Crise à Kinshasa : une coïncidence hasardeuse pour l’opposition du Congo Brazzaville

Violences-à-Kinshasa-lors-de-manifestations-anti-KabilaLes partis de l’opposition de la RDC, au prix du sang ( 42 morts), ont obtenu le retrait de l’alinéa 3 de l’article 8 du projet de loi conditionnant la tenue des élections par l’organisation du recensement de la population , après 5 jours d’intenses manifestations débutées le 19 janvier dernier. En même temps, au Congo voisin a été lancée la dynamique pour dire non au changement de la constitution.

Après avoir compté 14 morts, selon le gouvernement congolais ou 42 morts, selon la fédération internationale des droits de l’homme, des blessés graves et d’importants dégâts matériels, la RDC connait actuellement une accalmie sous la vigilance des partis de l’opposition qui réclament désormais le lancement des opérations pré- électorales par la CENI. Près d’une semaine, ils ont choisi la rue pour protester contre un projet de révision de la loi électorale susceptible, d’après eux, d’entrainer le report de l’élection présidentielle en 2016.

Un projet de loi dont l’alinéa 3 de l’article 8 a été retiré par l’Assemblée Nationale, après l’avoir adopté et amendé avant son adoption par le Senat. Dénonçant un « coup d’Etat constitutionnel », l’opposition redoutait que la réforme de la loi électorale ne soit une manœuvre du président Kabila pour repousser de plusieurs années la tenue du prochain scrutin prévu en 2016. Une démarche politique des partis de l’opposition soutenue par quelques tenants de la majorité au pouvoir, à l’instar de Francis Kalombo, président de la ligue des jeunes Kabilistes.

A la différence du « printemps burkinabé », les manifestations de la RDC n’ont pas fait tache d’huile à Brazzaville. Clement Mierassa, président du parti social-démocrate congolais (PSDC), l’une des têtes d’affiches de l’opposition congolaise, abordé sur la question, parle de coïncidence hasardeuse. Selon lui, ces manifestations ont pris date consécutivement au lancement de la dynamique rassemblant les partis politiques, les plateformes politiques, la société civile, les associations et les personnalités pour « dire non au changement de la constitution » et pour tout mettre en œuvre » pour s’ opposer au coup d’état constitutionnel » au Congo Brazzaville. C’est dans ce cadre, relève-t-il, que l’opposition congolaise définit sa position sur les manifestations de Kinshasa.

Ne parlant pas d’effet contagion, l’opposant Congolais appelle à une grande méfiance. « …Il faut se méfier du silence observé par l’opposition congolaise lorsqu’il s’agit de ce genre de situation de trouble à l’ordre publique et des manifestations de rue qui se passent à quelques pas du Congo… » Clement Mierassa se dit, tout de même, préoccupant du faite que les dirigeants africains qui battent le record de longévité au pouvoir, une fois arrivés à la fin de leur mandat foulent les textes existant au pied, soi-disant qu’ils sont indispensables pour garantir la paix et la sécurité dans leur pays puis qu’ils ont des programmes à achever.

Aussi, pense-t-il s’il y’avait respect des textes au préalable, on ne devrait pas arriver à cette situation catastrophique de la RDC et connu autant de morts d’hommes. Et ce qu’il trouve déplorable, c’est cette attitude consistant à faire le médecin après la mort, car à Kinshasa, c’est après avoir compté de nombreux morts que le parlement a envisagé amender le projet de loi ou le retirer pour apaiser les tensions, alors il s’est demandé pourquoi créer les tensions là où il y a la paix juste pour des intérêts personnels avant d’inviter les autres Chefs d’Etat qui ont des velléités de modifier ou changer les textes fondamentaux de leur pays de tirer les leçons et de revenir aux bons sentiments pour que l’Afrique ne connaisse plus ce genre de perturbations qui a mis la RDC à feu et à sang.

De nombreux observateurs politiques en Afrique ont apprécié à leur juste valeur l’attitude du gouvernement de la RDC qui a privilégié la paix pour avoir joué à l’apaisement, alors que le recensement et l’identification demeurent des opérations pré-électorales indispensables pour une crédibilité des échéances électorales et surtout que, elles émanent d’une recommandation de Sun City et des concertations nationales. Mais, il est à déplorer le fait de prendre la nation congolaise en otage lorsque la majorité au pouvoir et l’opposition ne parlent pas le même langage.

Jonas Mvouanzi
Brazzaville – oeildafrique.com

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