Comment la justice lituanienne étouffe une affaire de réseau pédophile impliquant du gratin

Retour sur une affaire de réseau pédophile, cette fois en Lituanie. A l’origine, on a un divorce, puis une fillette de 5 ans qui parle à son père des viols commis par des amis de sa mère et de sa tante. Un père qui tente de sortir sa fille de ce réseau et qui finit assassiné, une mobilisation populaire impressionnante, et aujourd’hui la justice lituanienne continue à persécuter les personnes qui ont essayé d’agir.
D’une affaire de réseau pédophile au conflit parental
En 2008, plusieurs années après la séparation de Drasius Kedys et de la mère, la petite Deimantele, 5 ans, explique à son père que le week-end, sa mère l’emmène voir des monsieurs qui la déshabillent et “mettent leur sexe tout partout“. Elle décrit avec ses mots d’enfant les actes qu’ils lui font subir, notamment des fellations, et désigne même plusieurs personnes, dont un juge et un homme politique, “des messieurs appelés Andrius, Jonas et Aidas“, a-t-elle précisé. Elle a dit que cela se passait chez sa mère, ou bien dans des hôtels ou encore aux domiciles des types, et qu’ils remettaient de l’argent à la maman.
Le père porte plainte en novembre 2008 contre la mère et contre le juge, mais évidemment il n’y a pour ainsi dire pas d’enquête et les dossiers sont  classés.
Drasius Kedys diffuse sur le web des vidéos dans lesquelles sa fille raconte et mime ce qu’il se passe quand elle va chez sa mère, et il en appelle au soutien de l’opinion publique. Selon Kedys, la mère touchait 1.000 € par passe de sa fille. La justice s’en prend alors à lui pour “calomnie”, comme cela arrive souvent chez nous, c’est un classique, très efficace pour faire taire les gens sans avoir à mener d’enquête sur le fond. En gros, on l’a accusé d’avoir inventé tout cela dans le cadre d’un “conflit” parental.
sam_1373 Kedys
En octobre 2009, le juge désigné par la petite, Jonas Furmanavicius, est retrouvé assassiné devant chez lui en pleine rue (3 balles dans l’estomac, une dans la tête, la signature d’un contrat passé dans le milieu). Drasius Kedys disparaît exactement en même temps. Les médias et les autorités ont tenté de laisser penser que ce juge s’était fait liquider parce qu’il était intègre et travaillait sur des dossiers “chauds”.
Le même jour, la tante maternelle de la petite, Violeta Naruseviciene, qu’elle avait désignée comme responsable des faits au même titre que sa mère (c’est elle qui aurait fait le lien entre son ex et le réseau), et qui exploitait sa propre fille, est également retrouvée assassinée par balles. Cette femme était strip teaseuse et son conjoint était un repris de justice condamné 14 fois. Détail croustillant: un Beretta enregistré au nom de Kedys aurait été retrouvé près de son corps.
Evidemment, Kedys est officiellement soupçonné d’avoir commis ces assassinats et peut-être même avec des complices, mais il est permis d’en douter tant ces deux morts subites arrangent le réseau pédophile en préservant l’omerta. En tout cas, il est condamné pour ces deux homicides.
Les médias officiels étaient à l’unisson dans la diffusion de fausses informations, parfois carrément diffamatoires, pour détourner l’attention du fond de l’affaire, c’est-à-dire le réseau de VIP.
Quelques mois plus tard, Andrius Usas, un autre type dénoncé par Kedys, est mort noyé dans 20 cm d’eau à la suite d’une sortie de route de son 4×4. Il était le seul à avoir été vaguement poursuivi par la justice mais la procédure a été stoppée avec sa mort. Usas, patron d’entreprise et assistant du président du Parlement Viktoras Muntianas, avait été recommandé par quelqu’un des services sociaux à la mère de Deimantele. C’était en 2006, quand elle avait cherché à obtenir la garde complète de sa fille, Usas l’a assitée devant les tribunaux, l’aidant ainsi à gagner sa procédure.
A cette époque, elle disait à sa fille qu’elle ne reverrait plus son père, et qu’elle finirait par l’oublier.
La soeur de Kedys, Neringa Venckiene, a cherché son frère dans toutes les morgues du pays, et a fini par le retrouver en avril 2010 dans un casier anonyme. Le corps et le visage de Kedys portaient des marques de coups mais la version officielle déclare qu’il s’agit d’une mort naturelle parce qu’il avait trop bu et serait étouffé dans son vomi. A côté de lui, on aurait retrouvé l’arme qui a servi à tuer le juge. A son enterrement, 5.000 personnes étaient présentes.
La semaine suivante, un ami de Kedys, Albertas Zilius, rentre d’une année et demie passée en Grèce et est immédiatement arrêté, accusé d’avoir aidé Kedys pour les deux meurtres par balles. Ce Zilius a déclaré qu’en Grèce, il avait été violemment attaqué par un groupe d’hommes qui parlaient le lituanien, et dont il pense qu’ils appartenaient à la sécurité nationale du pays.
Acharnement contre la victime et ceux qui ont dénoncé l’affaire
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La soeur de Kedys, elle-même juge, a été sanctionnée pour avoir aidé son frère à rédiger des plaintes. Mais elle parvient à garder sa nièce avec elle, jusqu’à une décision de justice en 2012 qui impose d’envoyer la fillette chez sa mère.
A partir de là, des citoyens ont monté la garde pendant des mois autour de la maison pour empêcher une intervention de la police. En mars 2012, des centaines de personnes se sont regroupées devant le domicile de la fillette et de sa tante, pour empêcher les flics de la récupérer et de la confier à sa mère, comme la justice l’avait décidé. La vidéo de cette opération tourne encore sur le web et a choqué nombre de citoyens.
La petite a toujours répété les mêmes choses lors de ses trois auditions à la police, elle a aussi passé quatre examens psychologiques et vu au total dix experts à la demande de la justice (mais les résultats n’ont jamais été communiqués), et le médecin légiste qui a autopsié son père et conclu à une mort naturelle a été chargé de l’examiner elle pour repérer des traces d’abus. Mais quand il lui a demandé de se déshabiller, elle s’est mise à hurler et a été prise de panique, si bien que l’examen a été impossible.
On notera aussi qu’un dispositif de protection a été mis en place, même après la mort de Kedys, autour de la mère de l’enfant et d’un politicien et  homme d’affaires qui avait été désigné par Deimantele, le dénommé Andrius Usas.
Vidéo de l’intervention de mars 2012 (video iš Garliavos)

Le 17 mai 2012, nouvelle mobilisation pour bloquer une nouvelle intervention de 250 flic, dont un groupe de la police anti émeutes, mais cette fois 39 personnes sont arrêtées et la petite est littéralement arrachée à sa tante.
Le 1er ministre Andrius Kubilius est même intervenu personnellement pour défendre cette intervention, qui a fait jaser jusque dans les médias anglais, suisses, espagnols ou luxembourgeois.
KedysStankunaiteUsasFurmanavicius
La tante, Neringa Venckiene, a fui aux Etats-Unis en 2013, où elle a fondé un parti anti corruption. En Lituanie, elle avait reçu de nombreuses menaces de mort et a décidé de quitter le pays avec son fils adolescent.
Mais, suite à un mandat d’arrêt international émis par la Lituanie en 2015, la justice US vient de décider de son extradition pour être “jugée”, et elle est emprisonnée en attendant histoire d’être certains qu’elle ne va pas s’enfuir.
Le mandat d’arrêt lituanien mentionne seulement quelques charges minimes contre Venckiene, mais ses avocat pensent qu’une fois sur place, la justice lui prépare une avalanche de plaintes pour des faits graves, parmi lesquels la liquidation du juge et ancien flic Jonas Furmanavičius. Neringa Venckiene se demande aussi si on ne va pas essayer de l’assassiner à son tour.
Par contre, il n’est évidemment pas à l’ordre du jour d’investiguer au sujet des accusations de Venckiene et de la petite Demiantele.
About Drasius Kedys – including parts of the video he made with his daughter

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Source: Donde Vamos

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