Casse-tête mondial après le décret d'interdiction américain

VIDÉO – Détenteurs de carte verte bloqués dans des aéroports, Irakiens sommés de faire demi-tour
alors même qu’ils sont en règle… Au lendemain de la signature interdisant l’entrée aux Etats-Unis
aux réfugiés et ressortissants de sept pays musulmans, les situations iniques se multiplient.
«Je suis un doctorant iranien aux États-Unis et je ne peux plus aller rendre visite à ma famille.»
Après le décret signé par Donald Trump interdisant l’accès au territoire américain aux réfugiés
ou ressortissants de sept pays – à majorité mulsulmane -, les témoignages se multiplient pour illustrer
le casse-tête administratif qu’il représente. Le texte interdit l’entrée aux États-Unis
aux citoyens irakiens, iraniens, libyens, somaliens, soudanais, syriens ou yéménites, même s’ils sont
en possession d’un visa ou d’une carte verte (c’est-à-dire qu’ils habitent légalement aux États-Unis).
Les réfugiés syriens sont également interdits d’entrée dans le pays.

Samedi, nombreux sont ceux à témoigner de leur désarroi face à cette décision. Sur Twitter, un homme d’affaires raconte que, malgré les visas obtenus, il ne peut plus se rendre
aux réunions qu’il avait organisées aux États-Unis, alors même que «[s]on entreprise a des contrats
de plus de 500.000 dollars avec des entreprises aérospatiales américaines». Un autre s’inquiète que
son père, professeur d’université à Morgantown et rentré en Iran pour enterrer un membre de sa famille,
ne puisse plus revenir.
«Irano-Canadienne avec une carte verte et vivant aux États-Unis, j’ai peur de ne plus pouvoir revenir
si je vais au Canada».

L’Iran a indiqué samedi soir appliquer la réciprocité à la mesure américaine.
«La République islamique d’Iran (…), tout en respectant le peuple américain et pour défendre les
droits de ses citoyens, a décidé d’appliquer la réciprocité après la décision insultante des Etats-Unis
concernant les ressortissants iraniens et tant que cette mesure n’aura pas été levée», a affirmé le ministère
des Affaires étrangères dans un communiqué repris par la télévision d’Etat.
La police aux frontières dépassée Les personnels de sécurité dans les aéroports américains sont quant à eux dépassés par la situation.
Trita Parsi, le président du Conseil national irano-américain, association visant à rapprocher les deux pays,
indique sur son compte Twitter que les garde-frontières ont été avisés de la nouvelle directive à 16h30
vendredi mais qu’ils n’ont pas eu de consignes précises. Il raconte ainsi que plusieurs citoyens iraniens,
détenteurs d’une carte verte, ont été dans un premier temps interdits d’entrée, fouillés et interrogés
durant plusieurs heures par la police aux frontières, avant d’être finalement autorisés à pénétrer
sur le territoire.
Une situation d’autant plus ubuesque que les voyageurs provenant des sept pays visés par le décret ne
représentent qu’une infime part des voyageurs étrangers arrivant sur le sol américain: 0,7% en 2015.
Selon les statistiques mises en ligne par l’administration américaine, seuls 72.162 ressortissants irakiens,
iraniens, libyens, somaliens, soudanais, syriens et yéménites ont obtenu un visa pour voyager aux États-Unis
en 2015, sur 10,9 millions de voyageurs internationaux.
Les autorités étrangères obtempèrent À l’étranger également, les autorités doivent faire face à un casse-tête administratif. Au Caire, samedi,
cinq Irakiens et un Yéménite n’ont pas été autorisés à monter à bord d’un avion en partance pour New York.
Bien que titulaires de visas en règles, les voyageurs en escale ont été réorientés vers des vols
à destination de leurs pays.
La compagnie Qatar Airways a quant à elle avisé ses clients que seuls les ressortissants des sept pays
concernés en possession d’une carte verte de résidence aux États-Unis ou d’un visa diplomatique seront
autorisés à voyager. Cela concerne notamment les membres des Nations unies, des ONG internationales ou
de l’OTAN. Mais depuis, nous avons appris que les détenteurs de carte verte étaient également concernés
par l’interdiction.
KLM a dit avoir refusé l’accès à ses avions à sept passagers de pays concernés par l’interdiction.
Sans dire où ni de quels pays il s’agissait. Un porte-parole de la conpagnie Manel Vrijenhoek a indiqué
qu’il y avait toujours «un manque de clareté» dans les effets de cette interdiction.
La solidarité s’organise Face à cette situation, certains ont décidé d’organiser la résistance. Le New York Times évoque le dépôt
d’une demande d’action de classe pour rassembler tous les cas de ressortissants étrangers issus des
sept pays visés qui seraient détenus dans les aéroports américains après le décret signé par Donald Trump.
L’Union américaine pour les droits civiques (ACLU) et plusieurs organisations d’aide aux immigrés ont saisi
la justice samedi pour contester le décret. La plainte contre le président Trump et le ministère de
la Sécurité intérieure a été déposée samedi matin devant un tribunal fédéral de New York par
l’American Civil Liberties Union et d’autres associations de défense des droits et des immigrés,
qui exigent notamment la libération de deux citoyens irakiens interpellés vendredi soir à l’aéroport
JF Kennedy sur la base du décret qui venait à peine d’être promulgué.
Sur Twitter, sous le hashtag #MuslimBan («interdiction des musulmans»), plusieurs personnes proposent
à ceux qui sont retenus dans les aéroports de les accueillir chez eux en cas de besoin ou simplement
de leur parler pour les soutenir.
«Si vous êtes coincé dans un aéroport ce soir en essayant de rentrer à la maison, sachez que je suis
là pour vous parler.»

 

 

 

Auteur: Le Figaro – Le Figaro

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