Concurrence déloyale contre la société qui l’emploie : Le Directeur commercial de la Senchim indexé

Affaire Habré Me ElHadji Diouf fustige le processusC’est une affaire qui fait beaucoup de bruits. Le Directeur commercial de la société Senchim est accusé de concurrencer déloyalement l’entreprise qui l’emploie après avoir créé une société spécialisée dans l’exploitation des produits phytosanitaires, l’acquisition, la location, la vente, le fermage et la mise en valeur de terres agricoles, la production, le conditionnement.

Le Quotidien a levé un lièvre. Une curieuse histoire de concurrence déloyale de la part de la société Oragri, une Société à responsabilité limitée (Sarl) aux dépens de la Senchim, un démembrement des Industries chimiques du Sénégal (Ics). L’affaire place au cœur de l’énigme Abdoulaye Dièye, Directeur commercial de la Senchim. Les informations parvenues au journal Le Quotidien l’accusent de mener «une concurrence déloyale contre la société qui l’emploie».

Les documents qui étayent cette accusation renseignent que Oragri est une Sarl d’un capital social d’un million de francs Cfa. Cette société a été créée le 13 août dernier à la requête de Abdoulaye et Mansour Dièye, tous deux administrateurs de société, de Adama Dièye, comptable et de Samba Ndao, animateur de projet. Oragri a vu le jour à l’étude de Maître Mahmoudou Aly Touré. L’objet de la société est ainsi décliné.

«La société a pour objet en tous pays et plus particulièrement au Sénégal : toutes activités afférentes à l’exploitation de biens agricoles, notamment l’acquisition, la location, la vente, le fermage et la mise en valeur de terres agricoles, la production, le conditionnement, l’achat, la consignation, l’emmagasinage, l’importation, l’exportation, la vente, la distribution et la transformation de tous produits agricoles, agro-industriels, avicoles et maraîchers.» L’objet vise également le conseil, la consultance, l’assistance, l’étude de projets agricoles et de toutes autres activités de prestation de services en matière agricole, commerciale et industrielle, le marketing et la distribution de produits phytosanitaires et produits chimiques, le traitement phytosanitaire en général.

En sus de cela, la société intervient dans la production, l’achat et la vente d’intrants pour l’agriculture et de tous produits dérivés (urée, phosphate), la vente de matériels agricoles, le commerce en général et l’import-export. Parallèlement à cela, sur le site officiel de la Senchim, on retrouve l’objectif principal : «L’activité principale de Senchim est de commercialiser au mieux les productions des Ics, à partir d’une zone d’intérêt prioritaire qu’est le Sénégal, d’une zone d’intérêt principal qu’est l’Afrique et d’une zone d’intérêt secondaire que représente le reste du monde.»

La société renseigne toujours le site, a segmenté ses marchés internationaux suivant une distribution qui confère le marché de l’acide phosphorique, avec pour destination l’Inde, le marché des engrais solides et des produits phytosanitaires, principalement sous-régional et régional. Mais cumulativement à cela, la Senchim intervient dans la fabrication de produits phytosanitaires. Elle propose dans le domaine agricole une gamme de produits (semences, engrais, amendements, pesticides, matériels de traitements). Nos sources lisent dans cet état de fait une confusion entre les objectifs des deux sociétés et incidemment, une concurrence sévère menée par le Directeur commercial contre la société qui l’emploie.

Abdoulaye DièyeDirecteur commercial de la Senchim

«Oragri est davantage un client de la Senchim»

Joint par téléphone, le Sieur Abdoulaye Dièye, Directeur commercial de la Senchim, cité dans cette affaire est disert. Pour lui, il n’y a pas en la matière concurrence entre Oragri et la Senchim. L’administrateur de société insiste particulièrement sur le but de son entreprise qui vise principalement selon lui «l’exploitation agricole.» Il insiste : «Fonda­men­talement le but de Senchim C’est fondamentalement le but. La première activité, c’est l’exploitation agricole. Nous exploitons des champs.» Le Directeur commercial rajoute à cela : «Ensuite, je ne suis pas le gérant de la société Oragri.» Pour lui, il est plutôt dans une logique de client de la Senchim. «On peut même être des clients de Senchim. Nous ne pouvons pas la concurrencer. Nous pouvons acheter des produits phytosanitaires de Senchim» jure-t-il avant de dégager en touche : «Je ne soumissionne pas aux marchés lancés par la Senchim. Ma déontologie ne me le permet pas.»

Me El Hadji Dioufavocat de Abdoulaye Dièye

«C’est sa femme qui est derrière tout ça»

Pour l’avocat, l’affaire est beaucoup plus compliquée que cela. Elle cache en réalité une rupture de mariage tumultueuse. Selon lui, il s’agit d’une cabale montée contre son client. Le bouillant conseil assure que déjà des documents tentant de mettre en mal son client avec sa direction avaient atterri à la Sen­chim. Un procès verbal de constat a, par la suite été effectué par huissier. Une sommation interpellative a été servie à la dame qui avait déposé le courrier à la Senchim. L’avocat accuse : «C’est sa femme, avec qui il est en instance de divorce qui est derrière tout ça.»

 Arona BASSE

abasse@lequotidien.sn

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