Cherté du mouton, hausse des prix du transport et des denrées : Les Sénégalais mangés à la sauce Tabaski

Tabaski ou fête du mouton LegumesPour les ménages sénégalais, les préparatifs de la tabaski 2013 sonnent comme un véritable casse-tête. Coïncidant avec l’ouverture des classes, les chefs de famille rivalisent de prouesse pour atténuer les dépenses. Au marché Castors de Dakar où il faut faire un tour pour s’approvisionner en condiments, chacun y va de sa parade pour faire des économies.

La tabaski ou fête du mouton demande une grande préparation aux Sénégalais qui se bousculent devant les rayons pour les vêtements, coiffures, accessoires… Rien n’est laissé au hasard pour que la fête soit belle. Bien sûr, cela ne va pas sans de bons petits plats à base de viande de mouton.

Le marché Castors est l’un des souks les plus prisés par les Dakaroises pour remplir les paniers de condiments pour bien assaisonner et en faire ressortir le goût de la viande de mouton. Sel, cube culinaire, poivre, piment, ail entre autres sont indispensables. Pour les deux premiers, les prix sont fixes et il n’y a pas besoin de se casser la tête pour s’en procurer.

Le prix de l’ail n’a pas varié, il reste à 1 000 francs. Mais pour les autres condiments, il faut casquer parfois très fort. Pour se procurer du poivre ou du piment, il faut 6 mille francs le kilogramme. Heureusement qu’il ne faut pas autant pour faire mitonner la viande sauf pour les familles nombreuses.

Coïncidant avec la rentrée des classes, le contexte de cette fête n’est toujours pas facile pour les familles. Le mot d’ordre est donc de faire le maximum de dépenses possibles : Chacun y allant de sa parade pour amoindrir les coûts. «Pour la fête de la Tabaski, j’ai arrêté d’acheter des légumes comme la carotte ou les choux que je râpais pour accompagner la viande. Cela finit toujours à la poubelle alors que je les ai payés cher», confie cette mère de famille dans la quarantaine, soucieuse de trouver le juste équilibre dans ses dépenses.

Et pour se mettre à l’abri de certaines fluctuations imposées par les commerçants, elle se tourne vers les surgelés et conserves. «Cela fait bien deux ans que je n’achète plus des pommes de terre à la pesée. Je  préfère les surgelés. Comme cela je ne risque pas de me retrouver avec des produits pourris», explique la dame.

C’est à peine si elle accepte de se procurer du poivron ou de la tomate. Les prix de la tomate sont assez abordables. Pour 1 000 francs, on peut en avoir de bien grosses et fermes. Les petites et juteuses peuvent coûter 700 francs. Quand on veut se procurer des pommes de terre fraîches, il faut débourser 500 francs pour acheter un kilogramme. Pour ceux qui achètent en grosse quantité, le sac est vendu à 11 mille francs.

Pour l’oignon, c’est un peu moins cher. Avec 350 francs, on peut avoir un kilogramme alors que le sac s’échange à 8 mille francs. En plus, les prix ne sont jamais fixes. Il y a toujours des différences selon l’emplacement du commerçant et les talents de négociateur des clients. Mais les commerçants finissent toujours par se frotter les mains devant les clientes déterminées à bien remplir leurs paniers.

Pour Mme Guèye, même si les prix des condiments sont élevés, rien n’est de trop pour passer une fête réussie. «Je suis venue faire mes courses samedi. Les prix étaient extraordinairement chers. Avec 10 mille francs, je pouvais faire mon marché, mais cette fois-ci j’ai dû décaisser 25 mille francs», explique-t-elle toute occupée à  renouveler son stock de poisson.

agueye@lequotidien.sn

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