DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE LE SENEGAL DANS 4 ANS L'agenda de Mimi

le Premier ministre, Mme Aminata Touré Mimi_dpgInspirée par le programme Yonnou Yokkuté du Chef de l’Etat, le Premier ministre, Mme Aminata Touré, a dégagé hier, lundi 28 octobre 2013, à l’occasion de la Déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale les grands chantiers du gouvernement. Du programme d’urgence d’infrastructures sociales à la Couverture médicale universelle en passant par le secteur de l’Education et la production de semences certifiées, le Premier ministre a fixé un chronogramme étalé sur  la période 2013-2017.

Mme Aminata Touré a  fait face aux députés à l’Assemblée nationale hier, lundi 28 octobre 2013, pour les besoins de la traditionnelle Déclaration de politique générale. Un exercice classique qui donne l’occasion au Premier ministre de décliner les grandes orientations du programme gouvernemental susceptible de sortir le Sénégal de l’ornière.

Tout comme son prédécesseur, Abdoul Mbaye, Mimi Touré nommée récemment à la tête du gouvernement pour accélérer la cadence, s’est inspirée du programme Yonnou Yokkuté de Macky Sall, pour parler à la représentation nationale. A cette occasion, elle a déroulé un chronogramme étalé sur la période 2013-2017 articulé autour de 3 axes prioritaires pour alléger la souffrance des Sénégalais. Il s’agit de : la prise en charge des urgences sociales et la correction des inégalités ; la relance de l’économie pour une croissance génératrice d’emplois et enfin la consolidation de l’Etat de droit avec le renforcement de la bonne gouvernance et le développement local.

Dans son agenda, Aminata Touré annonce l’engagement de son gouvernement, dès 2014, de mettre en place un programme d’urgence d’infrastructures sociales dénommé «Programme d’infrastructures en faveur des localités les plus défavorisées». Ce qui permettra à «2 000 villages appartenant aux 62 communautés rurales les plus pauvres d’avoir accès à l’eau, à l’école, à des services de santé et à des pistes».

En ce qui concerne la Couverture médicale universelle (Cmu), l’objectif recherché pour Mme le Premier ministre est de passer d’un «taux de couverture de la population de 18% en 2013 à 33% en 2014 et à 95% en 2017».
«L’offre de santé sera consolidée, avec la réalisation d’ici 2017 d’au moins 11 nouveaux centres de santé et de 40 postes de santé au profit des zones les plus défavorisées », a-t-elle ajouté.

Le secteur de l’Education marquée par des grèves récurrentes et un manque criant d’infrastructures scolaires occasionnant la baisse du niveau des élèves, occupe une place dans la communication du Premier ministre. Consciente des enjeux de ce secteur, le Chef du gouvernement envisage de construire « 200 nouvelles écoles complètes pour accueillir environ 50 000 élèves supplémentaires issus des régions les plus défavorisées, de 6 000 salles de classe et 250 blocs d’hygiène et enfin 110 collèges de proximité, plus de 15 lycées départementaux, 19 collèges franco arabes, 64 daara modernes et la modernisation de ceux existants».

A la construction d’infrastructures scolaires, il faut ajouter la réhabilitation de certains anciens établissements comme le Prytanée militaire, les lycées Charles De Gaulle, Abdoulaye Sadji, Ameth Fall et Mariama Bâ. Sans oublier le programme de résorption de tous les abris provisoires sera entamé dans les écoles élémentaires, collèges et lycées. Mimi Touré est revenu aussi sur l’organisation des assises de l’éducation prévue dans le premier semestre 2014 sur toute l’étendue du territoire national.

Devant les élus du peuple, Mimi Touré et son gouvernement ont décidé de porter le taux d’électrification en milieu rural, de 25% en 2012 à 60% en 2017.  L’achèvement des travaux d’électrification rurale exécutés dans le cadre d’un partenariat public/privé permettra l’accès à l’électricité de 106 000 ménages, d’ici 2015.

Outre l’électrification rurale, l’équipe gouvernementale a déjà engagé la réalisation de 33 projets routiers d’un coût global de 627 milliards F Cfa, pour un linéaire de 940 km de routes revêtues, avec 7 ponts et ouvrages d’art.
« Les routes seront réceptionnées d’ici 2015. L’objectif est de réaliser au moins 4 000 km de pistes d’ici 2017 », a-t-elle soutenu.

Il est également prévu pour le secteur de l’agriculture la production de 60 000 tonnes de semences certifiées d’arachides par an, à partir de la campagne 2015 qui prendra en compte les espèces vivrières : riz, mil, maïs, sorgho, niébé.  Pour Mme Touré, la mise en œuvre de ce programme permettra, d’ici à l’horizon 2017 : «de réduire notre facture d’importation de riz à 313 milliards F Cfa, d’assurer un taux de couverture de nos besoins vivriers à plus de 75% ».

Concernant le secteur du transport maritime, il est question pour l’actuel régime d’engager dès 2014 le développement du port de Ziguinchor pour un financement de 21 milliards F Cfa et la réhabilitation du port de Kaolack pour lequel les discussions avec les partenaires stratégiques sont très poussées. «Les travaux consisteront au dragage et au balisage du fleuve Casamance, la mise en place d’une zone hydrocarbure, et la construction d’un port de pêche à Boudody», a fait savoir le Premier ministre.
L’opposition parle de «réchauffé»

Si Mme Aminata Touré s’est engagée dans un exercice de présentation des projets du gouvernement avec l’envie d’en accélérer la cadence, le groupe parlementaire libéral, comme on pouvait s’y attendre, n’est pas allé par quatre chemins pour s’adonner à une «critique» des actions que pose l’actuel régime. Les Libéraux-démocrates qualifient d’emblée la DPG de Aminata Touré de servir du «réchauffé» et du «déjà entendu».

C’est le Président dudit groupe qui tire la sonnette d’alarme en déclarant que «cette Dpg n’est rien d’autre que du réchauffé. Vous nous avez servi du réchauffé et du déjà entendu». Modou Diagne Fada de poursuivre : «les Sénégalais attendaient de fortes annonces sur la baisse des denrées de première nécessité».  Malgré les assurances du gouvernement sur la fête de la  Tabaski, l’ancien ministre de la Santé sous le régime libéral a laissé entendre que «le mouton s’est fait désirer dans les foyers sénégalais. Pendant un mois, la capitale sénégalaise et une grande partie de la zone côtière sont restées sans eau».

Toujours dans une logique de battre en brèche les propos du Premier ministre, la mairesse de Bambey est allée plus loin en précisant : «vous avez le mérite de reconnaitre que les promesses tenues n’ont pas été réalisées». Aida Mbodji, députée libérale, ajoute que les «Sénégalais sont témoins des errements du gouvernement surtout sur la traque des biens mal acquis». Dans son intervention, le député, Djibo Leyti Kâ n’a pas manqué d’inviter Premier ministre à une explication sur la fermeture de  376 entreprises avec une perte énorme d’emplois.

HAUT COMITE DE SUIVI DES  PROGRAMMES PUBLICS EN VUE

A l’occasion de la Déclaration de politique générale hier, lundi 28 octobre, Aminata Touré annoncé devant la représentation nationale la création d’un haut comité de suivi des programmes publics à la Primature. Une instance capable de faire un suivi régulier des actions publiques.

«Je souhaiterais que la représentation nationale nous interpelle régulièrement sur le niveau d’exécution des programmes du gouvernement. Je suggère que deux fois par mois les membres du gouvernement viennent à l’Assemblée nationale pour faire le point sur leurs programmes respectifs». En parlant ainsi, le Premier ministre, Aminata Touré a pour objectif de vulgariser  les actions publiques, et de permettre aux élus de faire un contrôle régulier sur les politiques gouvernementales.

Elle l’a fait savoir hier, lundi 28 octobre, devant les députés à l’occasion de la Déclaration de politique générale. Toujours dans ce même régistre, Mimi Touré annonce la création d’un haut comité de suivi des programmes publics à la Primature pour permettre à l’Assemblée nationale d’assurer un suivi régulier des politiques publiques.

«Des comités consultatifs incluant les acteurs du secteur privé et de la société civile seront mis en place au niveau des ministères ; il sera également institué à la Primature un Haut Comité de suivi des programmes et projets publics et ces mécanismes permettront aux sénégalais d’apprécier nos progrès et nos performances», a-t-elle ajouté.

Ceci permettra, selon elle, de donner encore plus «d’impulsion aux programmes à fort impact social sur la période 2013-2017, pour apporter des réponses concrètes aux urgences sociales et au besoin de protection des groupes les plus vulnérables».

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