Crise gambienne : « L’option militaire est irreversible »

On fonce droit vers une intervention armée pour faire partir Yaya Jammeh de la présidence de la Gambie et installer Adama Barrow, déclaré vainqueur de la présidentielle. C’est la conviction de l’analyste politique Yoro Dia. « L’arrivée de Barrow au Sénégal montre que l’option militaire est irréversible, décrypte-t-il. S’il était resté en Gambie, cela aurait été dangereux pour la démocratie et l’avenir de la Gambie. Il reste encore deux jours à Jammeh pour revenir à la raison, mais c’est difficile d’y arriver vu les derniers développements. »
Hier, mardi 17 janvier, Jammeh a décrété l’état d’urgence pour 90 jours. En annonçant la mesure à la télévision, il a invoqué une ingérence de la communauté internationale dans les affaires intérieures de la Gambie. Ce durcissement intervient alors que la Cedeao continue de privilégier l’option diplomatique pour le convaincre de quitter le pouvoir ce mercredi, fin officielle de son mandat. Mais de l’avis de Yoro Dia, c’est trop tard.

En campant sur sa position, Jammeh cherche à « retarder sa chute ». Laquelle, soutient l’analyste politique, se profile depuis quelques mois : « Quand pour la première fois, les Gambiens ont manifesté en avril dernier, ils ont posé les premiers jalons de cette chute. Une dictature se fonde sur la peur. Quand le peuple commence à s’affranchir, c’est la fin. Aujourd’hui, on assiste à la phase thermidorienne du règne de Jammeh. On ne se rend pas compte que le Président Jammeh, un dictateur sanguinaire violent, commence à se préoccuper de mesures légales. Lui, qui n’a jamais cru en l’État de droit. »

(Source : L’Observateur)

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