Cameroun: La bière célébrée au détriment des problèmes plus urgents

Cameroun-Alcoolisme_JeunesAlors qu’il fait face à d’autres défis plus préoccupants, le monde entier trouve tout de même l’occasion de consacrer toute une journée internationale à la célébration de la bière.

Jusqu’ici, il était reconnu que l’Assemblée générale des Nations Unies proclamait une série de «Journées internationales» pour souligner des aspects importants de la vie humaine et de l’Histoire afin de penser l’avenir. 237online.com C’est dans ce sens que s’inscrivent la journée internationale de ‘allaitement maternelle, de lutte contre le sida, la journée des réfugiés, la journée de la femme, etc. On est habitué à marquer un temps d’arrêt sur les problématiques de l’heure, le temps de ces journées. Intéressons-nous à présent à une journée mondiale de la bière célébrée chaque premier vendredi du mois d’aout (elle s’est célébrée le 05 aout 2016 pour ce qui est de sa 8e édition).

Connue de certains, méconnu des autres, bref elle a été célébré dans certains pays même si cela ne s’est pas fait en sons et couleurs comme en Allemagne par exemple, ou encore en Turquie et en Pologne, réputés pour être des grands pays consommateurs de bière. Cette journée mondiale qui n’est pas inscrite dans le calendrier des Nations Unies a été instituée par un groupe d’amis californiens qui en ont eu l’idée en 2007, et ont convaincu la direction de leur bar préféré de tenir une fête en l’honneur de tout ce qui touche la bière.

L’initiative a eu lieu pour la première fois le 5 août 2008 et s’est propagée à travers 23 pays et 138 villes en 2011. Une des particularités de la bière est d’être le breuvage le plus consommé au monde, brassé dans le plus grand nombre de pays au monde et existant depuis l’antiquité. Cela témoigne à suffisance toute l’importance que l’on accorde désormais à la bière. A tel point qu’il lui a été dédié toute une journée internationale. La bière, cette boisson fermenté légèrement alcoolisée, préparée à partir des céréales germées, principalement de l’orge, et parfumée avec du houblon. D’ailleurs le nom change selon les convenances de celui qui le consomme.

Appelé parfois «nectar» pour certains, la «mousse» ou encore le «pot» pour d’autres. Peuple sacrifié Des concours de meilleurs buveurs sont organisés çà et là. D’ailleurs les chroniques de ces dernières années au Cameroun rapportaient qu’un jeune homme a perdu la vie en voulant ingurgiter deux casiers de bières à lui tout seul. Plus loin à Mbankomo une petite bourgade près de Yaoundé, c’est un concours d’absorption de vin de palme le «matango» qui a tourné au drame. Les anecdotes de ce genre sont légions dans la plus part des pays de la Cemac ou Bistrots et gargotes défient parfois les autorités administratives.

La bière éloigne de nous trois grands maux «l’ennui, la peine et le souci» laissent entendre les disciples de Bacchus, (Dieu de la vigne, du vin et du délire extatique) et de quoi les faire danser de joie au paradis de celui-ci. Les messages scandés tous les jours dans les médias ne freinent pas les ardeurs des adeptes de Bacchus. Difficile donc de rappeler que l’abus d’alcool est nocif à la santé, sans se faire rabrouer violemment. La relation d’amour entre le camerounais moyen généralement en ville et la bière est si forte. «Aucune nation ne peut avancer résolument vers l’émergence avec des citoyens consommant abusivement de l’alcool. L’atout-maître pour atteindre l’émergence c’est le travail dans un corps sain et un esprit sain.

Or, l’alcool tue les consciences et les âmes», martelait le feu Charles Ateba Eyene coordonnateur national du club éthique du Cameroun qui tirait déjà la sonnette d’alarme face à cette montée en puissance de l’alcoolisme. Comment peut-on consacrer toute une journée à célébrer et à magnifier la bière quand des gens meurent encore de faim dans le monde, quand les pandémies et les épidémies déciment encore les peuples, quand la paix reste encore un idéal pour certaine Nations, et cerise sur le gâteau dans un contexte de pauvreté ambiante dans laquelle vit les Etats africains. ivresse nationale Les chiffres parlent d’eux même: Plus de 660 millions litres de bière consommé en 2015 au Cameroun soit une augmentation de 4,9% par rapport à l’année précédente selon les chiffres publiés par la Société anonyme des brasseries du Cameroun (Sabc).

Au Gabon, c’est Près 125 millions de litres de consommation de bière au Gabon toujours la même année. Les Tchadiens quant à eux ont plus de 35 millions de litres de bière en 2014, et la Guinée équatoriale qui le suit de près avec 33 millions de litres. «Il serait difficile que la consommation de l’alcool baisse du fait de l’augmentation du prix de la bière. Le Cameroun a bien été le premier consommateur de champagne en Afrique à un moment. Tout est question de psychologie. Tant qu’il y aura des fêtes à célébrer, des rencontres entre amis et de joie, la bière aura toujours droit de citer, quel que soit son prix», estime un consommateur. 237online.com Une intervention de chaque Etat en vue de limiter la consommation abusive de l’alcool serait salutaire.

Pour sauver une jeunesse qui brule et gaspille son énergie et reconvertir les citoyens au travail afin de garder l’espoir d’un objectif voulu commun: celui de faire des Etats de la Cemac de véritable pays émergent à l’horizon 2035 pour le Cameroun et 2020 pour le Gabon. Mais cela sera-t-il possible avec des citoyens ancré dans la beuverie?

Valdèze Tafock – 237online

: Afrique Monde

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