Bibo Bourgi autorisé à aller se faire soigner : La clé du procès de Karim « s’égare à paris »

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La Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) a autorisé le complice de Karim Wade, Ibrahima Abou Khalil Bourgi, à aller se faire soigner en France. D’ailleurs, le malade qui n’attendait que cela s’est envolé pour la capitale française hier nuit.

Il sera interné pendant un mois à l’hôpital militaire de Val-de-Grâce. Il s’est rendu chez lui sans garde ni aucune garantie. Ce qui peut constituer une menace pour la suite du procès de Wade-fils.

Le jeudi 25 septembre 2014 peut bien être le dernier jour du procès de Karim Wade et Cie, accusés d’enrichissement illicite portant sur 117 milliards de FCfa. Non pas parce que la culpabilité du fils de l’ancien président de la République est établie. Ni son innocence. Seulement, parce que la pièce maîtresse de ce procès a été exfiltrée par le juge Henry Grégoire Diop et sa Cour. Cela semble être le cas depuis hier soir.

Ibrahima Abou Khalil Bourgi dit Bibo a obtenu ce ticket de sortie. Réclamée depuis plusieurs semaines, l’autorisation de sortie pour des soins médicaux du complice de Karim Wade est tombée hier. Avec effet immédiat. Le co-accusé de Karim Meïssa Wade qui a été interné depuis plusieurs mois à la Clinique du Cap et qui a été traîné deux fois sur civière devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite s’est envolé hier nuit pour la capitale française à bord du vol de Sn Brussels. Suite à une autorisation de Henry Grégoire Diop et sa Cour.

La Cour de répression de l’enrichissement illicite a répondu favorablement à la requête des avocats de Bibo Bourgi, Mes Baboucar Cissé et Laïty Ndiaye. Le magistrat a signifié, selon l’un de ses conseils, une autorisation d’un mois en faveur du fondateur d’Aviation handing services (Ahs).

Le Franco-libanais qui est accompagné de médecin traitant sera interné à l’hôpital militaire de Val-de-Grâce pour trente jours, le temps de se faire opérer et guérir son infection rénale. Il n’est accompagné d’aucun garde pour s’assurer de son retour. Henry Grégoire n’a été convaincu que par les engagements pris par le malade Ibrahima Abou Khalil dit Bibo Bourgi.

En effet, aucune garantie n’a été remise à la Cour quant au retour du malade que Me El Hadji Diouf qualifiait de malade imaginaire. Les arguments de Bibo et ses avocats ont été assez convaincants. «Il n’a donné aucune garantie, il s’est juste engagé à revenir et il reviendra», assure Me Baboucar Cissé.

Seulement, l’absence d’Ibrahima Abou Khalil Bourgi dit Bibo est une menace sur la poursuite du procès de Karim Wade et Cie. Deux prévenus capitaux dans ce procès, Karim Meïssa Wade et Pape Mamadou Pouye, ont refusé de répondre aux questions de Henry Grégoire Diop et sa Cour, si Bibo Bourgi ne comparaissait pas en bonne santé. Ce qui n’avait pas empêché la Crei de poursuivre les débats d’audience. La Cour avait refusé d’accéder à la demande des deux prévenus.

Cette surprenante décision de le laisser aller en France peut constituer un nuage noir sur ce procès. «Le procès peut bien se poursuivre sans la comparution de Bibo Bourgi. Cependant, si les prévenus continuent à réclamer la comparution de celui-ci pour répondre aux questions de la Cour et des avocats des deux parties, sa non-comparution peut constituer un blocus pour ce procès», assure un avocat qui a requis l’anonymat.

Quand la France saisissait Macky Sall

Ibrahima Abou Khalil Bourgi dit Bibo avait saisi les autorités françaises via l’ambassadeur de France à Dakar pour pouvoir aller se soigner à Paris. Une initiative qu’il a prise suite au refus des médecins de l’Hôpital général de Grand-Yoff de lui faire subir une intervention chirurgicale. Motif brandi par les blouses blanches : «Notre plateau médical ne nous permet pas de procéder à cette intervention chirurgicale.» Alors que l’homme d’affaires commençait à être rongé par la maladie. C’est ainsi qu’il a écrit une lettre à l’ambassadeur de France à Dakar pour qu’il intervienne auprès des autorités sénégalaises.

Et le cri du cœur de Bibo Bourgi n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. La représentation diplomatique française qui a reçu la correspondance du citoyen français, Bibo Bourgi, avec les documents médicaux, a, à son tour, informé les autorités sénégalaises. Et des sources diplomatiques confient que le Président Macky Sall, qui a été informé, s’en est ouvert à son ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Sidiki Kaba.

Et les mêmes interlocuteurs de préciser que ce dernier a saisi la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) pour la levée de la mesure d’interdiction de sortie du territoire de Bibo Bourgi pour qu’il aille se soigner.

Et pour légitimer la décision de sortie du territoire de Bibo Bourgi, le conseil de l’homme d’affaires, Me Boubacar Cissé, a déposé une demande d’autorisation de sortie du territoire de son client, depuis mercredi dernier, sur la table du Procureur spécial de la Crei, Alioune Ndao. Et le magistrat spécial de la Crei n’a pas encore donné suite à la requête de l’avocat. Toutefois, d’après le constat des médecins, la santé de Bibo Bourgi est critique et nécessiterait une évacuation d’urgence pour une intervention chirurgicale. Cette fois aussi, l’affaire avait abouti à un refus.

Pourtant les magistrats doutaient de la maladie de Bibo

Les magistrats de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), Henry Grégoire Diop et sa Cour et le Procureur spécial, Alioune Ndao, émettaient des réserves sur les différents rapports d’expertise médicale produits par des médecins assermentés sur l’état de santé de Ibrahima Abou Khalil Bourgi. Des hommes de l’art désignés par l’Ordre des médecins. Et pour en avoir le cœur net sur l’état de santé de Bourgi, les magistrats de la Crei se rendent, au courant du mois d’août, au Service cardiologie de l’Hôpital Le Dantec, puis au Service d’urologie de l’Hôpital général de Grand-Yoff.

Le Procureur spécial, Alioune Ndao et les autres magistrats de la Cour étaient accompagnés par les avocats d’Ibrahima Bourgi. Toutefois, la décision des magistrats de se déplacer sur les lieux, laisse croire qu’ils doutent jusqu’à présent de la maladie de Bourgi. Sinon, qu’est-ce qui explique leur déplacement dans les deux structures sanitaires. Etait-ce pour vérifier que réellement Serigne Maguèye Guèye et Ousmane Dièye existent dans ces hôpitaux ?

Voulaient-ils se transformer en experts médicaux pour donner le feu vert aux médecins pour l’hospitalisation de Bibo dans lesdits hôpitaux ? Et en l’espèce, on osait dire qu’ils ne font pas confiance aux rapports d’expertise fournis par les médecins assermentés et favorables à Bourgi.

MAKHALY NDIACK NDOYE

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