Chèques et frasques de Zuma Le Romantique : chronique d’une chute frénétique

C’est fait. Jacob Zuma, le président sud-africain a choisi la voie  de la sagesse  en acceptant de démissionner de la tête du pays conformément au vœu de son parti. La résistance n’aura pas duré trop longtemps. Après quelques jours de tractations avec les dignitaires de l’ANC en vue de trouver une sortie honorable, au chef zoulou, c’est lui-même a décidé de faciliter la tâche à son patrie et de préserver la paix sociale. Dans sa déclaration de démission, Zuma a expliqué qu’aucune vie ne mérite d’être perdue à cause de lui.

«J’ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation », a-t-il déclaré  avant de continuer : «j’ai trouvé très injuste que la question (de ma démission) soit posée. En vérité, le président  Zuma se trouvait dos au mur. Et sa déclaration  laisse entendre que c’est la mort dans l’âme qui a accepté de  rendre le tablier «Je ne suis pas d’accord car il n’y a aucune preuve que j’aie fait quoi que ce soit de mal». « J’ai servi le peuple d’Afrique du Sud de mon mieux», se défend Zuma dont les propos sont rapportés par le site du journal français la-croix.com.

Zuma démissionne certes, mais les casseroles ne se tairont certainement pas.  Bien au contraire, elles se feront de plus en plus bruyantes. Avec 783 chefs d’inculpations, Zuma peut à tout moment comparaitre devant le juge, a annoncé rfi.

La démission de Zuma est bien accueillie par l’opinion sud-africaine, qui d’ailleurs, était majoritairement favorable au départ du président zulu.  Son absence au sommet de l’Etat est compensé par l’avènement de Cyril Ramaphosa, désormais président par intérim de la République sud-africaine, qui vient juste d’être investi

Tout l’espoir du peuple sud-africain repose désormais sur les épaules de Ramaphosa. Avec une réputation d’homme d’affaires aguerri,  ce fidèle compagnon  de Mandela, qui était déçu par la politique en s’orientant vers les affaires, fait donc un retour remarqué sur la scène politique sud-africaine.  Milliardaire, il est l’un des hommes les plus riches du pays. Il nourrit l’ambition de de redonner à l’Afrique du Sud sa grandeur après Mandela et Tabo Mbeki en faisant effacer l’ère Zuma marquée par les scandales de corruptions, de mauvaises gestion, de viol… Quels péchés Zuma a-t-il commis concrètement pour se retrouver à une fin de règne aussi peu glorieuse ?

Le président Zuma a un comportement digne d’un grand chef zoulou, il aime les femmes. C’est un secret de polichinelle. Le chef d’Etat sud-africain a au total célébré six mariages. Selon les rumeurs, écrit afrik.com, le président Zuma aurait en tout 21 enfants et tous seraient issus de relations extraconjugales. De plus, un mois après son 5mariage, le 4 janvier 2010, J. Zuma reconnaissait avoir une fille avec Sonono Khoza, la fille de l’ex-président du Comité local d’organisation de la Coupe du monde de football rappelle, toujours afrik.com.

Réagissant sur la déclaration d’un participant du forum de Davos qui disait que la polygamie représente un bon en arrière, Zuma se défend : «Nous menons une politique qui dit que vous devez respecter la culture des autres. C’est ma culture. Cela ne retire rien à mes convictions politiques et à toutes sortes de choses, y compris ma conviction de l’égalité des femmes. Le problème survient quand des gens (…) pensent que leur propre culture est la seule valable (…), la seule acceptée par Dieu».

En 2005, Zuma est accusé d’avoir touché des commissions dans un contrat signé avec l’entreprise d’armement Thales pour une somme vertigineuse de 4,2 millions d’euro (soit 2 milliard 730 millions F Cfa). Faute de preuves, les poursuites ont fini par être abandonnées par la justice sud-africaine, écrit le site  lemonde.fr. Mais le chef Zulu a du cœur et ne craint rien. Il passe du fric au sexe risqué sans  transition aucune.

 Jacob Le Jouisseur !

En 2006, la Nation Arc-en-ciel était scandalisée par une accusation de viol contre J. Zuma sur une jeune femme séropositive. Le pire c’est que c’était un rapport non protégé. Au moment des faits, Zuma n’était pas encore président de la République certes, mais dirigeait le Conseil national contre le sida (CNS), rapporte Le360afrique.com.

Mais lorsque les gens s’interrogeaient sur son attitude et manifestaient leur incompréhension du personnage qui, en tant que président du CNS, était suffisamment averti pour ne pas commettre raisonnablement une telle erreur, Jacob Zuma lâche : «Je me suis douché après avoir fait l’amour pour minimiser les risques de contracter de la maladie». Stupéfaction totale !

Coucher avec une femme séropositive sans protection est un grand risque de se faire contaminer par des infections sexuellement transmissibles. Mais Jacob Zuma comme pour faire taire d’inévitables suspicions sur sa probable séropositivité, pour avoir eu un rapport sexuel à risque, révèle à la ville et au monde son statut sérologique pour, dit-il, être transparent, aider ses compatriotes à suivre son exemple et à lutter contre la stigmatisation. «Mes analyses du mois d’avril, comme les trois précédents, ont révélé que je suis séronégatif», avait-il déclaré en avril 2010 cité par le site de Radio France internationale (RFI).

Sauf que personne ne peut vérifier la fiabilité de ce test au Vih dont il se vante. Et d’ailleurs, qu’est-ce qui prouve que si le résultat était positif, il aurait le même enthousiasme à en parler ? De l’affaire du viol non encore oublié, il se retrouve empêtré dans une affaire de gros sous. Mais à côté de ses frasques, Zuma  aime aussi du fric et du chic.

Jacob Le Cupide !

En effet, le président Zuma aurait utilisé 20 millions d’euro (soit 13 milliard F Cfa) issus des deniers publics pour la rénovation de sa résidence privée dans son village natal à Nkandla, en pays zoulou. Une résidence chic et luxueuse pour le confort du prince Zuma et sa belle quantité de reines.

La révélation a été faite dans un rapport de la médiatrice, Thuli Mandonsela, chargée de veiller à la bonne gestion des fonds publics en Afrique du Sud, qui à l’époque s’était montrée entêtée et combative.

La Cour constitutionnelle, saisie par l’opposition, le contraint à rembourser à l’Etat la somme de 480.000 euros, soit 312 millions de F Cfa, a précisé Le360afrique.com. En 2016, un rapport de la médiatrice de la république Sud-africaine, Thuli Madonsela, cite le président Zuma et certains de ses ministres dans une affaire de clientélisme politique avec la riche famille Gupta, d’origine indienne.

La famille Gupta est soupçonnée d’influencer le président dans la nomination de certains ministres, rapporte niarela.net. La même source affirme que les Gupta auraient proposé au vice-ministre des Finances Mcebisi Jonas la somme de 40 millions d’euro (soit 26 milliards FCfa). 17 enquêtes ouvertes sur  cette sulfureuse famille Gupta, selon France24. La  police sud-africaine a déjà fait une descente au sein de cette famille pour des perquisitions.

L’ANC veut sauver les meubles

Pour toutes ces frasques, ces affaires de gros sous et de corruption, en tout genre, les Sud-Africains ne veulent plus de Zuma comme chef d’Etat. Le laisser à la tête du pays pour un an encore est trop long. Une réunion d’urgence qui a été convoquée cette semaine a été annulée. Mais les tractations ne se sont pas arrêtées. Zuma serait en train de négocier son départ.

Zuma est trempé dans des dizaines de scandales divers : fraude, évasion fiscale, blanchiment d’argent, au cas où il ne serait plus aux affaires la machine judicaire qui se mettra en œuvre, risque de déplumer dangereusement. L’on parle de plusieurs centaines de chefs d’inculpation qui pèsent sur l’ex- président sud-africain.

Seulement avec Cyril Ramaphosa investi comme président, c’est l’ex-épouse de Zuma, l’ancienne chef de la Diplomatie, Nkosazana Dlamini Zuma, qui va devoir prendre la tête de l’ANC, ainsi Jacob Le Romantique, pourrait  espérer bénéficier d’une certaine protection pour ne pas dire d’une impunité à vie. C’est vraisemblablement ce que Jacob Zuma tenterait de négocier, une amnistie judiciaire en échange de son départ. Mais qu’il ne semble pas avoir obtenu.

Agé de 70 ans, Jacob Zuma en acceptant de démissionner échappe donc à au moins  une dizaine de motions de défiance du Parlement sud-africain. En tout cas, les membres de l’African national Congress (ANC) ne reconnaissaient plus un des leurs. Voilà pourquoi ils ont tenté le tout pour  se débarrasser de son sulfureux chef qui a terni l’image de marque de la Rainbow Nation et brader l’héritage de Nelson Mandela.

In fine,  c’est le goût immodéré de Zuma  du chic, du fric le tout auréolé de frasques, qui l’ont précipité dans le précipice. Dame justice peut se mettre en marche maintenant !

Par Ibrahima DIENG

In the Spotlight

Aimez-vous le visage de la nouvelle Marianne ?

by Seutou Lat Dior in A LA UNE 0

Ce n’est pas une FEMEN, c’est déjà une réussite La nouvelle Marianne, dévoilée jeudi par Emmanuel Macron est représentée de profil, les cheveux au vent, coiffée d’un bonnet phrygien bardé d’une cocarde et le regard [...]

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*