Centrafrique : Opération Sangaris en RCA. le spot de l'armée qui cache mal la forêt des scandales

Centrafrique_soldat_Francais-01Les propagandistes ont eu la mémoire sélective. Alors que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian vient d’annoncer que l’opération Sangaris (en Centrafrique) prendrait fin en 2016, l’armée tente de vanter son bilan sur place à travers un clip d’une minute trente.

Une opération de promotion qui ne dit rien de la logistique défaillante de l’opération ni, plus grave, des accusations de viols et d’exploitation sexuelle qui visent les soldats français. En visite aux Etats-Unis, François Hollande a estimé que “l’honneur de la France serait engagé” si ces accusations étaient confirmées.

L’agenda médiatique était pourtant parfaitement calibré : le mercredi 30 mars, Jean-Yves Le Drian annonçait la fin de l’opération Sangaris – lancée par l’armée française en décembre 2013 afin officiellement “d’éviter un désastre humanitaire” dans un pays secoué par une guerre civile. Le lendemain, les services de communication de l’armée diffusaient une courte vidéo, via la presse, afin de faire le “bilan” de ladite opération.

Le bilan ? Positif, comme il se doit pour un document diffusé par l’armée française : la France a “agi immédiatement”, s’est employée à “enrayer la spirale des exactions”, “sécuriser Bangui”, “rétablir les flux économiques” et “poursuivre la sécurisation”, si bien qu’aujourd’hui “la Centrafrique est en route vers la reconstruction et les élections”. Fermez le ban.

Nouveaux témoignages d’abus sexuels

Mais un grain de sable – ou plutôt un solide roc – s’est glissé dans la machinerie. De nouvelles accusations visant des soldats français de Sangaris ont été rendues publiques le 30 mars, et progressivement reprises dans la presse. Ces soldats sont accusés d’avoir violé et d’avoir forcé des jeunes femmes à avoir des relations sexuelles avec des animaux.

L’information a été révélée le 31 mars par l’ONU, qui a précisé que les victimes présumées étaient au nombre de 108, en “grande majorité” mineures. Mais c’est “Code Blue”, une campagne de lutte contre les violences sexuelles commises par les soldats engagés dans des opérations de maintien de…

Observatoire Par Justine Brabant

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