Burundi : Nkurunziza désarme le Conseil de sécurité

L’obsession anti-burundaise est à son comble en France ! Le moindre geste et acte du président Nkurunziza est passé sous la loupe et systématiquement tourné en dérision. Le 1er juin, le président a rencontré l’ensemble de la classe politique, un geste d’ouverture qui est certes une première, mais qui a largement contribué à asseoir le dialogue au sein du paysage politique d’un État qui refuse de monnayer sa souveraineté et son indépendance.

RFI y revient, dans un article qui se moque à la fois du président et de son assemblée : « Tous les leaders politiques burundais présents à Gitega, la nouvelle capitale politique du Burundi, ont dû d’abord faire une haie d’honneur pour saluer Pierre Nkurunziza à son arrivée. Ils se sont ensuite délestés de leurs téléphones, carnets de notes et autres stylos avant de rentrer dans la salle qui devait les accueillir. Des mesures destinées à préserver la confidentialité de cette séance de moralisation, explique le porte-parole présidentiel. »

Ce qui semble avoir mis particulièrement en colère RFI, ses journalistes et ses sponsors est une phrase anticolonialiste du président Nkurunziza, qui a décrit l’histoire de son pays depuis le XVIIesiècle jusqu’à l’arrivée des « colons européens », qui ont apporté guerre, mort et désolation dans son pays et dont les politiques continuent à défier la nation burundaise. Au contraire de ce que prétend RFI, Nkurunziza ne ment pas. Sous la pression occidentale, la SADC, organisation d’intégration des pays d’Afrique australe, vient de rejeter pour la deuxième fois la demande d’adhésion du Burundi.

Évidemment, ce rejet s’explique, comme l’a dit le président en exercice de la SADC, le Namibien Hage Geingob, par le mauvais fonctionnement du système démocratique dans le pays. Mais un dialogue élargi avec l’opposition dans un État où la population a payé de sa poche la tenue d’un référendum pour voter sans interférence étrangère l’amendement de sa Constitution, et ce dans l’objectif de neutraliser la pression occidentale, n’est-il pas démocratique ?

La vérité est que l’État burundais tient bien tête au camp néocolonialiste. Le Conseil de sécurité voulait traiter du dossier burundais le mardi 28 mai, mais il a reporté sa séance. L’ambassadeur du Burundi aux Nations unies a évoqué une initiative de cinq pays qui se sont coalisés pour demander une réunion sur le Burundi. Il s’agit de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, de la Pologne et du Royaume-Uni. La liste est bien révélatrice des velléités qui reposent derrière cette initiative.

L’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Michel Kafando, ainsi que le patron de la commission de la paix et de la sécurité étaient censés briefer le conseil sur la situation du Burundi. Paix dites-vous ? On voit mal comment les pays précités contribuent à étendre la paix au Sahel. À vrai dire, ce qui inquiète le clan atlantiste, c’est la présidentielle 2020 et la perspective d’une réélection de Nkurunziza.

Pour l’ambassadeur Albert Shingiro, le Conseil de sécurité doit non pas reporter, mais simplement retirer la question burundaise de la table. « Le monde doit savoir que la situation générale au Burundi est calme, stable et entièrement sous contrôle », a-t-il indiqué sur son compte twitter. Semblant ignorer que le but de ce genre de séances est précisément de créer des tensions au cœur des pays africains. Justement, l’AFP dit que la programmation de cette session du Conseil de sécurité intervient juste au lendemain de la rencontre de l’opposition interne et externe qui a eu lieu à Kampala, en Ouganda.

Celle-ci a lancé une sorte de SOS à la communauté internationale à travers une correspondance avec le médiateur principal dans la crise burundaise, avec l’Union africaine et avec la Communauté de l’Afrique de l’Est : « Le risque est grand que le nouveau forcing électoral de 2020, après celui de 2015, enfonce le Burundi dans une crise encore plus profonde, y compris pour la sous-région. »

Ces leaders de l’opposition ont également appelé à « l’organisation d’une session de dialogue qui s’avère nécessaire et urgente »… Le but est clair : l’Occident se prépare à un nouveau bras de fer. Le Burundi, quant à lui, l’attend de pied ferme.

Par Regardsurlafrique avec Presstv

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