Création des ministères du Plan et des Investissements : Vers un retour des décrets d’avance

M. Abdoulaye «Bibi» Baldé, ministre du Plan, et M. Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Energie et des mines
M. Abdoulaye «Bibi» Baldé, ministre du Plan, et M. Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Energie et des mines

Le gouvernement n’est pas encore parvenu à caser tous les cabinets. Certains ministres sont obligés de conduire les affaires de l’Etat depuis les salons de leurs résidences. Pour ceux-là, la liaison avec les membres de leurs cabinets se fait à travers le téléphone, ou par voie de coursier.

Le remaniement ministériel est derrière nous, mais ses séquelles continuent de se faire sentir auprès de certains membres du gouvernement. A ce jour, certains ministres cherchent e: Vers un retour des décrets d’avancencore à se caser, ainsi que leurs cabinets. On peut citer au moins trois d’entre eux qui sont concernés par cette situation. Il y a, selon l’ordre protocolaire, MM. Diène Farba Sarr ; ministre de la Promotion des investissements et des partenariats, M. Abdoulaye «Bibi» Baldé, ministre du Plan, et M. Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Energie et des mines. Leur situation de Sdf s’explique par des causes diverses.

Aly Ngouille Ndiaye et son voisin de palier Bibi ont dû débarrasser les lieux pour laisser la place à leurs successeurs, les ministres Maïmouna Ndoye Seck, chargée de l’Energie, ainsi que Papa Abdoulaye Seck, le responsable de l’Agriculture et de l’équipement rural. Malheureusement, ils ne savent pas où se caser. Comme on le sait, le ministère du Plan est une nouvelle création, qui avait été intégrée au ministère de l’Economie et des finances. S’il a pris des services à ce gros département, Baldé est conscient qu’il ne peut lui-même, demander à son collègue Amadou Ba de lui faire un peu de place, même s’il le voulait.

Pour les mines, les choses sont assez cocasses, en ce sens que, lorsque ce département était couplé à l’industrie, son dernier titulaire, l’autre Abdoulaye Baldé, le maire de Ziguinchor, était logé sur l’avenue Peytavin.

Avec le changement de pouvoir, ce département a été rattaché à l’Energie, et son titulaire a préféré occuper le quatrième niveau du Building administratif, laissant l’immeuble de l’avenue Peytavin au Commerce et au secteur informel. Aujourd’hui, il est devenu difficile de déloger Alioune Sarr, qui a hérité de la place abandonnée par El Hadj Malick Gackou, son camarade de parti.
Logé à la même enseigne, si l’on peut dire, Diène Farba Sarr n’est pas très pressé de voir arriver son remplaçant à l’Agence nationale pour la promotion des investissements et des travaux publics (Apix).

Tant que ce fauteuil n’est pas encore pourvu, M. le ministre mène ses activités dans les locaux de l’Agence, sans être dérangé par personne. Ses deux compères sont eux, quasiment obligés de conduire les affaires de l’Etat à partir de leurs domiciles. Et dans ces conditions, le contact avec leurs collaborateurs les plus proches, se fait au téléphone, et le courrier officiel est distribué par coursier. Haydar El Aly pourrait nous dire ce que tout cela représente en impact écologie, en dehors de la facture financière.

Bibi en butte aux fonds communs

Aussi incommodante que soit cette situation, elle n’empêche pas de travailler. Ainsi, Bibi Baldé continue de prendre le pouls des services qui dépendent de son ministère. Le ministre du Plan était ainsi hier en visite de prise de contact à la Direction générale du Plan et au Cepod.

En plus de se familiariser avec ses collaborateurs, le ministre a pris le temps d’écouter leurs doléances sur leurs conditions de travail, ainsi que leurs préoccupations. Et comme Le Quotidien l’avait indiqué dès la création de ce ministère, ce qui est le plus ressorti des soucis de ces agents détachés du ministère de l’Economie et des finances, c’est le souci de savoir ce qu’il allait en advenir de leurs fonds communs. Aussi bien au Cepod qu’à la Direction du Plan, cette affaire de fonds communs semble constituer un véritable drame collectif et personnel pour ces fonctionnaires.

Il suffirait d’en prendre pour preuve la confidence du Directeur du Plan à son ministre, selon laquelle l’un de ses agents serait allé le voir les larmes aux yeux, pour lui demander de le reverser au Ministère de l’Economie et des finances.

Il semblerait que certains membres du personnel de ses départements, à l’instar de leurs collègues des autres services, auraient pris des prêts auprès de leurs banques, et qui seraient gagés sur lesdits fonds communs. Y renoncer dans ces conditions crée donc un déséquilibre financier que les acteurs s’activent à corriger par d’autres moyens. Abdoulaye Baldé n’a pu rester indifférent à la situation, et a promis de voir avec son collègue Amadou Ba, quelle solution pourrait être apportée à cette situation.

Le ministre ne s’est toutefois pas gêné pour rappeler à ces fonctionnaires qu’au départ, même au ministère de l’Economie et des finances, les fonds communs n’étaient réservés qu’aux membres des régies financières, à savoir, les Douanes, Impôts et Trésor. C’est après que, par plusieurs artifices, ces fonds ont été étendus à tout le département. Mais de là à vouloir en faire un droit acquis, il y a un pas.

  • Écrit par  Mohamed Guèye

mgueye@lequotidien.sn

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