DELOCALISATION – Après deux décennies passées à Gorée : Le Musée de la femme prend ses quartiers à la Place du Souvenir

Au cours d’une cérémonie chargée d’émotion hier, Tata Annette Mbaye d’Erneville, directrice du Musée de la femme de Gorée, a annoncé la délocalisation de la structure à la Place du Souvenir africain.

L’enclavement de l’île et la rareté des visiteurs dans ce patrimoine national sont autant de facteurs qui motivent ce changement.

Après 20 ans de bons et loyaux services dans l’île de Gorée, le Mu­sée de la femme Henriette Bathily va désormais poser ses baluchons au niveau de la Place du Souvenir africain. Pour dire «au revoir» aux habitants de l’île-mémoire, une sobre cérémonie a été organisée par les responsables du musée.

Les imams, les enseignants et toute catégorie de travailleurs confondus se sont réunis pour saluer le travail de grande qualité abattu par Annette Mbaye d’Erneville et son équipe depuis 1994, en matière d’éducation, mais aussi de lutte pour la reconnaissance de la femme dans la société.    

Emotive suite aux éloges de la population insulaire à son endroit, Annette Mbaye d’Erneville, directrice du musé au bout des larmes, confesse : «Ce n’est pas sans émotion que l’on quitte un endroit où l’on a vécu, travaillé et rencontré des gens pendant 20 ans ; ce n’est pas sans regret non plus. Il faut juste savoir que le Musée Hen­riette Bathily, en quittant Gorée, n’est pas mort.

Il va continuer ses actions à la Place du Souvenir.» A 88 ans aujourd’hui, chevelure blanche, teint café au lait, cette femme qui fut en 1955 la première journaliste du Sénégal se dit «marquée» par l’île-mémoire. «Gorée a été une grande étape dans la vie de ce musée, le premier d’Afrique qui a été créé ici. Je dis merci à la population qui nous a accueillis, intégrés dans ce milieu fabuleux», se félicite Mme d’Erneville qui es­père retrouver les insulaires dans son nouvel espace, la Place du Souvenir africain.

Rareté des visiteurs sénégalais
Après les moments d’émotion, l’une des membres du musée a égrené les raisons de cette délocalisation. Institutrice à la retraite depuis 1998, Maria Diatta a intégré par la suite le musée. Elle souligne qu’«en Afrique et en particulier au Sénégal, la culture muséale n’est pas très ancrée dans l’esprit des gens. Vous voyez que la traversée Dakar-Gorée n’est pas à la portée de toutes les bourses. Par exemple, si tu quittes les Sicap, tu paies le taxi et encore le ticket de la chaloupe.

Ensuite, vous payez pour visiter le Musée de la femme ; c’est un peu cher.» Fixant le début de leurs travaux pour bientôt, Maria Diatta  précise que «ce musée était plus visité par des touristes. Ce qu’on aurait souhaité, c’est qu’il soit beaucoup plus visité par les autochtones». 

Patrimoine culturel caractérisé aujourd’hui par sa vétusté, le Musée de la femme Henriette Bathily a été inauguré le 17 juin 1994 par le ministre de la Culture de l’époque, Coura Bâ Thiam. 

  • Écrit par  Par Babacar Guèye DIOP

bgdiop@lequotidien.sn

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