards votés pour cette année, à 2 287 milliards, ce qui fait une baisse de 244 milliards de francs Cfa.

Pourtant, dans les sphères de l’Etat, on ne semble même pas s’émouvoir de cette situation. La preuve, la communication de l’Etat n’a pas porté sur cet aspect des choses. Tout au contraire, aussi bien à la Présidence qu’au ministère de l’Economie et des Finances, on ne semble trouver que des motifs de satisfaction au nouveau budget.

Budget social

Il y a, soulignent toutes les personnes interrogées par Le Quotidien, le fait que ce budget n’est pas juste un alignement de chiffres, mais une projection d’actions qui n’attendent que leur mise en œuvre. Certains indiquent même : «Si les autorités l’avaient voulu, elles auraient pu arrêter un budget de 3 000 milliards, quitte à ne pas l’appliquer, ou à ne pas pouvoir absorber toutes les ressources.» Cela s’est passé avec la Loi des finances (Lf) 2013, arrêtée à 2 531 milliards et finalement, ramenée à la baisse lors de la Lfr rectificative. A contrario, Macky Sall a préféré faire dans la transparence et faire voter un budget dont il est sûr qu’il pourra trouver tous les moyens requis pour sa mise en œuvre.

Cette volonté de transparence et de sincérité, qui ne veut afficher que ce qui sera réellement exécuté, a poussé les autorités à mettre l’accent sur la qualité des dépenses. Macky Sall a décidé que ce budget sera réellement un budget social et il a voulu donner la priorité, on l’a dit plus haut, aux projets sociaux qui sont au cœur du projet de société du président de la République. Ainsi, outre le financement du Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) et du Fongip, le budget 2014 a prévu un peu plus de 10 milliards de francs Cfa pour les bourses familiales, environ 6 milliards pour la Couverture médicale universelle (Cmu), la réalisation du pont de Foundiougne et de certaines pistes rurales.

Ces projets se feront parallèlement à la construction de 2 000 logements sociaux  supplémentaires à Dakar et dans certaines capitales régionales. Ces logements n’auront rien à voir avec ceux de Tawfekh, le pendant de Jaxaay pour Macky – qui devraient voir le jour sur les sites de Tivaouane Peulh et Niaga, si les grandes pluies de cette année les laissent intacts.

Rationalisation des dépenses

Pour se donner les moyens de réaliser ses projets d’investissement, le chef de l’Etat a donné des instructions fermes pour limiter les dépenses de fonctionnement. Toutes les niches de dépenses seront traquées dans le budget et éliminées, ou à la rigueur, réduites fortement.

Par exemple, dès le mois de janvier prochain, aucun fonctionnaire de l’Etat, aussi haut placé qu’il puisse être, ne bénéficiera plus de logement particulier loué à son compte par l’Etat. Tous les contrats de location, passés par l’Etat au bénéfice de particuliers, devraient prendre fin dès le 31 décembre de cette année. Le chef de l’Etat a promis de veiller à l’application de cette décision. Tous les fonctionnaires concernés, et qui auraient droit à des indemnités de logement, devraient les percevoir sans problème. Il n’empêche que l’Etat pourrait continuer à louer des immeubles privés, dans l’intention d’y installer des services ou des ministères, en cas de nécessité.

De même, une fois de plus, la facture téléphonique de l’Etat devrait être réduite. L’Etat veut cette fois-ci veiller à ce que le montant inscrit dans le budget pour ce volet soit véritablement respecté. Les autorités ne veulent plus voir la Sonatel se servir dans les dividendes de l’Etat chaque fois que la facture de l’Etat connaît un dépassement.  Et toutes les économies réalisées par l’Etat dans la rationalisation des dépenses sont destinées à être réinjectées dans les dépenses sociales prioritaires de l’Etat.

L’optimisme de ce budget dit de sincérité tient également des perspectives que dégage le nouveau Code général des impôts. L’Etat en attend, en ressources additionnelles, environ 138 milliards de recettes supplémentaires, sous forme d’impôts et taxes diverses. Par ailleurs, l’Etat escompte récupérer 20 milliards sous forme d’appui budgétaire additionnel également. Tous des montants destinés à renforcer la mise en œuvre du Yoonu yokkuté de Macky Sall dans son budget.

mgueye@lequotidien.sn

Écrit par Mohamed GUEYE

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