COMMENTAIRE DU JOUR:Assises ou refondation.

macky_assises_La Commission nationale de Concertation sur la Réforme des Institutions, CNRI, avait tenu sa première réunion le samedi 16 mars 2013. C’était alors une « prise de contact » entre les membres de la Commission nationale qui avait duré plus de deux heures, sous la Présidence du Professeur Amadou Makhtar Mbow, au terme de laquelle, les principes de base du travail ont été énoncés et adoptés. Cette première rencontre était intervenue après la série de consultations qui avaient permis de constituer le panel de personnalités chargées de conduire la réflexion sur la Réforme des Institutions.

La CNRI est composée, outre des membres de la Commission, dont deux rapporteurs, d’une plateforme technique, ainsi que d’experts susceptibles d’être associés à la réflexion et, elle s’était donné un délai d’un semestre pour présenter ses conclusions.

De ses conclusions, plusieurs questions relatives à la refondation du système étatique devraient trouver une réponse. Il en va ainsi de la question du cumul des fonctions de Chef de l’Etat et de Chef de parti politique. Une demande déjà formulée par les Assises nationales.

Sous le régime de Abdoulaye Wade, l’opposition d’alors avait toujours exigé de lui de ne plus être à la tête de l’appareil politique de son parti, le PDS. Avec les Assises nationales dirigées par Amadou Mahtar Mbow, les parties prenantes avaient jugé nécessaire de prendre les devants, en tranchant la question.

C’est ainsi que, dans les réformes institutionnelles qu’ils ont proposées, ils ont clairement indiqué, dans la Charte de gouvernance démocratique, que le successeur de Wade ne devait plus être à la fois Chef de l’Etat et Chef de parti politique. « Le président de la République ne peut être ni chef de parti politique ni membre d’une quelconque association durant l’exercice de ses fonctions », stipule cette Charte de gouvernance démocratique à la page 3, traitant du « Modèle de gouvernance et des Institutions, liberté et citoyenneté ».

Dans cette nouvelle phase de réforme des institutions du pays qui est attendue, ce principe énoncé dans les conclusions des Assises nationales, qui veut que le chef de l’Etat ne soit plus dirigeant d’un parti politique, risque de revêtir un caractère plutôt délicat, même s’il faudra bien trancher au risque de faire banaliser les conclusions des Assises nationales dont les ruptures prônées attendent encore d’être appliquées.

Délicat car au moment de la tenue des Assises nationales, l’actuel chef de l’Etat était de l’autre côté. Passé à l’opposition, l’ancien maire de Fatick, malgré tout, n’avait jamais caché son hostilité vis-à-vis des conclusions de ces concertations.
Or, aujourd’hui, c’est lui qui préside aux destines du Sénégal en espérant rempiler à la tête du pays. Saura-t-il se faire hara-kiri ?

Comme Sud quotidien s’en est déjà interrogé, Macky Sall est-il réellement disposé à appliquer, dans son intégralité, les conclusions des Assises nationales dont il est signataire, ou entend-il simplement refonder la République à son rythme ? «D’autant que les principaux partis politiques promoteurs des Assises, actuellement alliés de Macky, semblent se diluer dans le clinquant du pouvoir. Au grand dam des Assises dont ils s’étaient engagés à appliquer sitôt arrivés au pouvoir, par référendum, l’intégralité des conclusions », ainsi que le rappelait fort justement Moctar Dieng dans Sud Quotidien.

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