DECLARATION – Me Aïssata Tall Sall sur la succession de Ousmane Tanor Dieng : «Les jeux sont ouverts, tout est possible»

Me Aïssata Tall Sall Parti Socialiste
Me Aïssata Tall Sall Parti Socialiste
Me Aïssata Tall Sall Parti Socialiste

L’inauguration du stade municipal de Podor, dimanche dernier, a servi de tribune à madame le député-maire de cette ville pour se prononcer sur la succession de Ousmane Tanor Dieng à la tête du Parti socialiste, les prochaines élections locales et la rivalité au niveau local entre son parti et l’Apr. Me Aïssata Tall Sall parle de «jeux ouverts (où) tout est possible» pour succéder au leader du Ps. Même si elle affiche sa détermination à participer aux prochaines Locales, elle compte privilégier les discussions avec les au­tres partis de Benno bokk yaakaar.

«Je n’exclus rien dans ma vie»

En marge de l’inauguration du nouveau stade de Podor, Aïssata Tall Sall n’a pas manqué de donner son avis sur le prochain congrès du Parti socialiste et, par ricochet, sur une éventuelle succession de Ousmane Tanor Dieng. Le maire de Podor dit ne pas faire de fixation sur le poste de Secrétaire général du Ps, même si elle souligne que ce poste n’est pas réservé. Pour elle, «tout militant socialiste peut briguer le poste de Secrétaire général».

D’ailleurs dit-elle, «c’est une des règles des statuts rappelant aussi que le Secrétaire général est élu par les Ca (Commissions administratives) de toutes les coordinations du Sénégal à bulletins secrets et que tout militant peut briguer ce poste et tous les autres postes».

Me Sall rappelle toutefois qu’en marge de ces principes, il y a aussi la pratique qui veut qu’à chaque fois que le consensus prévale dans les discussions ou à défaut la mise en branle de la machine démocratique et cela, du comité jusqu’au secrétariat général. Mais Aïssata Tall Sall se veut très claire : elle n’exclut aucune éventualité quand il s’agira de distribuer les rôles.

«Je l’ai toujours dit, je n’exclus rien dans ma vie, dans mon parcours politique. Comme j’ai l’habitude de le dire : en politique, on ne s’engage pas pour jouer les premiers rôles. On le fait parce qu’on a une idée claire dans la tête, une façon par laquelle on pense qu’elle sera mise en œuvre. Nous discuterons dans notre parti, nous verrons avec nos militants, notre base parce que là aussi c’est elle qui, de façon souveraine décide.

Les jeux sont ouverts, tout est possible, nous pouvons avoir une multiplicité de candidats, même si les gens pensent souvent que c’est Khalifa Sall et moi. Mais il y a autant de responsables plus méritants que nous qui peuvent briguer et aspirer légitimement à ce poste-là», conclut-elle.

Prise en charge des problèmes des Sénégalais

Invitée à se prononcer sur les capacités du nouveau gouvernement à prendre correctement en charge les problèmes des Sénégalais, la responsable socialiste a été plus que nuancée. Pour elle, l’avis des populations est très déterminant dans toute appréciation, même si elle dit sentir de la détermination à bien faire dans l’équipe dirigée par Aminata Touré.

«J’observe que cette nouvelle équipe est très déterminée à faire les choses. Il ne s’agit pas seulement de la baisse des prix. De façon générale, les Sénégalais doivent percevoir que leur vie est en train de changer dans le sens du meilleur ou de l’amélioration. Et cela, c’est beaucoup de choses à la fois. Il faut des actes forts dans certains domaines. Il faut aussi une communication sur ce que le gouvernement veut faire ou est en train de faire en direction des populations», constate Mme Sall.

«Mon point de vue, c’est que le meilleur sort est une perception des populations. Si elles perçoivent que le gouvernement travaille dans ce sens, les effets de la hausse du prix seront moindres. Si  elles ne perçoivent pas cette orientation claire, nette, indiquée par le gouvernement ; on aura beau baisser les prix, elles auront toujours le sentiment que le gouvernement ne fait rien.

C’est très important de diriger et d’envoyer toujours vers les populations ces gestes, ces mots, ces propos réconfortants pour qu’elles sentent que même si c’est difficile, on est sur le chemin, comme disait le Président Abdou Diouf», explique-t-elle encore.

«Je participerai du maximum que je pourrai» aux Locales

Madame le député-maire de Podor s’est prononcé sur son engagement politique et ses ambitions au sein de son parti mais également dans la coalition Bby dans laquelle elle évolue dans le cadre de l’équipe municipale.

A ce sujet, Me Aïssata Tall Sall a dit sa détermination à poursuivre l’aventure aux prochaines élections locales. «Je participerai du maximum que je pourrai, aussi bien pour les autres élections locales que pour l’élection à la mairie de Podor», indique-t-elle, soulignant toutefois que seules les populations des Podor mais d’abord la coalition dans laquelle évolue son parti déciderons de son éventuelle réélection.

«Serai-je reconduite maire ? C’est une question à laquelle seules les populations de Podor pourront répondre. Mais, avant les populations de Podor, c’est une question à laquelle seuls les membres de la coalition (Bby) avec qui jusque-là j’ai exécuté le mandat qu’ils m’ont confié pourront répondre. Donc, je suis et je reste à la disposition de ma ville et de ses populations qui, de façon souveraine, apprécieront et décideront», dit-elle.

Concurrence de l’Apr

Reine de Podor depuis maintenant plus d’une décennie, Aïssata Tall n’a pas peur de la concurrence et d’une éventuelle montée en puissance de l’Apr. L’édile de Podor affiche en effet la sérénité. Pour elle, aucun parti n’a les moyens de la bousculer. Elle pense que seules les populations ont les cartes en main.

«La seule personne qui peut me bousculer, ce sont les populations, pas les partis. J’attends les populations, je pense que nous sommes tout à fait en phase. Avec l’Apr et tous les autres partis de la coalition, nous discuterons si nous pouvons aller ensemble. Je ne dis pas que je suis candidate, mais je suis un élément de la coalition. En 2009, nous avons été ensemble mais maintenant la donne a changé.

En 2009, l’Apr venait à peine d’entrer dans l’opposition et nous l’avions accueillie à bras ouverts. Mainte­nant, nous discuterons. Si nous nous entendons, c’est tant mieux. Au cas échéant, chacun prendra en main son destin et ce sont les populations de Podor qui arbitreront. Et par rapport à cela, je suis et reste sereine parce que je suis habituée à compétir très souvent, à gagner et parfois à perdre. Mais c’est le jeu, il faut l’accepter», conclut-telle.

ndionguecheikh@lequotidien.sn

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