Boubacar Ndour, le concessionnaire Daouda Mbow et 7 autres personnes victimes d’un politicien «escroc»

Boubacar Ndour alias Bouba
Boubacar Ndour alias Bouba
Boubacar Ndour alias Bouba

Hier mercredi, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar, le prévenu, membre du Conseil économique, social et environnemental, a roulé neuf (9) personnes, dont le producteur de musique, Boubacar Ndour alias Bouba, à qui il a acheté une voiture d’une valeur de 14 millions de FCfa, en lui remettant un chèque sans provision. Le même véhicule sera revendu à vil prix quelques jours après.

Le prévenu inspire confiance. Il a une prestance qui force le respect et un visage qui appâte. Du haut de ses 55 ans, il donne l’impression de ces hommes d’affaires respectueux et estimés qui ne cessent de gravir les échelons à force de travail. Mais, en écoutant les débats qui se sont déroulés, hier mercredi, à la Salle 1 du tribunal des flagrants délits de Dakar, le dicton qui dit : «Mieux vaut prévenir que guérir» s’est confirmé, en se pavanant comme un Dieu Grec dans la cour des explications incertaines et inadéquates du prévenu poursuivi d’escroquerie portant sur plus de 25 millions de FCfa, de violences et voie de fait.

Le prévenu s’appelle Boubacar Sarr, il est membre du Conseil économique, social  et environnemental, responsable  de l’Alliance pour la République (Apr) à Guinguinéo et,  dernièrement, il est tombé de son piédestal en se taillant une petite place à la Maison d’arrêt de Rebeuss (Mar) où il séjourne depuis des jours. Sa faute ? Elle est énorme.  L’homme en a roulé. A la barre, ils étaient au nombre de trois (3). Mais dans le dossier, les victimes sont au nombre de huit (8).

Parmi eux, figurent Boubacar Ndour Alias Bouba Ndour, producteur de musique. Et si le Directeur des programmes de la Tfm est dans cette procédure, c’est parce qu’il a vendu à son homonyme Boubacar Sarr sa voiture à 14 millions de francs Cfa, et ce dernier lui a remis un chèque sans provision. Plus cocasse dans l’histoire : le «papi» pas du tout «cool» a bradé la voiture quelques jours après. A quel prix ? Il a baissé le prix réel de la Berline (9 millions) en le revendant à son neveu, Tidiane Ndiaye, à…5 millions de FCfa.

«Soul bouki, souli bouki»

En effet, le coup de maître a été fatal. Et ce coup, il l’a fait abattre sur plusieurs personnes qui lui donnent entière confiance dès qu’il voit sa carte professionnelle de conseiller. Profitant de ce statut, il va voir des concessionnaires à qui il achète des voitures qu’il revend. Mais, à ces exploitants de métal rutilant, il donne des chèques sans provision qu’il appelle «chèque de garantie».  Bouba Ndour a été grugé de 14 millions, le concessionnaire Pape Guèye aussi. Le footballeur professionnel du pays de Berlusconi, Nabila Samb, a, quant à lui, été plumé à hauteur de 4,5 millions de FCfa. Pour ce coup, il a titillé la fibre spirituelle du bonhomme.

Premièrement, il lui dit qu’il est un politicien et à l’approche de la fête de Tabaski, il a besoin d’argent pour aider les personnes démunies qui n’ont pas les moyens de s’acheter un mouton de Tabaski. En garantie, il lui laisse une voiture qu’il avait achetée à 5 millions de FCfa au nommé Baye Cheikh Sène à qui il a aussi remis un chèque sans provision. Alors qu’il avait demandé au footballeur les millions pour des moutons, le politicien semble ne pas en avoir acheté. Pourquoi ?

Parce que parmi les plaignants, il y a le vendeur de bétail Amadou Bamba Diop qui lui a livré dix (10) moutons à 1,37 million de FCfa. Le politicien de Guinguinéo ne s’est pas limité aux voitures et aux moutons, mais il a aussi tâté le pool du deal des visas. Et pas n’importe lesquels. A Idrissa Samb, il a fait croire qu’il peut lui chercher un visa au pays de l’oncle Sam.

Le bonhomme a voulu en faire profiter ses amis dont 5 qui lui ont remis leur passeport. Empochant 1 million pour les frais de dossier, il fait le mort et file en Tunisie. Et durant deux ans, ses victimes, dont Khadim Sylla qui lui a vendu une voiture, sont restées dans le tourment. Seulement, il revient et tombe entre les mailles de la justice. Lors de son arrestation, il a, selon l’accusation, ameuté ses enfants et il a donné un coup de poing au concessionnaire, Daouda Mbow, ami de Bouba Ndour, qui le poursuit pour violence et voie de fait.

A la barre, il a reconnu, pour certains cas, la totalité des sommes réclamées. Me Ndéné Ndiaye, avocat de Bouba Ndour, a réclamé 17 millions de dommages et intérêts. Me Youssou  et Cie, ont demandé 1 million pour Idrissa Samb, 5 millions (reliquat des 14 millions FCfa) pour Pape Guèye. Pour Idrissa Samb, ils ont demandé 1 million et 1,250 million de FCfa pour Khadim Sylla.

Le ministère public, représenté par une nouvelle arrivée du parquet de Dakar, a, après avoir cumulé les peines, requis deux ans, dont un an ferme. Pour la parquetière, le prévenu est un escroc qui a utilisé toutes les manœuvres pour gruger ses victimes en utilisant son statut de conseiller économique, social et environnemental.

La défense assurée par Me Ndiogou Ndiaye a plaidé la clémence et une application bienveillante de la loi pénale. Pour ce qui est de la violence et voie de fait, il a demandé la relaxe. Appuyant les propos de son client qui qualifie Daouda Mbow de gros bras, il pense que ce délit ne tient pas. Le 19 décembre 2014, le tribunal va trancher.

T. Marie Louise NDIAYE    

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