Dakar: l’apprenti terroriste Elhadj Malick Mbengue tombe a nouveau

TerrorismeLes Sénégalais l’ont sans doute oublié mais El Hadji Malick Mbengue était l’auteur de l’attentat avorté contre la boîte de nuit «Le Yengoulène».

Traqué et arrêté par l’actuel Gouverneur du Palais, Moussa Fall, l’homme, qui était expert en fabrication d’explosif, avait même révélé aux enquêteurs son projet d’attentat contre les ambassades des Etats-Unis et d’Israël au Sénégal lui qui devait tirer au mortier depuis l’immeuble Kébé.

Après neuf ans de prison, il est revenu à la charge sauf que cette fois-ci c’est lui-même qui s’est rendu à l’ambassade de France et à celui des Etats-Unis pour leur prévenir de projets d’attentats contre leurs ressortissants et leurs intérêts au Sénégal. Il mentait et d’ailleurs les enquêteurs comptent le déférer pour escroquerie et diffusion de fausses nouvelles.

L’information livrée, hier, par la RFM, a fait le tour des sites d’informations générales : un présumé terroriste du nom de El Hadji Malick Mbengue aurait été arrêté par la sûreté urbaine (su), avant- hier, et des armes auraient été découverts chez lui, lors d’une perquisition. L’on ajoutera même que le très dangereux Mbengue a des liens présumés avec Boko Haram qui terrorise le Nigéria. A la vérité, révèle Libération, El Hadji Malick Mbengue est plus proche d’un névrosé que d’un terroriste. El Hadji Malick Mbengue avait déjà fait parler de lui en 2003.

En effet, c’est ce dernier qui était à l’origine du projet d’attentat contre la boîte de nuit «Yengouléne». L’attentat ayant capoté, il était en ce moment l’homme le plus recherché du Sénégal et c’est d’ailleurs l’actuel Gouverneur du Palais, Moussa Fall, qui avait comme adjoint Cheikh Sarr, actuel patron de la Section Recherches de Dakar, qui l’avait arrêté. Parce que l’homme avait un don : il savait manier les explosifs, même s’il ne l’a appris nulle part.

D’ailleurs, il s’était servi de fourneaux, de munitions etc. pour fabriquer une bombe artisanale et même un mortier. En effet, son défunt père lui avait légué son atelier mécanique et c’est là qu’il fabriquait ses «outils». Mieux, pour se procurer des munitions auprès d’armurerie de la place, El Hadji Malick Mbengue s’était confectionné une tenue de capitaine de l’armée avec des galons et tous les accessoires. Après l’avoir localisé à Fadia, les gendarmes ont préféré ne pas prendre de risque.

Une enquête de personnalité ayant conclu que l’homme voulait toujours se mettre au devant de la scène en plus d’être très narcissique, les enquêteurs ont fait appel à une femme qui l’a appelé au téléphone pour lui déclarer sa flamme avant de lui donner rendez-vous dans un restaurant.

Ne se doutant de rien, M. Mbengue est venu découvrir le visage de «celle qui l’aimait à la folie et qui était sa voisine» avant d’être arrêté par les gendarmes.

Lors de la perquisition effectuée dans sa chambre, les enquêteurs avaient découverts deux pistolets automatiques. entendu sur procès-verbal, il n’avait pas cherché à nier les faits. au contraire, il affirmé que, s’il visait «le Yengoulène», c’était pour tuer ces «mécréants européens qui venaient au Sénégal pour coucher avec nos filles». Mieux, il ajoute avoir fabriqué un mortier dans le but de commettre des attentats contre les ambassades des Etats- Unis et d’Israël au Sénégal. En outre, il a révélé aux enquêteurs qu’il avait planifié de se mettre sur le toit de l’immeuble Kébé pour réussir son coup.

C’est ce qui l’a fait encore sortir de l’ombre alors que les sénégalais et mêmes les américains, qui étaient venus assister au débriefing, l’ont oublié ?

S’il est revenu à la charge cette fois-ci, c’était pour prévenir contre des…projets d’attentats. En effet, il y a de cela quelques jours, un homme se présente à l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal, la mine grave. il dit détenir des informations capitales à livrer aux autorités américaines. reçu dans le saint des saints, M. Mbengue informe les autorités américaines qu’il dé- tient des informations sûres et certaines sur des attentats planifiés qui viseraient les in- térêts américains au sénégal, en plus de l’ambassade. Pour se faire plus précis, il raconte avoir rencontré sur la Vdn un algérien du nom de Samir Youssef Benzedine. A ses dires, ce dernier allait fabriquer de faux papiers et perpétré l’attentat. les américains lui donnent 150.000 F Cfa pour «le taxi» et promette de décaisser plus en cas de véracité des informations.

Ensuite, Mbengue se rend à la représentation diplomatique de la France au Sénégal pour y tenir le même discours. A savoir que ses ressortissants et ses intérêts au Sénégal allaient être visés par des attentats. Pour se faire plus convaincant, il donne des dates et indique, comme il l’avait fait avec les américains, qu’il a eu les informations de sources autorisées proches du Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest (Mujao). Il raconte y avoir gardé des contacts après y avoir subi un entrainement en 2003.

Enfin, il annonce au français que l’attentat, qui va être le plus meurtrier, va viser l’hôtel Pullman. les français lui ont-ils donné de l’argent en échange de ces «informations » ? Mystère.

Français et Américains ont-ils casqué pour du bidon ?

Mbengue disparaît dans la nature mais, entre temps, l’information a été remontée au contre-espionnage (ce) sénégalais. Tout le monde est sur le qui-vive d’autant que les renseignements sénégalais étaient déjà sur trois pistes qui se sont révélés infructueuses. Le premier concerne deux ressortissants du Maghreb soupçonnés, un temps, de fabriquer des explosifs sur la Petite côte et le deuxième, un syrien entré au Sénégal par la Mauritanie et qui a été finalement déféré pour séjour irrégulier sur le territoire national. Et enfin, le troisième, un ressortissant britannique, brièvement retenu à la su, et qui a récemment été déféré au parquet, le nommé Nave dia soupçonné de blanchiment sur fond de financement du terrorisme. C’est dire qu’avec le sommet de la francophonie qui s’annonce, les renseignements extérieurs et intérieurs sont sur le qui-vive.

Mais, ce sont les français, ayant suivi l’entrevue avec Mbengue, qui découvrent, dés les premières heures, une faille dans son récit. Il soutient s’être entrainé avec le Mujao en 2003. Or, le groupe, né d’une scission au sein de Aqmi, a vu le jour en décembre…2011 à la suite de l’enlèvement de trois coopérants européens. les services secrets sénégalais confirment ces doutes. En travaillant sur le profil de la source, elles découvrent que Mbengue était en prison au moment où il était censé être dans le Mujao. Déféré après l’attentat avorté au «Yengoulène», il avait été condamné à neuf ans de prison, et c’est seulement en fin 2013 qu’il est sorti de prison. c’est dire que Mbengue n’a pu effectuer son entrainement que…dans la cour de prison de rebeuss.

C’est ainsi que la su a été saisie pour mettre fin aux agissements d’El Hadji Mbengue qui était subitement devenu injoignable. Mais, il ignorait sans doute que, même en changeant de puce, un portable pourrait être «tracé». Aussi, les enquêteurs de la su l’ont intercepté, avant-hier, pour ensuite le placer en garde à vue. Et une question coule de source : Mbengue jouit-il de toutes ces facultés ? A t-il voulu se faire les poches parce qu’il est à court de ressources depuis sa sortie de prison et ce en se servant de sa propre histoire ? en tout cas, pour l’heure, les enquêteurs comptent le déférer pour diffusion de fausses nouvelles et escroquerie.

Libération

In the Spotlight

Le déminage en Casamance ne fait pas l’unanimité

by bishba in SOCIETE / FAITS DIVERS 0

Au sud du Sénégal, les opérations de déminage de la Casamance ont repris depuis le 27 février 2019. Tout s’est arrêté après l’enlèvement de cinq démineurs mardi 14 mai. La perspective d’une reprise des activités [...]

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*