Des caméras installées au Palais de justice : «Big Brother» surveille le Tribunal.

Plus personne ne passera inaperçu au Palais de Justice de Dakar. Un système de vidéosurveillance est installé de l’entrée du Tribunal jusqu’aux devantures des bureaux des substituts du procureur.

Une façon de mieux prévenir les cambriolages pour certains, mais également, d’avoir à l’œil des magistrats aux pratiques peu orthodoxes, pour d’autres.

Les cambrioleurs et autres personnes malintentionnées, habitués aux locaux du Tribunal de Dakar, sont avertis. Depuis quelques jours en effet, de nouvelles caméras de surveillance sont installées un peu partout dans le bâtiment, surtout au niveau des zones stratégiques.

De­puis l’entrée principale jusque dans les couloirs qui mènent aux bureaux des substituts du procureur, la vidéosurveillance est de mise. Tous les mouvements sont ainsi contrôlés à partir du bureau du chef de la sécurité qui détient les enregistrements contenus dans des bandes magnétiques.

Des images qui seront par la suite, transmises à la hiérarchie en cas de besoin, pour d’éventuelles enquêtes. Officiellement, la mesure est prise pour prévenir les cas de cambriolage de plus en plus fréquents dans le temple de Thémis.

Officieusement, c’est pour également avoir à l’œil certains occupants du Palais de Justice, aux pratiques douteuses et très décriées (lire la chronique).

L’un dans l’autre, l’installation de la vidéosurveillance permet aux autorités judiciaires de disposer de toutes les informations relatives aux mouvements des uns et des autres. Plus rien ne passera inaperçu, selon nos informateurs, qui font même état de «grincements de dents» de certains magistrats, qui se sentent épiés. D’autres trouvent la mesure superflue, par endroits, dans la mesure où, disent-ils, certaines parties du Tribu­nal n’ont pas besoin de caméra de surveillance…


Mais, le président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) semble bien approuver la mesure. Il n’y a rien de plus normal dans un établissement public aussi sollicité, selon Abdoul Aziz Seck. Avant de rappeler que cette vidéosurveillance est un vieux projet qui devait être concrétisé depuis longtemps à l’aide d’un financement de la Banque mondiale.

Joint par téléphone, M. Seck dit se féliciter d’une telle opération, même s’il précise n’être plus au Palais de Justice. Cela est une réponse aux cambriolages qui avaient fini d’inquiéter et indisposer tout le monde. «Les gendarmes préposés à la sécurité parlaient de manque d’effectif, en cas de vol, la vidéosurveillance va alors leur venir en appoint», a indiqué le président de l’Ums.
alyfall@lequotidien.sn  

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*