Boko Haram: “Je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres”

Baga Boko Haram Baga NigeriaL’offensive du groupe islamiste armé lancée le 3 janvier à Baga, dans l’Etat de Borno, aurait fait des centaines, voire des milliers de victimes, selon Amnesty International. Les rares rescapés ont raconté l’horreur. 

Que s’est-il passé à Baga? Une vaste offensive deBoko Haram dans le secteur de ce village des rives du lac Tchad lancée le 3 janvier aurait fait des centaines de victimes. Cette attaque pourrait-être “la plus meurtrière” perpétrée en cinq années d’insurrection par le groupe islamiste armé, qui collectionne pourtant déjà les horreurs. 

La fuite de 20 000 personnes

Il est pour le moment impossible de connaître le nombre de victimes de ce massacre commis contre plusieurs localités du nord de l’Etat de Borno, dont Boko Haram a pris le contrôle. Certaines sources, dont Amnesty international ont évoqué plusieurs milliers d’individus massacrés.  

L’attaque a également provoqué la fuite de près de 20 000 personnes. Au moins 16 villes et villages de la zone ont été rasés.  

“Des tirs d’armes à feu, des explosions, des hurlements”

L’assaut a commencé le samedi 3 janvier. “Ils sont arrivés avec des dizaines de véhicules et ont d’abord attaqué la base de la Force multinationale (MNJTF)”, a raconté Ibrahim Gambo, un rescapé ayant réussi à s’enfuir, au site nigérian Premium Times. Cette force est censée regrouper des soldats nigérians, nigériens et tchadiens dans la lutte contre Boko Haram. 

Un pêcheur caché entre un mur et la maison de son voisin, protégé par le feuillage d’un margousier, Yanaye Grema, a attendu trois jours avant de s’enfuir vers Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno. “Tout ce que j’entendais c’était des tirs d’armes à feu, des explosions, des hurlements, et les ‘Allah Akbar’ des combattants de Boko Haram”, a-t-il raconté à l’AFP par téléphone depuis Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno. Décrire l’attaque comme “la plus meurtrière” jamais perpétrée par Boko Haram est “assez exact”, a affirmé le porte-parole du ministère de la Défense nigérian. 

“Sur cinq kilomètres, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres”

Le mardi suivant, alors que le nombre de combattants en patrouille a diminué, l’homme a quitté sa cachette pour fuir le village. “Sur cinq km, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres, jusqu’à ce que j’arrive au village de Malam Karanti, qui était également désert et brûlé.” 

Un autre témoin cité par Premium Times raconte lui aussi les scènes d’horreur. “Nous avons avancé plusieurs jours et vus des cadavres, spécialement sur les îles du lac tchad où les pêcheurs sont installés. Plusieurs personnes ont été tuées comme des insectes (…) Tous les morts n’ont pas été tués en un jour. Mais c’est le premier jour que les tueries ont été massives.”  

Des enfants, des femmes, et des vieillards

“Le carnage humain était énorme” a confié à l’agence AP Muhammad Abba Gava, chef des milices d’autodéfense. “On n’arrivait pas à s’occuper des dépouilles, et les survivants gravement blessés sont probablement morts depuis”, faute d’assistance, a-t-il ajouté.  

La plupart des victimes, assure le chef du district à l’AP, sont des enfants, des femmes et des vieillards qui n’ont pas réussi à s’enfuir suffisamment rapidement.

Par LEXPRESS.fr

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