Burundi – Super mégalomanie d’un dictateur: Quand Nkurunziza emprisonne des Burundais pour avoir été contré sur un terrain de foot ( vidéo )

Huit jours déjà ! C’est le temps depuis lequel Cyriaque Nkézabahizi, l’administrateur de la commune Kiremba et Michel Mutama, son adjoint en  charge du sport, goûtent aux douceurs amères de la prison de Ngozi à 130 kilomètres de Bujumbura, la capitale du Burundi.

Leur crime, aussi loufoque que cela puisse être,   est aussi simple que de dire bonjour : ils sont à la tête du club Kiremba de football qui a disputé dernièrement un match de football contre une autre, l’équipe présidentielle Alléluia Fc,  qui compte parmi ses sociétaires le fantasque chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, qui en est par ailleurs le capitaine.

Manifestement, peu (ou pas du tout) au fait de l’étrange “règlement du jeu” qui veut qu’en cas de match contre l’équipe du “premier footballeur” du pays, les joueurs de l’équipe adverse soient astreints au respect d’une distance d’au moins trois mètres (en fait il s’agit de trois mètres de côtés, soit un périmètre de 12 mètres concédé au tyran pour son one man show)  entre le demi-dieu de Bujumbura et eux, lequel règlement veut également  qu’il ait le droit exclusif de marquer au moins un but au cours de chaque rencontre,  ou d’être à l’origine d’une action décisive, des joueurs de Kiremba ont commis le crime de lèse-majesté de contrer hargneusement le président-footballeur,  comme cela se fait dans toute compétition sportive, au point même, non seulement de renverser le démiurge, mais également de l’empêcher de marquer son but –constitutionnel (?)-, et ce malgré les avertissements de l’un des officiels de la partie qui n’avait cessé de leur répéter : « Si vous ne laissez pas le Président marquer, vous jouerez jusqu’à demain », le match ne pouvant connaîtra d’issue tant que le Président n’aura pas marqué ou exécuté une action décisive.
“Inacceptable” !!! 
En pure perte, hélas ! Car plus teigneux qu’à leur tour, des joueurs de Kiremba qui  sont  pour certains des réfugiés congolais du camp de Musasa, ignorant les règles iniques du football au Nkurunzizaland, sont allés jusqu’au bout de la logique du football tout court.
Et le “prési” fut  taclé, et le “prési” ne marqua point son but  réglementaire !
C’est cette IM-PAR-DON-NABLE, IN-TO-LE-RA-BLE, ET IN-AD-MIS-SI-BLE obstination à respecter l’éthique footballistique qui a conduit la justice… nkurunzizaïenne… euh… burundaise, à placer sous écrou le 1er mars les deux dirigeants communaux, pour… – n’en riez pas, voyons !-  “complot contre le chef de l’État” et “atteinte à la sûreté de l’État”. Ni plus, ni moins.

A “pays de merde”, “shitole president” ?
On croyait avoir tout vu avec quelques-uns de ces sociopathes qui font office de chefs d’Etats en Afrique, et qui font des pieds et des mains pour légitimer le qualificatif de “pays de merde” qu’un de leurs homologues occidentaux leur a dernièrement attribué :
Des sanguinaires dont le mandat a expiré depuis des lustres à la tête d’un pays qui a l’ironique audace d’être appelé “République démocratique”, mais qui s’offrent le luxe de faire tuer leurs concitoyens à chaque fois que ceux-ci descendent dans la rue pour leur envoyer un message qu’ils ne veulent pas entendre, aux généreux “apôtres de la nation universitaire”, créateurs de créatures ministérielles devant l’Eternel, qui -pour des raisons de campagne électorale avant la lettre- contractent auprès de pays tiers un emprunt de 75 milliards de francs CFA pour -offrir  500.000 chinoiseries d’ordinateurs PB-Hev #32gigas=500gigas aux étudiants de leur pays –aventure généreuse sans lendemain-, alors qu’ailleurs un de leurs pairs projette de ne dépenser que 4 milliards pour mettre sur pied une usine de fabrication  pouvant  produire 2000  ordinateurs par jour, sans oublier les mordus de l’unité et de l’indivisibilité de leur pays qui font incendier des villages entiers pour dénicher une poignée de sécessionnistes, à la manière d’un schizophrène qui détruirait sa maison au bulldozer pour en chasser un rat, on en est aujourd’hui à un autre qui a tout simplement, le plus tranquillement et le plus iniquement du monde, réinventé les règles du football.
Au nom du président ou les contrecoups d’un caprice idiot
Un pied de nez à tous ceux qui crient urbi et orbi que les Africains n’ont rien (ré)inventé ? Peut-être bien ! Sauf qu’au demeurant, les conséquences de cette (ré)invention seront désastreuses pour le foot burundais. Tenez !
1-    Si l’équipe  Alléluia FC a en son sein un joueur qu’aucun joueur de l’équipe adverse ne peut ni contrer ni  approcher sur une distance d’au moins trois mètres ou sur un périmètre de 12 mètres, cela  veut simplement dire que même le gardien des buts adverses devra simplement prendre la poudre d’escampette à l’approche de ce footballeur pas comme les autres,  et laisser le président-capitaine-joueur marquer, question de ne pas violer la distance “réglementaire”. D’ailleurs, si on n’a pas encore entendu qu’Alléluia FC a pulvérisé une équipe adverse par un score légendaire de 40, voire 90 buts à zéro à l’issue d’un match de 90 minutes,  c’est que soit Nkurunziza est un faiblard congénital, soit il est d’une magnanimité à couper au couteau ;
2-    Parti donc ainsi, Alléluia FC doit être à l’issue de chaque saison sportive, le détenteur du titre de champion et du trophée de la coupe  du Burundi. Cela implique qu’il doit représenter le pays aux compétitions continentales dédiées aux équipes champions en titre (la Ligue des Champions CAF) et aux équipes détentrices des coupes nationales (la Coupe de la Confédération CAF). Or les autres participants n’obéissant pas aux lois du football burundo-nkurunzizaien, et l’équipe présidentielle étant habituée à gagner sans effort, il n’y aura pas d’autre issue possible que la déculottée pour le représentant du Burundi, obligé d’évoluer dans un cadre qui tranche nettement avec celui auquel il est accoutumé ;
3-    Au final, le pays donnera à voir au monde un football burundais ayant perdu tout sens du football ordinaire, parce que contraint de fonctionner selon un schéma particulier, avec zéro chance de soutenir la moindre confrontation internationale, à l’instar des matchs qualificatifs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football, de la Coupe des Confédérations  et de la Coupe du Monde FIFA.

Tout ceci à cause des fantasmes d’un emmerdeur de président qui donne à des individus comme l’Américain Donald Trump, de bonnes raisons de penser que l’Afrique et tout ce qui s’y assimile ne sont que des réservoirs en puissance de « pays de merde ».
L’Afrique et ses règles propres à elles, décidément !
Ndam Njoya Nzoméné – Titre : AM

: Afrique Monde

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