Cheikh AMAR, Président Directeur général TSE : « Il faut mécaniser notre Agriculture»

Cheikh AMAR, Président Directeur général TSEGouvernance : M. Amar, vous qui êtes un homme du sérail, si vous aviez à comparer les politiques agricoles de Wade et de son successeur Macky Sall, que diriez-vous ?

Cheikh AMAR : Pour répondre à votre question, j’estime qu’ils ont tous les deux, la même politique agricole. N’oublions pas que Macky Sall a été Premier ministre du président Wade. Wade avait misé sur les Infrastructures et sur l’Agriculture. Malheureusement, il y a eu quelques défaillances avec certains opérateurs économiques. Mais son projet GOANA était un bon concept.

Quant au président Macky Sall, sa politique, aujourd’hui, c’est l’Habitat social et l’Agriculture. Il connaît bien les problèmes de l’Agriculture. Et ainsi, il a su prendre les bonnes décisions, en augmentant cette année, les engrais. Donc, tous les deux sont de grands hommes. Je considère le premier comme mon père et le second comme mon frère.

Comparée à l’Europe ou aux Usa, l’Afrique reste de loin, derrière dans les subventions des productions d’engrais et/ou de matériels agricoles. N’est-ce pas là un signe de faiblesse de notre continent dans les politiques de développement ?

Tout à fait, je partage votre opinion. Saviez-vous qu’aux Usa (?), ce sont des centaines de milliards de dollars qui sont mis dans la subvention de l’engrais. Mieux, ce n’est pas moins de 180 000 tracteurs qui sont donnés annuellement aux agriculteurs.

En Inde, c’est plus de 100 000 tracteurs par an. Sans parler de plus de 50 milliards de dollars mis dans l’urée. Ces géants sont, aujourd’hui, de grandes puissances émergentes grâce à une bonne politique agricole.

Dans ces pays, l’agriculture représente plus de 50% du produit intérieur brut (PIB). Il ne faut pas occulter le fait que ce sont les secteurs de l’Agriculture, de l’Industrie et des Services qui apportent le développement dans un pays. En développant ces secteurs, on fixe les populations. Il faut donc mécaniser notre Agriculture.

Justement, votre société TSE a quand même décroché son marché le plus juteux en 2006 lorsqu’elle a livré 510 tracteurs, 800 motopompes et divers autres matériels agricoles importés de l’Inde.

Ce n’était pas un marché, mais une ligne de crédit que personne ne pouvait prendre.

Pourquoi ?

Par défaut de moyens ou de savoir-faire. En tout cas, beaucoup avaient postulé, mais j’ai été le seul à être retenu. J’ai été éligible parce que j’étais solvable et expérimenté.

Et le coût estimatif de cette opération serait de 8 milliards de F CFA, subventionnée à hauteur de 40% par l’Etat du Sénégal…

Là aussi, je dis que ce n’est pas exact. C’était 7 milliards subventionnés à hauteur de 60%.

Ne seriez-vous pas alors ce prestataire que la clameur accuse de détenir, depuis l’année dernière, un décret d’avance de 8 milliards de F CFA d’un marché public de phosphates non encore exécuté ?

C’est faux. Ce programme est en cours d’exécution. D’ailleurs, au lieu des trois (03) ans comme l’a voulu le Gouvernement, nous allons l’exécuter en une année avec le concours de l’Institut national de Pédologie (INP). C’était du Diammonium phosphate (DAP) ou 0-14-0. On fait de l’engrais avec.

Qu’est-ce qui explique donc que vous n’ayez pas été choisi l’année dernière (2012) par le ministre Benoît Sambou ?

Je ne sais pas. Pour moi, est-ce que Benoît Sambou était réellement un ministre de l’Agriculture ? Si tel était le cas, il n’agirait pas ainsi. Le président Macky Sall, je le respecte. Lui, il regarde, il écoute et il comprend. Ensuite, il va dénicher les compétences pour réaliser ses ambitions. Quand le Président a compris que l’année dernière, on aurait pu mieux faire, il a aussitôt pris des décisions justes et courageuses au profit de l’Agriculture.L’année dernière, certains ont utilisé des produits pleins de nitrate qui peuvent même causer une catastrophe nationale. Ces produits sont des facteurs de cancer… Je ne sais vraiment pas ce qui s’est passé avec Benoît Sambou. En tout cas, j’étais le moins et le mieux disant, mais on m’a exclu…, hélas.

Qu’est-ce qui a changé pour que vous soyez éligible cette année (2013) ?

Cette année, je suis le seul distributeur qui, à ce jour, a fait effectivement son travail. Les autorités ont compris qu’en matière d’engrais, il faut des distributeurs qui ont la confiance des banques, qui sont solvables et qui connaissent les produits.

L’année dernière, au lieu du 6-20-10 usité pour l’arachide, certains distributeurs ont donné des produits de très mauvaise qualité. Cependant, tous les distributeurs n’étaient pas mauvais. Il y en a eu de très bons comme Abdoulaye Sylla qui est un pur produit des ICS.

Source : Gouvernance, Juin 2013

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