BORNES FONTAINES PUBLIQUES Gestion Calamiteuse

BORNES FONTAINES PUBLIQUES
BORNES FONTAINES PUBLIQUES
BORNES FONTAINES PUBLIQUES

La gestion des bornes fontaines publiques installées dans les quartiers par la Sénégalaise Des Eaux (Sde), pour pallier la pénurie d’eau, est jugée « calamiteuse ». Dans certains sites, comme à Keur Dammel, un quartier  qui fait face à la boite de nuit ‘’Yeungoulen ‘’, ce sont les jeunes du Mouvement des Pionniers recrutés par le ministère de la Jeunesse, en collaboration avec la Sde, qui gèrent le service d’ordre dans des conditions très difficiles. Par contre, dans d’autres sites, ce sont les jeunes qui squattent les environs, qui se proposent de faire le service, moyennant de petites sommes pour, disent-ils, le café.

Dans le souci d’alléger les souffrances de la population dakaroise assoiffée depuis plus de deux semaines par la pénurie d’eau, la Sde a installé des bornes fontaines dans les rares quartiers où le liquide précieux coule encore. Cependant la gestion de ces sites de distribution reste déplorable et les jeunes qui s’en occupent sont laissés en rade, poussant certains à demander de modiques sommes.

 «Djegu café»

Au niveau du stade Léopold Sédar Senghor, se trouvent deux robinets. L’un d’eux qui fait face au terminus des bus de la ligne 63 est géré par des jeunes volontaires qui squattent les environs. Voulant savoir qui leur a donné la responsabilité du service d’ordre, ils répondent « Personne ne nous a donné ce pouvoir. Mais nous sommes ici depuis le début de la pénurie et nous gérons correctement la distribution. Si vous voulez de l’eau venez ici, car le débit est fort par là ».

Ces jeunes demandent toutefois de modiques sommes, le « Djegu café » (équivalent café) pour faciliter l’obtention de l’eau. Une dame, qui venait de là avec un bidon de 20 litres sur la tête, décrit la situation : « Ici, les jeunes nous demandent de mettre la main à la poche si on est pressé. Parfois cela crée des problèmes avec ceux qui n’ont pas la possibilité de donner de l’argent et qui veulent que le rang soit respecté. Mais, je crois que ce n’est pas si grave car ils sont là depuis le matin pour nous aider, donc une petite pièce ne fera aucun mal ».

Des propos réfutés par une fille qui l’accompagnait. Cette dernière déplore « Ce n’est pas normal qu’ils nous demandent de l’argent. Personne ne les a mandatés, pour faire ce boulot. En plus, ce sont eux qui créent le désordre ici avec leur favoritisme ».

Le bon samaritain récompensé

Un peu plus loin, à la cité Keur Dammel, la présence des robinets publics est aussi effective. Un  jeune, répondant au nom de Mamadou Diallo, nous informe qu’il habite la maison d’à coté et que c’est lui qui s’était proposé de gérer la distribution. « Moi je ne demande rien en contre partie. Mais il arrive que des gens de bon cœur m’offrent des choses », dit-il. Au même moment, un voisin vient lui proposer de passer prendre le petit déjeuner chez lui.

Jeunes Pionniers laissés en rade

Toujours dans le même quartier à Keur Dammel, devant le Centre de Promotion de la Santé, Cardinal Yacinthe Tiandoum, se trouvent 3 robinets. Les longues files de récipients de tout genre forcent le regard. Des jeunes,  foulard vert au niveau du cou, s’affairent dans le service d’ordre. Leur responsable, Badara Ndao, déclare « Nous sommes mandatés par notre commissaire pour gérer la distribution de l’eau au niveau de ce site, à Keur Dammel, au Yeungoulen et aussi les points d’eau des Unités 26 et 25. Nous sommes au nombre de 50 jeunes appartenant au Mouvement des Pionniers, et nous avons des jeunes qui nous viennent de Yeumbeul (il les pointe du doigt), de Guédiawaye et de Grand Yoff, comme moi ».

Badara Ndao, responsable Pionnier à Grand Yoff, renchérit « Nous sommes ici depuis 5 jours. Nous qui habitons Grand Yoff, libérons ceux qui habitent loin vers 19h30mn. Par contre nous passons la nuit ici. C’est un problème d’effectifs que nous avons, car normalement on devait être 800 éléments, afin que les équipes se suppléent, pour bien gérer les 83 fontaines ouvertes par la Sde dans Dakar ». Dans la même foulée, Badara informe «  Nous nous débrouillons pour trouver de quoi manger. Mais il arrive que certains riverains nous donnent quelques plats. Mais c’est très difficile car ce n’est pas toujours le cas ».

Par ailleurs, le jeune pionnier déplore qu’ « il arrive, parfois que des gens garent leurs véhicules ou des charrettes pleines de récipients et nous proposent de l’argent parce que, disent-ils, ils sont pressés. Chose que je n’accepte pour rien au monde. Je ne peux pas comprendre qu’on veuille corrompre des gens qui appartiennent à un mouvement ».

Nonobstant le travail titanesque que les jeunes abattent pour faire régner l’ordre au niveau des bornes fontaines, certaines personnes de mauvaise augure, cherchent à leur mettre des battons dans les roues. « Parfois, des gens sortent de nulle part pour perturber les rangs. Quand on s’y oppose, ils nous traitent de tous les noms d’oiseau et nous accusent de tous les maux. Il arrive que cela occasionne une fermeture temporaire des robinets le temps que revienne l’ordre.

Mais devant de telles situations, j’appelle mon responsable qui contacte notre commissaire afin de trouver une solution », atteste Badara Ndao . Il demande « une meilleure prise en charge de la part des autorités, pour un bon déroulement des opérations de distribution d’eau potable dans Dakar », non sans exiger que « leurs conditions de travail soit connues de tous afin qu’elles s’améliorent le plus rapidement ».

Jean Michel DIATTA Sudonline

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