Ces Scrutins Qui Tuent, Un Changement Brutal Et Fatal Aux Dirigeants Politiques.

Ces Scrutins Qui Tuent, Un Changement Brutal Et Fatal Aux Dirigeants Politiques. 

Le premier à ouvrir le bal, le 23 juin, a été David Cameron : ses concitoyens ont dit oui au Brexit (la sortie du Royaume-Uni de l’Europe). Désavoué, le Premier ministre britannique a dû plier bagage et quitter le 10 Downing Street, sans délai. Sa chute a été suivie par celle de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff. La série de départs forcés a ensuite connu une accélération en novembre.

Hillary Clinton : le 7 novembre, nous la voyions tous et elle se voyait aussi  à la Maison Blanche, comme la première femme présidente des États-Unis le 9, son rêve s’est évanoui et à 69 ans, elle n’a plus aucun avenir politique. Elle a d’ailleurs disparu des écrans radar. Au cours du même mois, en France à la surprise générale, on a vu Nicolas Sarkozy mordre la poussière dès le premier tour du primaire de la droite et à sa suite, Alain Juppé pourtant donné favori par tous les sondages tout au long des derniers mois. 

Vient de les rejoindre François Hollande, qui, poussé vers la sortie a été obligé lui d’annoncer qu’il ne briguerait pas sa propre succession. Ce qui, soit dit en passant lui a permis pour la première fois depuis quatre ans, d’émerger d’une impopularité abyssale. Quelques jours plus tard, c’était au tour de Matteo Renzi jeune président du Conseil italien, porteur de l’espoir d’une Italie plus stable politiquement d’être écarté du pouvoir par un vote hostile à sa réforme constitutionnelle.

La divine surprise nous est toutefois venue, tout récemment, d’un petit pays d’Afrique, la Gambie. Nous la croyions arrimée depuis un quart de siècle à son président  Yahya Jammeh  et devenue en quelque sorte sa propriété. Mais les Gambiens ont massivement voté pour le candidat unique de l’opposition ont forcé le destin et chassé Yahya Jammeh du pouvoir, réalisant ainsi une tardive inespérée et belle alternance. Contre toute attente, congédié par le vote de ses concitoyens Jammeh a déclaré qu’il s’inclinait devant leur volonté et laissait la présidence à son rival, Adama Barrow qui l’avait, il est vrai largement distancé.

Quels enseignements tirer de ces départs surprises, tous provoqués par le verdict des urnes à l’exception de Hollande, qui l’a cependant anticipé ? Peut-on en conclure que « trop de démocratie tue la démocratie » ? Doit-on, en conséquence considérer l’exemple gambien où l’on est venu à bout d’un dictateur par la voie électorale comme l’exception qui confirme la règle ?

Un courant d’opinion très puissant qui traverse le monde soutient qu’il est préférable d’avoir un dirigeant fort (strong leader) à la tête de l’État, un homme ou une femme dont l’action n’est pas entravée par un Parlement incontrôlable et des élections aux résultats imprévisibles.

Source Jeune Afrique

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*