Côte d’Ivoire – Affi N’guessan : « Alassane Ouattara ment aux ivoiriens et à l’opinion internationale » [AUDIO]

affi-nguessanPascal Affi N’guessan, le Président du Front Populaire ivoirien (FPI), est clair : la nouvelle constitution en voie d’adoption par l’Assemblée nationale ivoirienne est mauvaise. Dans une interview accordée à Œil d’Afrique, le président du parti fondé par Laurent Gbagbo, estime que la mouture présentée mercredi dernier devant le Parlement constitue un grand recul pour la Côte d’ivoire aussi bien sur le plan de la démocratie que de la construction de l’Unité nationale.

« C’est une Constitution qui ne fait pas avancer en matière de gouvernance, en matière d’équilibre des pouvoirs et de promotion de l’Unité nationale. La mise en œuvre de la Constitution a exclu le peuple de la Côte d’ivoire… Elle contient de graves compromissions en matière d’indépendance de la justice, de l’Etat de droit… », a-t-il dit.

Pour M. Affi N’guessan, qui était partant pour une réforme constitutionnelle, on peut être d’accord sur le principe d’une chose et être en désaccord sur la manière de conduire la réforme et sur le contenu de  la réforme.

Le président du FPI reconnait que les crises connues par la Côte d’ivoire ces dernières années ont pris leurs sources dans la Constitution notamment en ce qui concerne les conditions d’éligibilité, le mode d’élection, le rôle de la CEI, le rôle du conseil constitutionnel, le pouvoir présidentiel, le rôle de l’Assemblée nationale, etc.

L’ancien Premier Ministre pointe du doigt la corruption, le népotisme et d’autres maux connus par le pays sans oublier la régionalisation, les déséquilibres régionaux, la redistribution des ressources nationales, etc.

Le Président du FPI estime que la démarche qui a conduit à l’élaboration de la Constitution pouvait être inclusive. « Ce qui n’a pas été le cas. De manière unilatérale, le président s’est accaparée de la Constitution qui est pour toute la Côte d’ivoire », a-t-il dénoncé.

« Nous ne sommes pas d’accord avec lui parce que tout ce qu’il dit est faux. Les accords de Marcoussis n’ont jamais dit qu’il faut élaborer une nouvelle constitution, il faut créer un poste de vice-président… L’accord a juste préconisé une révision de l’article 31 de la Constitution », a déclaré Affi N’guessan.

 Le patron du FPI accuse Alassane Ouattara de vouloir imposer sa constitution et demande au président d’assumer ses fausses idées et non de se cacher derrière l’accord de Marcoussis.

« Alassane Ouattara ment aux ivoiriens et il ment à l’opinion internationale parce que Marcoussis n’a jamais donné mandat à quiconque d’élaborer une nouvelle constitution », dit-il.

Après avoir annuler la marche de mercredi dernier, l’opposition ivoirienne annonce une nouvelle marche contre la Constitution le 8 octobre. Une marche qui ne sera pas annulée.

« C’est un compromis que nous avons obtenu avec le ministre de l’intérieur au regard de l’environnement de tension qui entourait le sit-in du 5 octobre, les velléités d’agression, de troubles et de violences », explique M. Affi N’guessan qui confirme la tenue de la marche de samedi à Adjamé, qui sera la place de la République.

Abordant la polémique autour du poste de Chef de file de l’opposition qui reviendra désormais au chef du parti d’opposition ayant obtenu le plus grands nombre de députés à l’Assemblée nationale, Pascal Affi N’guessan estime que le FPI n’a aucun souci à se faire parce qu’étant actuellement la première force de l’opposition. Une réalité qui devra se confirmer lors des prochaines élections législatives prévues dans deux mois.

L’ancien premier ministre a par ailleurs indiqué que son parti n’a jamais revendiqué un statut de l’opposition et que c’était le pouvoir qui a pris cette initiative.

« Le statut de l’opposition n’est pas notre combat. Notre combat, c’est la Côte d’ivoire. Notre combat c’est la Constitution. Quel que soit le statut qu’on va donner à l’opposition, si nous estimons que la constitution est mauvaise, nous devons la combattre », dit-il précisant qu’il n’y a aucun rapport entre ce statut et le combat en cours.

Le Président du FPI indique qu’il garde les mêmes relations avec Laurent Gbagbo, fondateur de l’ancien parti au pouvoir en Côte d’ivoire avant la crise postélectorale de 2010.

Roger Musandji
© OEIL D’AFRIQUE

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