COUPE NATIONALE La finale Slbc-Duc (66-65) interrompue à 6 secondes de la fin : Marius Ndiaye «inhale» du gaz lacrymogène.

basket-mariusDes pierres, des grenades lacrymogènes, des blessés dont certains évacués à l’hôpital général de Grand Yoff (ex-Cto), c’est le triste bilan de la finale de la Coupe nationale qui opposait samedi le Saint-Louis basket club (Slbc) au Dakar université club (Duc). Tout cela sous les yeux du président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, venu présider la rencontre.
Le stadium Marius Ndiaye a vécu l’une des pages les plus sombres de son histoire samedi lors de la finale de la Coupe nationale opposant le Saint-Louis basket club (Slbc) et le Dakar université club (Duc). La rencontre a été interrompue à 6 secondes 3 tierces de la fin de la prolongation, alors que les Saint-louisiennes menaient au tableau d’affichage d’un point (66-65). Des jets de pierres des supporters du Duc ont contraint le service d’ordre à user de grenades lacrymogènes dans une salle comble et fermée.

Tout cela sous les yeux du président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, venu présider la finale, de députés et d’imminentes personnalités du monde sportif.
Tout est parti de l’arrestation d’un supposé responsable du Duc par le service d’ordre. Interpellé dans les gradins suite à une échauffourée, le bonhomme sera cueilli de force avant d’être menotté devant tout le public. Une situation que les supporters des «Etudiantes» ont eu  du mal à avaler. Le début de la fin. Alors qu’au même moment, ils voient leur équipe devancer d’un point (66-65) par l’adversaire à 6 secondes de la fin de la prolongation avec une possession en plus d’un lancer franc. Suffisant pour déverser leur frustration sur le service d’ordre.

Débute alors l’intifada. Les pierres fusent de partout. Les choses s’enchaînent. C’est le sauve-qui-peut dans les gradins. Débordé par la tournure des événements, le service d’ordre décide de passer à la vitesse supérieure. Une grenade lacrymogène, puis une deuxième en direction des supporters du Duc. L’air devient irrespirable. Même la loge officielle ne sera pas épargnée. Le président de l’Assem­blée et ses invités sont vite évacués dans le hall du stadium situé juste derrière la tribune officielle.

Des joueuses évacuées à l’hôpital général de Grand Yoff (ex-Cto). Sur le parquet, les joueuses de Slbc se barricadent derrière le banc de touche pour échapper à la fumée. Ce qui s’avérera être un mauvais choix.

Une grenade viendra les assommer. Comme des feuilles mortes, elles tombent une à une. Les rares «survivantes» volent au secours de leurs camarades, aidées par le staff technique et quelques supporters. Elles sont évacuées à l’extérieur du stade. En l’espace de quelques secondes, le parking du stadium est transformé en infirmerie. «Elle est asthmatique. Il lui faut de l’air», crie un dirigeant saint-louisien qui peine à sortir Ramata Daou, le pivot de Slbc. La géante ne tient plus sur ses longues jambes. Après avoir souffert sur le parquet, elle a du mal à respirer.

Du feu est allumé un peu partout auprès des filles pour estomper l’effet du gaz. Parmi les victimes, le chauffeur du bus de l’équipe saint-louisienne. «J’ai reçu un coup. Laissez-moi m’allonger. Je n’arrive pas à bien respirer», gémit le bonhomme torse nu. De l’autre côté, la coache adjointe de l’équipe a du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Pieds nus, mal en point, elle scrute l’horizon auprès de ses joueuses qu’elle ne peut nullement aider.

Débordés, les dirigeants saint-louisiens ne verront les secours qu’au bout d’une heure. Ils tirent sur les fédéraux visiblement «insensibles» à leur sort. Certaines seront secourues surplace, pendant que d’autres seront évacuées à l’hôpital général de Grand Yoff (ex-Cto).
Du côté des «Etudiantes», elles sont vite évacuées dans les vestiaires.

Au milieu des sanglots, cris, évanouissement, peur, les dirigeants tentent de gérer la situation. Elles seront finalement évacuées au bout d’une demi-heure.
Au-delà des joueuses, chez certains supporters et autres simples spectateurs, les séquelles n’ont pas manqué. Entre coups et blessures, on dénote plusieurs chutes graves. Baignant dans une mare de sang, un spectateur a eu le crâne ouvert après une chute. Pris de panique, il a tenté de sauter depuis les gradins pour s’échapper par la porte menant aux vestiaires.
Moustapha Niasse sous bonne escorte policière. Au bout d’une heure, les officiels dont le président de l’Assemblée et sa délégation quittent les lieux, sous bonne escorte policière. Postés devant le hall du stadium, le président de la fédération, Baba Tandian et ses pairs, regard médusé, cogitent certainement sur les enseignements de tels incidents qui n’honorent pas la balle orange.
Pourtant, tout avait bien commencé. Deux belles équipes développant un beau basket. Deux belles rivalités sur le parquet, au grand bonheur de la famille du basket. Reines des parquets depuis le début de la saison, les «Etudiantes» ont une fois de plus étalé toute leur classe. Seulement, en face samedi, il y avait une magnifique équipe du Saint-Louis basket club (Slbc) emmenée par l’internationale sénégalaise, Ndèye Sène (22 pts). Epaulée par la puissante Ramata Daou (21 pts), la meneuse saint-lousienne a donné beaucoup de tournis à la défense estudiantine. Un match que le Duc aurait pu facilement remporter dans le 3e quart temps après avoir réussi à creuser l’écart pour la première fois de la partie allant jusqu’à mener de 11 points (32-43 à 3.22). Alors que jusque-là, les deux équipes se tenaient de près. A la fin du 4e quart temps, les Saint-c louisiennes parviennent à revenir à score (60-60) et contraindre les «Etudiantes» à la prolongation. Un dernier «money time» dominé par les Saint-louisiennes, avant que les choses ne dégénèrent dans les ultimes secondes.

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