Cameroun: Montée en puissance de l’armée de l’air camerounaise

 

Les forces armées camerounaises sont en conflit sévère avec Boko Haram (maintenant Etat islamique de l’Afrique de l’ouest) depuis 2014 afin d’empêcher les terroristes d’étendre leur présence dans le nord du territoire du pays. rapporte Erwan de Cherisey.

Alors que les soldats d’élite du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR – forces spéciales du Cameroun) ont été initialement le fer de lance dans la riposte, avec un soutien limité de forces conventionnelles, la situation a évolué. 237online.com De nos jours, toutes les composantes des forces de défense camerounaises (CDF) sont impliquées dans des opérations anti-terroristes.

Parmi celle-ci, la force aérienne camerounaise, qui a connu une expansion importante au cours des dernières années – Le Cameroun a accompagné ses forces terrestres avec des moyens de mobilité aérienne et de soutien supplémentaires. Avec un peu plus de 30 avions en service, la force aérienne camerounaise (CAF) n’est pas une armée de l’air pléthorique. Cependant, elle compense sa flotte limitée par son personnel qualifié (la plupart des pilotes et des mécaniciens de la CAF sont formés en France) et sa capacité d’entretien, quelque chose d’unique en Afrique centrale, où la maintenance à long terme des avions militaires est habituellement un problème. La CAF a son état-major à Yaoundé qui est également le siège de la BA 101 (Base aérienne 101) avec ses deux unités d’hélicoptère: le 11ème Escadron (11 Escadron) doté de deux Bell 206B Jet Ranger III et le 12ème Escadron (12 Squadron) et ses deux SA330s Pumas. Plus à l’est, non loin de la frontière avec la République centrafricaine (RCA), est Bertoua et sa BA 102, qui abrite le 13ème Escadron de la CAF (13 Squadron) et ses cinq Mi-17. La plus grande ville du Cameroun et la capitale économique du pays est le port de Douala, situé sur la côte ouest du pays. Douala a sa propre base aérienne, BA 201, où tous les avions de transport de la force aérienne sont positionnés.

Le 21ème Escadron (21 Squadron) vole sur un seul Xian MA60 (un avion chinois, don de ce pays) ainsi que sur un Airbus DS CN235-300 livré en 2013, tandis que le 22ème Escadron (22 Squadron) dispose de deux C-130H, livré en 1977, et un seul C-130H-30 reçu en 1982. Au Nord-Ouest de Douala, face au Nigeria voisin, à Bamenda, la BA 202 et son 23ème Escadron (23 Squadron) qui fonctionne avec les hélicoptères récemment acquis par le Cameroun: trois nouveaux hélicoptères d’attaque chinois de type Harbin Z9WE, fraîchement livrés en Novembre 2014 et qui sont capables de tirer les missiles antichars HJ-9. Un quatrième Z9 n’est pas actuellement opérationnel, après avoir subi d’importants dégâts suite à un atterrissage d’urgence le 23 Avril, 2015, mais devrait être remplacé dans un proche avenir. La ville du nord de Garoua et sa BA301 abritent le 31ème Escadron, seule unité de combat du Cameroun, dotée de cinq Dassault Dornier Alphajet MS2s. Six de ces appareils ont été livrés à l’origine en 1984 à la BA301 alors nouvellement construite et cette flotte a été complétée par un septième avion, en remplacement de l’attrition. Le 32èmeEscadron est également basée à Garoua. C’est une unité de surveillance équipée de huit Humbert Tétras 912 BSM / CSM avions ultralégers et deux Aéro-synergie J300 Joker, qui sont principalement employés dans des vols de patrouille au-dessus des réserves naturelles et parcs nationaux du Cameroun, ainsi que le long de vastes frontières du pays. Une paire de planeurs ultralégers FK9 ELA est directement rattachée à la BA301 pour les mêmes fins.

Les Tétras sont également utilisés par le Pôle Aéronautique National à Vocation Régionale (PANVR), une école d’aviation, qui a été créé en 2000 sous les auspices de la mission de coopération militaire française au Cameroun, et utilisée pour former les pilotes premier niveau, des observateurs et les mécaniciens, parfois en prélude à une formation supplémentaire à l’étranger. Au sud de Garoua, se trouve N’Gaoundéré et sa BA 302, la base aérienne la plus récente dans la CAF et la seule à laquelle doit encore être affectée un escadron opérationnel. Avec plus d’avions à livrer au cours des prochains mois, il est très probable que la base sera bientôt dotée d’une unité permanente d’aviation. Pour l’instant, l’extrême nord du Cameroun est dépourvue de toute base aérienne, bien que des détachements de l’armée de l’air sont fréquemment déployés à Maroua, ou là où leur présence pourrait être nécessaire. Au cours des dernières années, la CDF a entrepris un effort de modernisation accélérée, l’acquisition de nouveaux navires de patrouille, des véhicules blindés et des armes d’infanterie, ainsi que plusieurs types d’avions. Entre 2012 et 2013, la flotte de transport a été stimulée par l’arrivée d’un seul MA60, don de la Chine, et un CN235-300. Un deuxième appareil de ce type, configuré pour la patrouille maritime, est attendu prochainement et offrira un coup de pouce nécessaire à la capacité de surveillance maritime du Cameroun confronté au nombre croissant d’actes de piraterie dans le Golfe de Guinée. De même, après l’achat d’un total de cinq Mi-17 et quatre Z9s, la CAF est maintenant prête pour recevoir quatre Mi- 24s Hinds de la Russie, tandis que la composante aviation du BIR va se doter de  deux Mi-24 qui s’ajouteront aux deux 412EPs de Bell, qui volent déjà pour les opérations de lutte contre la piraterie depuis sa base dans la baie de Man O ‘War, près de Limbé. Contrairement à ceux-ci, cependant, le Hind sera utilisé dans les combats contre Boko Haram. Le BIR a également renforcé ses capacités de surveillance avec l’achat d’un seul Cessna Caravan 208EX et est maintenant en attente de la livraison d’un système de surveillance Boeing ScanEagle véhicule aérien sans pilote (UAV). La CAF à aussi des projets à plus long terme. Il y a une réelle réflexion sur la nécessité d’établir une école de formation dédiée à l’aviation militaire au Cameroun, où les pilotes de la force aérienne et les mécaniciens peuvent recevoir l’enseignement au lieu d’être systématiquement envoyés en France. Yaoundé a également un désir, celui de disposer d’une capacité de défense aérienne supersonique depuis longtemps. Alors qu’il avait fourni une assistance logistique et un soutien limités aux forces terrestres impliquées dans le conflit armé avec le Nigeria sur la presqu’île de Bakassi dans les années 1990, jusqu’à 2014, la CAF manquait d’expérience de combat réel contre un ennemi étranger.

Les opérations transfrontalières contre Boko Haram ont donné l’occasion, le 28 Décembre 2014, à une patrouille d’Alphajet de la BA 301 de frapper les forces ennemies occupant l’avant-poste militaire de Ashigashia, à la frontière avec le Nigeria. Boko Haram avait envoyé un fort contingent de ses combattants pour l’attaquer, forçant les forces camerounaises à effectuer un retrait tactique tout en demandant un soutien aérien. La frappe aérienne a été efficace et a forcé les terroristes à un repli précipité. Les bonbardements n’ont pas été la seule contribution de la CAF à la guerre dans le nord. Sa flotte de  Mi-17s a été mise à contribution pour la logistique et les vols de transport de troupes, ainsi que des sorties aux fins d’évacuation sanitaire.

Alors que les hélicoptères Bell 206 du 11ème Escadron sont employés dans des vols de liaison, le transport des commandants d’un endroit à un autre, les C-130H et CN235-300 fournissent un lien essentiel entre les bases du sud du pays et la zone opérationnelle dans le nord et une chaîne logistique constante dans une partie du pays où le réseau routier reste insuffisamment développé. La livraison des nouveaux moyens aériens permettra à la CAF d’augmenter son engagement dans l’extrême nord et éventuellement soutenir, non seulement les militaires camerounais, mais aussi la force mixte multinationale (MNJTF), qui est en cours d’activation dans le but de mettre un terme définitif à l’insurrection Boko Haram.

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