Bruno Le Maire et Jean Sarkozy font leur cinéma à Neuilly

694085-bruno-lemaire-et-jean-sarkozy-neuilly-sur-seineRÉCITEn meeting à Neuilly-sur-Seine ce mardi, le candidat à la présidence de l’UMP a pu compter sur la présidence de Jean Sarkozy, responsable local du parti et fils de son principal concurrent.
Bruno Le Maire n’a pas boudé son plaisir, ce mardi soir à Neuilly-sur-Seine. Il n’était sans doute pas de théâtre plus approprié que la ville de Nicolas Sarkozy pour donner son one-man-show parfaitement rodé. Il en est à la 87e représentation de «l’homme du renouveau», celui qui promet «la vérité» sur «les scandales financiers» et «le courage», enfin, d’imposer les réformes trop longtemps repoussées. Environ 300 militants sont venus entendre le candidat à la présidence de l’UMP dans un cinéma de quartier. Dont Jean Sarkozy, élu du canton et responsable local du parti. Parfaitement aimable, le fils de l’ex-président a tenu à l’accueillir en bon républicain. Il est vrai que son absence risquait d’être interprétée comme une manifestation de l’exaspération, ou pire de l’inquiétude, des sarkozystes face à l’audience de ce challenger qu’ils n’avaient pas vu venir.
Se félicitant de la «bonne tenue de cette campagne» et soulignant combien il était «important d’offrir l’image d’une famille politique qui n’a pas peur de la confrontation», Jean Sarkozy s’est abrité derrière l’inusable formule selon laquelle «ce qui nous rassemble est tellement plus important que ce qui nous divise». Comme tout le monde à l’UMP, il veut oublier la guerre civile qui a mis le parti à feu et à sang en 2012. D’autant qu’il y a joué un rôle non négligeable : en affichant très clairement son soutien à Jean-François Copé, il avait servi la stratégie de son père qui voulait à tout prix priver François Fillon de la large victoire qui lui était promise.

«PROJETS SÉRIEUX»
Devant un public élégant composé pour une bonne part de jeunes retraités dynamiques, l’ancien ministre de l’Agriculture joue à domicile. Neuilly est sa ville natale. Et non loin de là, dans le XVIe arrondissement de Paris, sa mère a dirigé le célèbre lycée de jésuites Saint-Louis-de-Gonzague. Avant d’exécuter le maigre bilan de Sarkozy et de la droite républicaine qui n’a «pas eu le courage» de supprimer les 35 heures ou les régimes spéciaux de retraite entre 2007 et 2012, le champion du renouveau a pris soin de couvrir d’éloges le prometteur élu du canton de Neuilly-Sud. «Tu iras loin en politique», lui a-t-il déclaré, «non pas parce que tu t’appelles Sarkozy, mais parce que tu t’appelles Jean et que tu as du talent».

Assis au premier rang, l’intéressé a fait mine d’apprécier l’embarrassant éloge. Avant le meeting, il avait obstinément refusé de répondre aux journalistes qui voulaient connaître son avis sur «l’abrogation» de la loi Taubira. «Je ne suis pas obligé de tomber dans vos pièges» a-t-il esquivé, toujours souriant, après que son père, lui, y a sauté à pieds joints, samedi dernier, devant les ultras de la Manif pour tous. Prudent, Jean Sarkozy préfère évoquer l’«amour des lettres» et la «germanophilie» qu’il a en partage avec Bruno Le Maire. Dans cette élection, il note d’ailleurs que «tous les candidats ont des projets sérieux, même Nicolas Sarkozy».

Mais s’il servait son père se montrant mardi soir, Jean Sarkozy devait aussi laisser voir à quel point il se désintéressait de ce qu’avait à dire Bruno Le Maire, aussi «sérieux» soit-il. Très cool dans son fauteuil, l’excellent comédien n’aura pas retenu grand-chose de ces deux heures de meeting en forme de questions-réponses avec la salle: il a passé sa soirée à chuchoter à l’oreille de sa voisine, adjointe au maire de Neuilly. Et tandis que la salle se vidait, alors qu’on lui demandait son avis sur le slogan «le renouveau c’est Bruno», il a murmuré cette réponse au micro de RFI : «Le renouveau, c’est plutôt Nico.» Lequel Nico sera d’ailleurs à son tour dans les Hauts-de-Seine mardi prochain, à Boulogne-Billancourt pour son avant-dernier meeting avant l’élection du président de l’UMP le 29 novembre. Au premier rang, la future voisine de Jean Sarkozy devrait être moins sollicitée.

Alain AUFFRAY

Libération

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