BOURSES FAMILIALES Macky « sécurise » 50 000 ménages

Macky Sall Gros Plan TeteIl l’avait promis, il l’a réalisé. Le président de la République a procédé hier, vendredi 4 octobre, au lancement officiel du Programme national des bourses de sécurité familiale dans la communauté rurale de Taïba Ndiaye. 50 000 ménages sénégalais des départements de Tivaouane, Saint-Louis, Mbour, Ziguinchor et Dagana sont ainsi concernés pour cette première enveloppe.

Deux semaines après la concrétisation de sa promesse électorale de couverture maladie universelle, le chef de l’Etat, Macky Sall a encore marqué des points en rendant effective son autre engament qu’il avait pris devant les Sénégalais lors de la présidentielle de 2012. La promesse électorale visant à doter 250 000 ménages sénégalais de bourses familiales d’ici à 2017 n’est plus un rêve. Macky Sall a joint l’acte à la parole en remettant entre les mains de Maty Diouf, une veuve en charge de six enfants dont le plus âgé a douze ans et le plus jeune, neuf ans de moins que l’ainé, la première carte «Yaakaar», en présence du président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre, du ministre de la Santé et d’autres membres du gouvernement.

C’est dans la communauté rurale de Taïba Ndiaye qu’a eu lieu la cérémonie de lancement officiel de la phase test de ce vaste programme qui touche 50.000 ménages sénégalais des départements de Tivaouane, Saint-Louis, Mbour, Ziguinchor et Dagana. Cette cérémonie s’est déroulée en présence d’une forte mobilisation qui rappelle d’ailleurs l’ambiance des grands moments des campagnes électorales. De Thiès à Taïba Ndiaye, les populations, en tee-shirts blancs sur lesquels était flanquée l’effigie du chef de l’Etat, se sont mobilisées en groupes variables le long de la route pour accueillir Macky Sall, visiblement en terrain conquis. Sur place, les populations ont réservé au chef de l’Etat et sa délégation un accueil triomphal digne d’un prince revenant d’une campagne victorieuse.

Dans son allocution, le président de la République, qualifiant ce programme «d’investissement prioritaire dans la construction d’un Sénégal solidaire, prospère et émergent», a exhorté la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale à tout mettre œuvre pour faire tous les décaissements avant la date du 31 octobre. Exprimant sa vision à travers de ce programme, il souligne qu’il (programme bourse familial) vise «à faire de la société sénégalaise, une société de paix, de solidarité et de justice sociale, où les inégalités sociales seront réduites à leur plus simple expression». A ce titre, il a invité le Premier ministre, Aminata Touré, à veiller à l’octroi à la Délégation générale de la solidarité nationale et protection sociale, de tous les moyens nécessaires à la réussite de ce programme.

«Ce programme a débuté cette année avec une première enveloppe de cinq milliards de francs pour toucher 50 000 familles. Mais dès l’année prochaine, sur le budget 2014, nous avons déjà inscrit 10 milliards pour toucher 100 000 ménages. Et mon ambition c’est d’atteindre 250 000 familles soit une population de 2, 5 millions de personnes d’ici à 2017», a-t-il rappelé. Au paravant, madame Bintou Djibo, coordonnateur Résident du système des Nations unies et Représentant Résident du Pnud au Sénégal, a estimé que ce programme permettra d’accélérer l’atteinte des OMD au Sénégal en facilitant aux bénéficiaires l’accès à l’éducation primaire et aux soins de santé. « Par la présente initiative nationale de bourse de sécurité familiale, le Sénégal s’inscrit désormais dans la dynamique universelle d’une meilleure répartition des richesses nationales, a-t-elle indiqué.

«Acte 3 de la décentralisation», Macky Sall déterminé à poursuivre 

En marge de cette cérémonie de lancement officiel de la première phase du Programme national des bourses de sécurité familiale, le chef de l’Etat, réaffirmant sa volonté de poursuivre les politiques de territorialisation, a annoncé l’ouverture dans les jours à venir des discussions avec toutes les forces politiques du Sénégal (majorité comme opposition et société civile) afin de parvenir à un consensus national autour du processus de réforme territoriale portant sur l’acte trois de la décentralisation.

«J’entends recevoir très prochainement les forces politiques de la majorité comme de l’opposition pour expliquer davantage cette vision qui va au-delà du caractère partisan», a-t-il dit. En ajoutant que «cette réforme porte sur le développement local de notre pays. Sur ce point, nous devons avoir un consensus national pour que les textes qui doivent être pris le soient dans les délais, afin que le pays continue sa marche pour plus de démocratie (…). Toutefois, Macky Sall a réaffirmé son engagement à organiser ces élections locales prochaines dès le premier semestre de l’année 2014. Elections qui, selon lui, se dérouleront à l’échelon des communes, des départements et des régions administratives actuelles.

Constituée de 39 villages, la Communauté Rurale compte près 30 000 d’individus dont la principale activité reste l’agriculture. Les femmes, les jeunes de cette Communauté Rurale tirent leurs principaux revenus dans l’agriculture, qui reste conditionnée, comme dans bon nombre de localités au Sénégal, par le climat. En saison sèche, les jeunes se reconvertissent dans la maçonnerie en attendant le prochain hivernage.

«Taïba Ndiaye, communauté rurale aux nombreux défis»

Et la plupart des femmes sont dans le petit commerce, comme en témoigne d’ailleurs la première bénéficiaire du programme national de bourses familiales, Maty Diouf. Sur le plan des infrastructures, cette Communauté Rurale, bien que bénéficiant d’un branchement à hauteur de 100% au de la Sénégalaise des eaux et de 80% à l’électricité, traine des tares. Elle ne dispose pas de gare routière, ni de centre de santé encore moins d’ambulance ; le seul dont elle disposait est au garage depuis 2011 et les seules infrastructures sont : sur le plan de la santé, trois postes de santé et 10 cases de santé, un collège érigé en lycée, trois collèges, 10 écoles élémentaires et une garderie d’enfants.

Aujourd’hui, sur la liste des attentes, figurent, entre autres : un lycée moderne, des forages, une ambulance pour l’évacuation des malades et une case des «touts petits», mais également plus d’implications des sociétés extractives minières comme les Industries chimiques du Sénégal (Ics) et Mineral Deposits Limited (Mdl) à travers le recrutement des jeunes de la localité, renseigne, Amy Ndiaye, secrétaire Communautaire.

Nando Cabral Gomis Sudonline

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*