Burkina Faso: la bagarre des héritiers de Blaise Compaoré

Burkina: après la chute de Compaoré, deux militaires se proclament chef de l’Etat
Burkina: après la chute de Compaoré, deux militaires se proclament chef de l’Etat
Burkina: après la chute de Compaoré, deux militaires se proclament chef de l’Etat

Le 31 octobre 2014 est une date historique pour les Burkinabè. En effet, la pression populaire a eu raison du président Blaise Compaoré désireux de modifier la constitution afin de briquer un troisième mandat. Aujourd’hui annoncé à Yamoussoukro par le site du magazine Jeune Afrique, l’ancien homme fort du Faso serait «dans un lieu sûr», et que son «intégrité physique et morale est assurée» selon le lieutenant-colonel Zida, déjà en guerre de positionnement contre le chef d’État-major des armées, le général Honoré Traoré. Qui sont ces militaires héritiers de Blaise Compaoré ?

La départ de Blaise Compaoré a laissé un vide sans précédant qui plonge le Faso dans une incertitude totale. Quelques heures après la démission du président Compaoré sous la pression populaire, le chef d’État-major des armées, le général Honoré Traoré, qui avait annoncé la veille la dissolution du gouvernement et celle de l’Assemblée nationale, déclare assumer les «responsabilités de chef de l’Etat».

Mais quelques heures plus tard, un autre militaire entre en scène : dans la nuit, le lieutenant-colonel Zida, commandant adjoint du Régiment de sécurité présidentielle, déclare à son tour qu’il prend la tête de la transition et est le nouveau chef de l’Etat. Auparavant, il a annoncé la suspension de la constitution, la fermeture des frontières aériennes et terrestres et affirmé qu’un nouvel organe de transition serait mis en place, en demandant le soutien de la communauté internationale.

Traoré et Ziad traitres ou héritiers ?

En retirant le projet de loi devant modifier la constitution, Blaise Compaoré avait cru répondre aux attentes de son peuple. Mais, la rue burkinabè en a profité pour augmenter la pression et obtenir le départ de celui qui les dirige depuis 27 ans. Un sortie sous l’oeil bienveillant des officiers nourrissant en cachette l’ambition de remplacer Compaoré à la moindre occasion.

Il faut se rappeler que le chef d’État-major des armées, le général Honoré Traoré était l’aide de camp de Blaise Compaoré lors du coup d’Etat contre Thomas Sankara. Peu après, il deviendra le président de la fédération du football burkinabè. Envoyé à l’étranger pour faire des études d’Etat major, il revient au Burkina pour aider Compaoré à maitre fin à la mutinérie dans l’armée et au sein de la garde présidentielle. Une nomination nécessaire pour l’ex-président.

Numéro deux de la sécurité présidentielle, le lieutenant-colonel Zida et son équipe sont ceux qui ont protégé le palais de présidentiel, la radio nationale, la résidence de François Compaoré, le petit frère de l’ex-président.  Il a été en première ligne pour l’organisation permettant à Balise Compaoré de quitter le Burkina Faso en toute quiétude.

 Échec de la Révolution? 

Tous les acteurs de la vie sociologique politique Burkinabé sont unanimes là dessus, l’objectif du soulèvement populaire était de faire barrage au projet de révision de l’article 37 de la constitution. Objectif largement atteint puisque le projet a été retiré et annulé par le PR Compaoré. La suite de l’histoire, tout le monde la connait. Mais ce Samedi matin il semblerait qu’un sentiment d’échec de la révolution taraude les esprits des manifestants pour la simple raison que la Constitution n’a pas été respectée.  une constitution qui prévoyait en cas de vacance du pouvoir des élections doivent être organisées dans un délai maximum de soixante jours par le président de l’Assemblée nationale qui assure l’intérim. Mais malheureusement cet article 43 de la Constitution ne précise pas la marche à suivre lorsque cette institution a été dissoute, ici, par le Lieutenant- Colonel Zida.

Mystère: l’opposition politique à l’ancien pouvoir est pour l’instant totalement absente du débat, même si elle aura certainement un rôle à jouer dans la suite des événements.

Roger Musandji
Oeildafrique.com

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