COTE D’IVOIRE – Transfèrement de Simone Gbagbo à la Cpi : Me Ciré Clédor Ly analyse le refus d’Abidjan

Maître Ciré Clédor Ly, avocat principal de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire
Maître Ciré Clédor  Ly, avocat principal de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire
Maître Ciré Clédor Ly, avocat principal de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire

Maître Ciré Clédor  Ly, avocat principal de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, ne partage pas la décision de ce pays de ne pas procéder au transfèrement de Madame Simone Ehivet Gbagbo à la Cour  pénale  internationale (Cpi). A travers un communiqué parvenu hier au journal Le Quotidien, Me Ly s’appuie sur «trois raisons fondamentales» pour expliquer dans quelles mesures les autorités ivoiriennes peuvent empêcher «la remise» de Mme Gbagbo à la Cpi.

L’avocat cite en premier lieu «l’innocence avérée» de sa cliente qui a, à ses yeux, pour «seul tort (…) d’avoir rempli son devoir de cohabitation et d’être restée aux côtés de son époux jusqu’à l’arrivée de «la ligue internationale armée»». Le refus de l’Etat ivoirien se justifierait aussi par «le souci de se retrouver avec l’obligation nationale d’arrêter des dirigeants actuels de l’Etat, lesquels ont pu être  responsables en droit international, de viols massifs et de meurtres systématiques à l‘encontre de la population civile».

A travers sa position, la Côte d’Ivoire, d’après Me Ciré Clédor Ly, ne voudrait pas se retrouver «avec le devoir international de transférer ses propres partisans qui viendraient à faire partie de la liste des personnes visées par la Cour pénale internationale, pour leurs implications déterminantes dans des massacres et viols de la population civile».

Un transfèrement de Simone Gbagbo serait également, au regard de Me Ly, «une réitération de la violation du droit public ivoirien et même du statut de Rome, que l’Etat de Côte d’Ivoire n’avait pas encore ratifié au moment où il avait été décidé, au mépris de la loi,  de répondre favorablement à la Cour pénale internationale, car la Côté d’Ivoire n’avait pas encore modifié sa Constitution et ne pouvait donc pas remettre son propre ressortissant à la Juridiction internationale».

Suffisant alors pour Me Ly, qui le rappelle à la Communauté internationale, de constater : «Madame Gbagbo est une détenue politique innocente dont l’état de santé est très préoccupant.» Ce d’autant plus qu’«elle manque de soins adéquats et se trouve manifestement fragilisée et exposée à tout moment à un accident».

De l’avis de l’avocat, «les juridictions nationales ivoiriennes ainsi que les enquêteurs désespèrent toujours de trouver contre elle (Ndlr : Simone Gbagbo), la plus petite charge pouvant justifier son arrestation et un procès pour l’un des crimes dont on l’accuse».

  • Écrit par  Mamadou Ticko DIATTA

mdiatta@lequotidien.sn

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