Condamné à 10 de travaux forcés : Adulai Canté remercie la Cour

Travaux forcés
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C’est une Cour d’Assises dédiée presqu’aux étrangers. Cette année, sur les 30 personnes qui sont inscrites au rôle, 24 sont de nationalité étrangère.

Après les Nigérians, Adulai Canté, de nationalité Bissau guinéenne, a été condamné hier à 10 ans de travaux forcés et à payer une amende de 150 millions de F Cfa. L’accusé s’est réjouit de cette peine en affichant un large sourire après la lecture du verdict et en distribuant des remerciements à ses avocats. Il sait qu’il s’est tiré d’affaires en bénéficiant de cette clémence du juge. En analysant les faits, le Parquet général avait requis 20 ans de prison ferme. Adulai Canté répondait hier du délit de trafic international de drogue. Les faits se sont passés le 22 juin 2009. 

Ce jour-là, l’accusé a été interpellé par les éléments de l’Orctis à l’aéroport. En provenance de Sao Paolo par vol de Turkish Airlines, il a été soumis à un test urinaire qui s’est révélé positif. La radiographie effectuée sur lui laissait voir des boulettes de cocaïne dans son abdomen. Sur le champ, il a été conduit au poste de police où il a expulsé dans un premier temps onze boulettes.

Et comme il en restait encore dans son ventre, Adulai Candé a été conduit à l’hôpital Principal où il a expulsé 63 boulettes restantes. Ce qui porte le nombre à 74 boulettes pour un poids d’un kilogramme. 

Face au juge, l’accusé n’a pas cherché à nier les faits. Mais comme les autres accusés, il a tenté d’expliquer son acte par un besoin d’argent. «Je n’avais plus d’emploi. J’ai demandé à un ami avec qui je travaillais au Portugal de me prêter de l’argent pour me rendre au chevet de ma mère qui est malade en Guinée. Il m’a dit qu’il n’en avait pas, mais qu’il y avait du travail au Brésil.

Quand je suis venu au Brésil, je n’avais pas trouvé du travail. C’est ainsi qu’il m’a demandé de lui transporter de la drogue. J’ai refusé, mais il m’a battu à plusieurs reprises avant que je n’accepte de faire ce boulot moyennant la somme de 300 000 francs. J’ai ingurgité 74 boulettes que je devais amener en Guinée en passant par le Sénégal», a-t-il avoué. 

Selon le Parquet général, il ne peut pas «bénéficier des dispositions du Code de la drogue». L’avocat général trouve que «l’accusé est un trafiquant de drogue et qu’il n’a pas été forcé à transporter ce produit comme il le fait croire». Il a demandé de le déclarer coupable et de le condamner à 20 ans de travaux forcés et à payer le triple de la valeur de la drogue saisie.

La défense estime qu’il n’a pas beaucoup de choses à dire dans cette affaire. Elle a invité la Cour à tenir compte des situations dans lesquelles leur client a été amené à ingurgiter ces boulettes.

Selon toujours la défense, les personnes qui sont jugées sont des lampistes. «Les véritables caïds sont tapis dans l’ombre», précisent les avocats. Estimant que c’est sur la contrainte que leur client a accepté de faire cette tâche, ils ont sollicité la clémence de la Cour. Et elle a suivi…

 Justin GOMIS

justin@lequotidien.sn

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