Brésil : Lula a bien été victime d’un complot politico-judiciaire. Le juge qui a condamné l’ex-président Lula soupçonné de machination politique

– Le juge brésilien Sergio Moro, qui a mené l’enquête anticorruption “Lava Jato” et inculpé l’ex-président Lula, est soupçonné à son tour de compromission. La cour suprême compte réexaminer la demande de libération de l’ex-dirigeant socialiste. Le “Monsieur Propre” du Brésil a-t-il les mains sales? Le juge fédéral Sergio Moro était devenu une figure de la lutte anticorruption avec l’enquête dite “Lava Jato” (Lavage express), gigantesque procédure judiciaire qui a fait tomber des centaines de responsables politiques, jusqu’au président lui-même, le socialiste Luiz Inacio Lula da Silva. Et pourtant, lui et les procureurs chargés de l’enquête sont désormais eux-mêmes entachés par des révélations publiées par le site d’investigation The Intercept dimanche soir. Les magistrats, accuse The Intercept, auraient conspiré pour empêcher Lula de se représenter à la présidentielle de 2018.    Cofondé par les journalistes Gleen Greenwald et Laura Poitras (à l’origine du témoignage d’Edward Snowden), le média en ligne a eu accès, via une “source anonyme”, à un grand volume de messages privés échangés entre le juge Moro et les procureurs. Ces discussions, affirme The Intercept, mettent en doute l’impartialité des magistrats. Le juge Moro aurait fourni des conseils et directives aux procureurs en défaveur de Lula, malgré la constitution brésilienne qui distingue le juge de l’accusation. Des “tromperies systématiques” et un “manque d’éthique”, accuse le site internet.   La condamnation de Lula aurait eu des motifs politiques “Alors qu’ils ont assuré longtemps qu’ils étaient apolitiques et motivés par la seule lutte anticorruption, les procureurs de Lavage express ont en fait comploté entre eux sur les moyens d’empêcher le retour au pouvoir de Lula et de son Parti des Travailleurs”, tacle The Intercept.   Lula a été condamné à une peine de prison de 8 ans et 10 mois et incarcéré en avril 2018, accusé d’avoir reçu un triplex en bord de mer en guise de pot-de-vin. Il n’a pas pu se représenter pour un troisième mandat, malgré les sondages qui le donnaient largement vainqueur. Le socialiste s’est toujours dit innocent et victime d’un complot politique. A ce stade, ces nouvelles informations ne permettent pas de le blanchir.   Depuis, Sergio Moro est devenu un poids lourd du gouvernement du nouveau président d’extrême-droite, Jair Bolsonaro. Il a été nommé ministre de la Justice en janvier.   La cour suprême compte réexaminer les recours de Lula Révélations explosives? Les avocats de l’ancien chef de l’Etat ont aussitôt déposé un recours mettant en doute l’éthique du juge Moro. Selon la presse brésilienne, la cour suprême décidera le 25 juin des suites à donner. Dans le même temps, la juridiction suprême a décidé lundi de rouvrir le débat sur une demande de libération de Lula. Cette décision fait suite à un précédent recours, après un rejet d’une demande de libération.   Pour autant, il pourrait s’agir d’une “tempête dans un verre d’eau, à moins qu’il y ait d’autres fuites plus compromettantes”, estime l’ex-président Fernando Henrique Cardoso sur son blog personnel. Il faudrait de nouveaux éléments pour réellement remettre en cause les condamnations prononcées, commentent plusieurs experts repérés par l’AFP.    Dans un communiqué diffusé lundi et cité par la BBC, Sergio Moro s’est défendu de tout manque à l’éthique professionnelle. Pour lui, ces messages sont “pris hors de leur contexte”. De son côté, The Intercept promet de nouveaux scoops à venir. “La matière que nous avons est énorme”, assure auprès de l’AFP Leandro Demori, directeur exécutif de The Intercept Brasil.   AFP – Titre: AM

: Afrique Monde

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