BLANCHIMENT D’ARGENT Les soupçons pèsent moins lourd

BLANCHIMENT D’ARGENT
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Entre 2012 et 2013, la Cellule de traitement de l’information financière (Centif) a enregistré moins de déclarations de soupçons de blanchiment d’argent et transmis moins de dossiers à l’autorité judiciaire. La « traque » y est sans doute pour quelque chose, mais le risque zéro semble être loin d’être atteint.

Neuf mois seulement et déjà 66 déclarations de soupçons de blanchiment d’argent reçues par la Centif (Cellule de traitement de l’information financière), au 30 juin 2013. Huit de ces déclarations ont fait l’objet de rapports transmis à la justice dont deux (2) dossiers en procédures judiciaires, sachant qu’une procédure judiciaire peut  concerner plusieurs dossiers transmis. C’est beaucoup moins qu’en 2012, année au cours de laquelle la Centif a connu un pic de 96 déclarations de soupçons dont 5 qui ont fait l’objet de rapports transmis à la justice qui a mis en branle 4 dossiers en procédures judiciaires. Cependant, le tableau récapitulatif des déclarations de soupçons reçues par la Centif ainsi que les dossiers transmis à la justice affichent une évolution sensible depuis 2005, date à laquelle seulement 11 déclarations de soupçons avaient été enregistrées.

Entre 2005 et 2006 soi en l’espace d’une année, le compteur affiche 60 déclarations qui ont fait l’objet de huit dossiers transmis à la justice et autant en procédures judiciaires. L’année d’après, en 2007, les déclarations de soupçons se sont accrues et sur un nombre de 72 déclarations, 12 ont fait l’objet de dossiers qui ont abouti à autant de procédures judiciaires. La température est montée en 2008 avec 75 déclarations dont 17 rapports transmis à la justice et 15 en procédures judiciaires, avant de baisser en 2009 avec 71 déclarations dont 14 rapports et 10 procédures judiciaires.
La pause a cependant duré le temps d’une fleur puisqu’en 2010, la Centif a enregistré 84 déclarations de soupçons et transmis 15 rapports à l’autorité judiciaire dont trois en procédures.

C’est à partir de là que le phénomène a été le plus constant puisque de 84, les déclarations sont passées à 92 en 2011 et fait l’objet de 17 rapports transmis à l’autorité judiciaire dont 16 en procédures.

De 2005 à nos jours, c’est certainement au cours l’année 2012 que la Centif a connu un pic en termes de déclarations de soupçons de blanchiment d’argent. Elle a ainsi reçu pas moins de 96 déclarations de soupçons dont cinq qui ont fait l’objet de rapports transmis à la justice et 4 de ces dossiers sont en procédures judiciaires. En somme, l’état des procédures judiciaires affiche 72 inculpations, sans compter les sept (07) rapports classés sans suite par le Parquet régional de Dakar, les dossiers non renseignés ainsi que les nouveaux dossiers transmis aux parquets.

Par ailleurs, les 21 ordonnances de clôture ont donné suite à une (01) décision d’incompétence du juge ; sept (07) décisions de non-lieu ; dix (11) décisions de condamnation et, deux (02) relaxes.

Rappelons que la Centif, placée sous l’autorité du ministre chargé de l’Economie et des finances, Collecte, analyse et traite des renseignements financiers propre à établir l’origine des transactions, ou la nature des opérations objets des déclarations de soupçons des assujettis. Mais comme l’a rappelé récemment le Giaba (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest), lors de la présentation de son rapport annuel, la criminalité financière, le blanchiment d’argent sont loin d’être éradiqués au Sénégal. Le Dg du Giaba demandait ainsi au gouvernement sénégalais d’ « accentuer le niveau des poursuites des délinquants».

Malick NDAW Sudonline

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