CONFERENCE SUR L'HERITAGE D'AMILCAR CABRAL L'armée Bissau Guinéenne un frein au développement

AMILCAR CABRALLe Centre Ouest africain de recherche (Warc) a abrité hier, mardi 11 juin, une conférence publique sur l’héritage d’Amilcar Cabral et « dynamiques identitaires en Guinée Bissau ». Une rencontre animée par le professeur Cerno Djalo de l’université de Lisbonne et ancien membre de la jeunesse du (Paigc)

«La Guinée Bissau peine toujours à se structurer» l’avis est du professeur Cerno Djalo de l’université de Lisbonne qui animait hier, mardi une conférence publique sur l’héritage d’Amilcar Cabral et dynamique identitaire en Guinée Bissau. Au Centre Ouest africain de recherche (Warc) qui abritait la rencontre, l’ancien membre de la jeunesse du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Paigc), a évoqué le problème de l’identité culturelle de son pays qui reste une de leurs équations.

«Le colonialisme a beaucoup joué sur l’identité culturelle de notre pays. Il a cherché à diviser la population en créant une certaine catégorisation des personnes. Ainsi, on pouvait avoir au sommet des métis, des noirs assimilés à savoir des gens qui ont renié leurs identités pour embrasser celle du colon et enfants les noirs», a avancé M. Djalo. Pour ce dernier, l’homme était un visionnaire, il a d’abord mis l’accent sur l’identité culturelle pour amener les Bissau Guinéens à rester eux-mêmes.

Amilcar Cabral était d’origine Cap verdienne et natif de la Guinée Bissau, toutefois, M. Djalo a avancé qu’il a plus mis l’accent sur la guerre qu’aujourd’hui le pays a toutes les peines de se réorganiser avec une armée mal structurée.  Aujourd’hui, force est de constater que ce démembrement de l’Etat doit faire objet d’une réforme.  Pour Mamadou Lamine Diallo Secrétaire Général du mouvement Tekki et qui faisait office de modérateur en l’absence d’Alioune Tine de la Raddho, « une telle initiative permet de connaître les intellectuels de la Guinée et leur histoire.

Cette réflexion la Guinée Bissau permet de mieux cerner les problèmes  de ce pays et d’en trouver des solutions.» Le député Mamadou Diop Decroix a souligné qu’Amilcar Cabral est mort très tôt. « De son vivant, il n’a pas eu le temps de conduire son pays vers l’émancipation.

La guerre lui a pris tout son temps et son héritage n’a pas été compris par ses pairs. Il n’y a pas eu des hommes de sa dimension pour unifier le peuple et cela s’est traduit par des coups d’Etat répétés», a avancé M. Diop Decroix. La question de la scolarisation de la population s’est aussi posée dans ce débat.

Selon un des intervenants, on ne peut pas développer un pays avec des analphabètes. « En Guinée Bissau, les gens ont tendance à s’identifier à travers leur ethnies et non leur pays. Les hommes se vantent d’être des anciens combattants et les petits te disent, j’ai terminé l’école. Comment avec tout ça, voulait que ce pays se surpasse» a-t-il martelé.

Amilcar Cabral a été assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry (Guinée-Conakry), six mois seulement avant l’indépendance de la Guinée-Bissau. Né en 1924 à Bafatá, en Guinée portugaise actuelle Guinée-Bissau, de père Cap-Verdien et de mère Guinéenne, Amilcar Cabral part étudier l’agronomie à Lisbonne où il demeure jusqu’en 1952. Il y côtoie des militants de la libération des colonies africaines de l’empire colonial portugais. Certains de ces militants deviendront des meneurs de la lutte indépendantiste en Afrique lusophone, occidentale et australe.

De retour en Guinée-Bissau comme agronome, il entend contribuer à améliorer la condition de son peuple et mettre fin à la domination coloniale portugaise et c’est en 1956 qu’il fonde, avec Luís Cabral, son demi-frère (futur président de la République de Guinée-Bissau), Aristides Pereira (futur président de la République du Cap-Vert), Abilio Duarte (futur ministre et président de l’Assemblée nationale du Cap-Vert), et Elisée Turpin le PAIGC, organisation alors clandestine.

Denise ZAROUR MEDANG

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