Crainte d’une fuite de Bibo Bourgi en France : La partie civile se méfie, la défense rassure

Le présumé complice de Karim Wade a été finalement évacué en France sur autorisation de la Crei. Les avocats de l’Etat comme Me El hadji Diouf n’ont pas confiance en un éventuel retour du prévenu au Sénégal. La défense, elle, met son client devant ses responsabilités.

Me El hadji Diouf : «Je n’ai pas confiance en Bibo»
Bibo est l’un des présumés complices dont le nom revient presque dans toutes les transactions supposées suspectes.

Cette inquiétude n’est pas partagée par les avocats de l’Etat, qui se sont constitués partie civile, comme Me El hadji Diouf.

«C’est la Crei qui décide. Je l’ai appris dans la presse. De toute façon, qu’il simule une maladie, s’autoproclame malade, refuse de répondre aux questions, le procès va se poursuivre.

Il sera jugé», rassure cet avocat. Ce dernier d’ajouter que Bibo Bourgi a été suffisamment interrogé lors de l’enquête préliminaire et de l’instruction. Toutefois, Me Diouf craint que le présumé complice fasse comme son frère Karim Aboukhalil, lui aussi inculpé mais qui est resté en France.

D’ailleurs, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. «Il peut faire comme son frère qui a pris la tangente parce qu’il a des choses à se reprocher. Je n’ai pas confiance en Bibo. Son frère a montré l’exemple», soutient l’avocat. De toute façon, tempère-t-il, la «loi autorise un jugement par contumace ou par défaut».

Me Baboucar Cissé : «Si Bibo ne revient pas, il va supporter toutes les conséquences»
Au cours de l’audience, le procureur spécial, Alioune Ndao, a toujours motivé son opposition à une évacuation en France par le fait que le prévenu détient une double nationalité. Par conséquent, ar­gue-t-il, «au cas où il refusera de revenir, la France n’extrade pas son citoyen». Pour obtenir l’autorisation de sortie du territoire, Bibo Bourgi s’est engagé à revenir au Sénégal dès qu’il aura guéri. Selon ses avocats, il a signé un document en ce sens. L’un de ses conseils, Me Baboucar Cissé, se réjouit de l’autorisation qui lui a été délivrée par la Crei.

«C’est logique et normal. Lorsqu’il faisait une analyse à l’Hôpital général de Grand Yoff, il avait fait l’objet d’une infection nosocomiale. Les antibiotiques capables de le soulager n’existent pas au Sénégal. Il risquait une infection généralisée. L’opération ne peut se faire qu’en France. Son pronostic vital était engagé», justifie Me Cissé. Quant aux craintes exprimées pour son retour au Sénégal, l’avocat se veut rassurant : «Ne vous en faites pas. Il va revenir. Il a pris l’engagement de revenir. S’il ne revient pas, il va supporter toutes les conséquences.» 

  • Écrit par  Birame FAYE

biramefaye@lequotidien.sn

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