Côte d’Ivoire: la défense de Mme Gbagbo suspend sa participation au procès

000_bd6avL’épouse de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, le 31 mai 2016 à Abidjan

Les avocats de Simone Gbagbo, l’ex-première dame de Côte d’Ivoire accusée de crimes contre l’humanité, ont suspendu lundi leur participation au procès de leur cliente, reprochant à la Cour d’assises d’avoir « refusé que des personnalités ivoiriennes, acteurs impliqués dans les faits pour lesquels sa cliente est poursuivi » soient auditionnées.

Selon Me Rodrigue Dadjé, avocat principal de Simone Gbagbo, « la cour d’assises a refusé que des personnalités ivoiriennes, acteurs impliqués dans les faits pour lesquels sa cliente est poursuivie, notamment les marches du RHDP sur la RTI, celle des femmes à Abobo et le bombardement du marché Siaka ne puissent pas comparaitre à la barre. »

Pour la défense, le témoignage de ces personnalités, dont Guillaume Soro, Philippe Mangou, Edouard Kassaraté, Charles Koffi Diby, Bredou M’Bia et autres, est indispensable à la manifestation de la vérité et ils n’entendent pas passer outre.

 Alors que devait commencer la première audience consacrée aux témoins de la défense, celle-ci a demandé à entendre l’actuel président de l’Assemblée nationale, l’ancien chef de la rébellion Guillaume Soro, l’ancien Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou, l’ex-ministre Charles Koffi Diby et l’ex-patron de l’armée, le général Philippe Mangou et le directeur général de la police nationale Brindou M’Bia.

« Nous suspendons notre participation jusqu’à nouvel ordre. Le procès est biaisé, la Cour n’a pas envie d’un procès équitable », a affirmé Dohora Blédé, l’un des avocats de l’accusée.

 La Cour d’assises d’Abidjan juge Mme Gbagbo depuis le 31 mai. Elle est citée, selon l’accusation, pour son implication dans des tirs d’obus sur le marché d’Abobo, un quartier favorable à Alassane Ouattara – le rival de son mari à la présidentielle de novembre 2010 -, dans la répression sanglante des femmes d’Abobo et pour sa participation à une cellule de crise qui planifiait et organisait des attaques, à travers des milices et des forces armées proche du régime.

Ces faits ont été commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois dans le pays après le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

© OEIL D’AFRIQUE

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