Bill de Blasio embrassant son épouse, Chirlane McCray

Bill de Blasio embrassant son épouse, Chirlane McCray
Bill de Blasio embrassant son épouse, Chirlane McCray
Bill de Blasio embrassant son épouse, Chirlane McCray

Le candidat démocrate à la mairie de New York Bill de Blasio caracole en tête des sondages avant le scrutin du 5 novembre, porté par un discours résolument de gauche et une famille qui incarne parfaitement la diversité de la “Grosse Pomme”.

Passé du statut d’outsider à celui de grand favori en quelques mois, le candidat démocrate à la mairie de New York, Bill de Blasio, a désormais toutes les cartes en main pour s’imposer dans l’élection municipale du 5 novembre prochain.

Crédité de 50 points d’avance dans les sondages sur son adversaire républicain, Joseph Lhota, ce géant de presque deux mètres à l’allure dégingandée s’est imposé en se positionnant comme l’anti-Bloomberg – le maire actuel de New York – et en s’appuyant sur son épouse, une Afro-Américaine réputée pour son engagement en faveur des droits des femmes et des homosexuels.

Avec ses discours passés exaltant le “socialisme démocratique”, son engagement pour la révolution sandiniste au Nicaragua, et son voyage de lune de miel à Cuba, Bill de Blasio fait figure d’ovni dans le paysage politique national américain. Actuellement médiateur de la ville de New York, cet avocat public de 58 ans a cultivé une image d’homme de gauche décomplexée à même de séduire une ville ancrée dans le camp démocrate – Barack Obama y avait obtenu 81% des votes lors de la présidentielle de 2012.

“Un conte de deux villes”

BILL DE BLASIO ENTOURÉ DE SA FAMILLE

Confronté lors des primaires à des démocratesayant occupé des postes à hautes responsabilités, Bill de Blasio n’était alors pas considéré comme le candidat le plus qualifié. Malgré son rôle dans la campagne sénatoriale victorieuse d’Hillary Clinton en 2000 et sa participation au conseil municipal de New York, l’avocat public n’avait pas de grandes réalisations législatives à mettre à son actif. Certaines de ses propositions phares, telle la mise en place de crèches gratuites financées par une taxe sur les riches, avaient même été raillées, étant jugées irréalistes.

Des critiques qui n’ont pas empêché le résident de Brooklyn de séduire les électeurs déçus par le maire sortant, le milliardaire Michael Bloomberg. Le slogan de campagne de Bill de Blasio dénonçant la montée des inégalités – “un conte de deux villes”, d’après le roman éponyme de Charles Dickens – a été particulièrement bien reçu par les New-Yorkais les plus affectés par la crise économique.

L’avocat public s’est également illustré comme l’un des plus fervents adversaires d’une politique autorisant les policiers new-yorkais à fouiller toute personne agissant de manière suspecte. Cette mesure, dite “stop and frisk” (“arrêté et fouillé”), symbole de l’ère Bloomberg, a été accusée de favoriser le délit de faciès, ciblant de manière disproportionnée les Noirs et les Latinos.

Politique et coupe afro

Dans une ville foncièrement cosmopolite, Bill de Blasio s’est appuyé sur sa famille multiraciale pour marquer des points. New-Yorkais d’origine italienne, le candidat démocrate est marié à unepoétesse afro-américaine, Chirlane McCray, réputée pour son activisme en faveur des femmes et des homosexuels. L’influence de cette dernière sur la campagne de Bill de Blasio est évoquée dans un portrait publié dans les pages du New York Times assimilant le couple à une “offre groupée comme Bill et Hillary Clinton”.

Mais pour les observateurs de la course électorale new-yorkaise, c’est l’intervention d’un des deux enfants du couple, Dante de Blasio, dans une vidéo de campagne, qui a marqué le véritable tournant de la campagne. On y voit l’adolescent de 15 ans arborant une impressionnante coupe afro et regardant droit vers la caméra pour expliquer que son père est “le seul” qui mettra fin à ces méthodes policières “qui visent de manière injuste les personnes de couleur”.

Le succès fulgurant de cette vidéo de campagne – vue plus de 100 000 fois sur internet avant même que l’équipe de campagne ne la mette en avant – s’explique notamment par le fait que Dante de Blasio incarne le visage de l’Amérique urbaine du XXIe siècle, où de plus en plus de jeunes se définissent avant tout comme métisses.

La coupe afro du fils de Blasio est devenue un sujet de discussion prisée jusqu’à la Maison Blanche. Le président Barack Obama, qui soutient ouvertement Bill de Blasio, a ainsi déclaré que “[sa] coupe afro n’avait jamais été aussi bonne” que celle du jeune Dante.

Joker familial

L’exploit de son fils et la présence constante de son épouse durant la campagne ont permis à Bill de Blasio de disputer le “vote noir” à un rival afro-américain, Bill Thompson, lors des primaires démocrates. Si les deux candidats ont fait jeu égal sur le vote des hommes afro-américains, la présence de Chirlane McCray aux côtés de Bill de Blasio a permis à ce dernier d’obtenir 47% du vote des femmes noires new-yorkaises, contre 37% pour Bill Thompson.

L’épouse de Bill de Blasio, qui se définissait comme lesbienne avant leur mariage en 1991, s’est également révélée être une alliée précieuse pour rafler l’électorat féminin et le vote gay. À un journaliste qui lui demandait, en décembre dernier, si elle se considérait toujours homosexuelle, Chirlane McCray a répondu : “Je suis mariée. J’ai deux enfants. La sexualité est quelque chose de fluide, et c’est personnel. Honnêtement, je ne suis même pas sûre de bien comprendre votre question”. Un discours qui aurait aidé Bill de Blasio à s’imposer, lors des primaires démocrates, contre une autre candidate ouvertement lesbienne, Christine Quinn.

Ces succès électoraux à travers différentes catégories démographiques new-yorkaises – Bill de Blasio a également obtenu la plus forte proportion de votes parmi les femmes, les juifs, et les Latinos – reflètent l’évolution du melting pot de la Grosse Pomme, selon des analystes américains. “On dirait une élection post-raciale. Je ne me souviens pas d’une élection où un candidat noir a perdu le vote noir, une femme le vote féminin, ou un candidat juif le vote juif”, explique au New York Daily News Joe Lenski, co-fondateur de la compagnie de sondage Edison Research. “C’est vraiment impressionnant”.

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by bishba in FAITS DIVERS 0

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