Côte d'Ivoire – Bombardement de Bouaké : Trois anciens ministres français visés par l’enquête de la juge

michele-alliot-marie-michel-barnier-et_3885707196815a61b698d5b9900735efLa juge qui enquête sur le bombardement du camp français de Bouaké, en Côte d’Ivoire, en 2004 a demandé le renvoi devant la Cour de justice de la République (CJR) de trois anciens ministres de Jacques Chirac, soupçonnés d’entrave à l’enquête.

Comme l’ont révélé le Canard enchaîné et le site d’information Mediapart, les ministres visés par l’ordonnance de la juge sont Michèle Alliot-Marie (ministre de la défense), Dominique de Villepin (ministre de l’intérieur) et Michel Barnier (ministre des affaires étrangères). Ils sont mis en cause pour leur rôle dans la libération de huit Biélorusses qui avaient été arrêtés au Togo dix jours après le bombardement. Deux d’entre eux étaient les pilotes des avions Sukhoï-25 des forces loyalistes ivoiriennes qui avaient bombardé le camp de la force française « Licorne ».
« Les hautes autorités françaises du ministère de l’intérieur, de la défense et des Affaires étrangères ont été prévenues de l’arrestation des pilotes biélorusses impliqués dans le bombardement de Bouaké », écrit la juge Khéris, dans l’ordonnance du 2 février, dont l’Agence France-Presse a eu connaissance. « La décision de ne rien faire » concernant ces pilotes « a été prise à l’identique » par les trois ministères, « ce qui permet de penser à l’existence d’une concertation à un haut niveau de l’Etat », poursuit-elle.

Elle ajoute qu’« en donnant l’ordre de ne rien faire, en ne prévenant pas le procureur de la République », ces autorités « savaient que ces pilotes seraient mis en liberté et échapperaient à la justice ».
Les anciens ministres encourent chacun trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Une plainte classée sans suite

La CJR est la juridiction compétente pour juger des membres du gouvernement pour les crimes ou délits commis dans l’exercice de leur fonction. Plusieurs étapes doivent encore être franchies avant qu’elle ne soit saisie. Si le parquet de Paris suivait l’analyse de Sabine Kheris, la juge pourrait saisir, par l’intermédiaire du parquet, la commission des requêtes de la CJR, qui filtre les plaintes individuelles ou les demandes judiciaires mettant en cause des membres du gouvernement.

Des familles de victimes avaient déjà porté plainte devant la CJR contre Michèle Alliot-Marie pour « complicité d’assassinats » et « faux témoignage », plainte qui avait été classée.

Le bombardement de Bouaké a eu lieu le 6 novembre 2004, alors que l’armée de Laurent Gbagbo, alors président de la Côte d’Ivoire, pilonnait les positions de la rébellion dans le nord du pays.

Deux avions Soukhoï avaient pris pour cible le lycée Descartes de Bouaké, où les troupes françaises de l’opération « Licorne » avaient établi leur base. L’armée française avait riposté en détruisant la petite flotte ivoirienne, et Paris avait accusé Laurent Gbagbo d’être le commanditaire de l’opération. Neuf soldats français et un civil américain avaient été tués.

La question du commanditaire du bombardement reste posée onze ans après les faits.

Source : Le Monde

http://apr-news.fr/fr/actualites/cote-divoire-bombardement-de-bouake-trois-anciens-ministres-francais-vises-par-lenquete#sthash.IEKMGbEw.dpuf

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*