« Blair et Bush sont des criminels » : le témoignage d’un ancien entrepreneur belge en Irak

USINE IRAKLes accusations de cet entrepreneur belge sont graves. Elles arrivent en retard mais ont le mérite de reposer la question et de revenir sur le grand mensonge de la guerre du Golfe ; pourquoi cette guerre, vu les mensonges de Bush et Blair ?

La réponse est simple : ils ont créé cette guerre pour pouvoir permettre à Daech de s’imposer petit à petit et de déstabiliser la région, au profit de l’entité sioniste scélérate. Une telle manipulation mondiale ne peut être due au hasard ou avoir pour seule cause un objectif uniquement financier. Il est aussi absurde que stupide de penser une telle chose.

Les criminels responsables comme Bush, Blair… s’excuseront et ne subiront aucune sanction, malgré les millions de morts et la destruction de nations entières. Ils ne subiront aucune sanction malgré les attentats meurtriers commis en France du fait de Daech ! Ils continueront à passer à la télé, faire des conférences, écrire leurs mémoires comme si de rien n’était, ce qui prouve que l’Occident est déjà mort…

Après quatorze ans, il a décidé de briser le silence. « La deuxième guerre en Irak est basée non pas sur un doute mais sur un énorme mensonge, explique l’entrepreneur belge Gérard Delruelle, ancien président de Cockerill-Sambre, mais aussi ex-patron de Sybetra (NDLR : syndicat belge des travaux, soit un groupement de l’industrie belge pour exporter des usines clé en main). C’est à ce titre qu’il était au premier rang lors de la seconde guerre du Golfe (2003) quand l’usine construite par les Belges et située à Al Qaïm à la frontière entre l’Irak et la Syrie a été présentée au monde entier comme une menace directe pour les Etats-Unis. Photo géante, diffusée largement début octobre 2002, à l’appui.

« D’après les Américains, cette usine d’engrais, qui était l’une des plus belles du monde, était remplie d’uranium, destiné à un armement nucléaire, dénonce M. Delruelle qui fut également député. C’était totalement faux. Oui, une installation d’extraction d’uranium a bien existé , mais elle a été démolie par l’armée américaine lors de la première guerre du Golfe en 1991. Saddam Hussein n’était pas une menace ni pour la Grande-Bretagne, ni pour les Etats-Unis. Le rapport Chilcot (NDLR : un document publié la semaine dernière et qui dresse un bilan accablant de l’intervention britannique en Irak décidée sous le Premier ministre travailliste Tony Blair), doit être complété par notre témoignage. »

Quand a débuté votre expérience en Irak ?

En 1978, alors que j’étais député, la Société Générale de Belgique m’a demandé de prendre en charge le chantier de Sybetra, enlisé dans un mauvais contrat. Il s’agissait de la construction d’une gigantesque usine d’engrais à Al Qaim, près de la frontière syrienne. Les autorités irakiennes avaient fait les bons choix, en misant sur les technologies les plus modernes, mais le contrat avait été conclu à perte. Pendant cinq ans, j’ai dirigé l’équipe du chantier, près de 5000 personnes. Il a fallu renégocier avec le client irakien, difficile mais compétent. La guerre Irak-Iran est venue compliquer les choses.

A quoi ressemblait l’Irak à cette époque ?

C’était un pays où l’on bâtissait des usines, on construisait des routes et des autoroutes et pas uniquement des palais pour les dirigeants. La plupart des enfants étaient scolarisés, le niveau de vie était presque aussi élevé que dans les pays développés. On y rencontrait des femmes directeurs de ministères. C’était le contraire du pays archaïque dont on nous a parlé à l’époque.

Saddam Hussein était un homme très brutal mais efficace. Son régime était laïque et tentait de maintenir un équilibre entre les sunnites et les chiites. Le ministre des Affaires étrangères était chrétien. Un jour une ingénieure polonaise (il y avait des expatriés de 47 nationalités) a été enlevée et violée par des agents des services secrets. Retrouvés, ils ont immédiatement été pendus. C’est violent, mais dans beaucoup de dictatures ce genre d’affaire aurait été étouffée et on n’aurait jamais retrouvé les coupables.

On doit condamner, à juste titre, Saddam Hussein pour avoir gazé des milliers de Kurdes qui se révoltaient. Mais ce crime de guerre est-il plus grave que toutes les bombes à fragmentation des autres armées ?

Tiriez-vous de l’uranium depuis cette usine d’Al Qaïm ?

Oui, on a extrait de l’uranium. C’était l’un des petits suppléments qu’on avait rajoutés à la demande des Irakiens. Le phosphate ce de pays a la particularité d’avoir davantage d’uranium que la moyenne. On utilisait un procédé chimique simple, inventé par les Belges, qui nous permettait de produire un « yellow cake », un oxyde d’uranium, comparable à n’importe quel minerai d’uranium extrait au Niger ou dans d’autres pays et qu’on retrouvait sur le marché. Mais si une installation d’extraction de l’uranium contenu dans le phosphate irakien (de 0,3 % à 3 %) a bien existé… elle a été démolie par l’armée américaine lors de la première guerre du Golfe en 1991 !

Des américains sont venus à Méchim chercher les plans de l’usine de façon à avoir les informations précises permettant d’en cibler la destruction.

© Google

En octobre 2002, vous découvrez pourtant que votre usine fait la Une des médias…

Les Américains se sont servis de notre usine qui a fait la manchette du New York Times et de la plupart des journaux du monde à l’avant veille du vote au Congrès décidant d’une intervention en Irak. Il fallait faire peur et on a présenté Al Qaïm comme dangereuse pour la sécurité des Etats-Unis : cette énorme usine produisait, soi-disant, de l’uranium en grande quantité. Ce qui est complètement faux, car il n’y avait plus un gramme d’uranium depuis 1991. Impossible de nier la volonté de mentir. J’ai dénoncé cet énorme mensonge en écrivant un article que j’ai transmis à différents journalistes. Les contrôleurs de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA), ont fait le tour de toutes les rédactions de journaux pour prétendre que le danger était réel. Ils échapperont difficilement au dilemme : incompétents ou complices ?

Certains avaient-ils des raisons particulières d’intervenir en Irak ?

Pourquoi le président des Etats-Unis de l’époque, George W. Bush jr, le vice-président Dick Cheney, et le Premier ministre britannique Tony Blair ont-ils voulu attaquer l’Irak ? Il faut leur demander. Il n’y avait aucune raison objective de s’en prendre à l’Irak. Saddam Hussein n’était pas une menace ni pour la Grande-Bretagne, ni pour les Etats-Unis. Bush et Blair ont trompé leur monde. C’est maintenant admis.Cette deuxième intervention occidentale en Irak a causé la débandade de l’Irak. Depuis que les Américains sont intervenus, ce sont des attentats tous les jours. Daech est né de ces décisions mensongères. Le temps a passé et celui de la vérité est arrivé : Georges W. Bush, Dick Cheney et Tony Blair sont des criminels que l’Histoire reconnaîtra comme tels.

Avez-vous des nouvelles de cette usine d’Al Qaïm ?

Elle est au main de Daech, mais elle a probablement subi peu de dommages essentiels. Daech n’a certainement pas détruit des fours qui font 90 mètres de long. Dès que l’organisation terroriste sera mise hors d’état de nuire, je compte retourner en Irak avec ceux qui ont construit cette usine. Il faudra retrouver les plans, qui sont en Belgique, et la remettre en marche.

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