Direct procès de Karim Wade: ses avocats boudent, l’ancien ministre sans défense

Karim Wade à son arrivée le 31 juillet 2014 au tribunal à Dakar | AFP
Karim Wade à son arrivée le 31 juillet 2014 au tribunal à Dakar | AFP
Karim Wade à son arrivée le 31 juillet 2014 au tribunal à Dakar | AFP

Un épisode houleux a perturbé, mercredi au tribunal de Dakar, le déroulement du procès de Karim Wade, au moment où l’un des témoins était interrogé par les avocats de Karim Wade. Me Amadou Sall a été enjoint par le juge de la CREI, Henry Grégoire Diop, de sortir manu militari de la salle d’audience pour avoir proféré des propos «déplacés». Ses autres collègues l’ont suivi.

La tension était vive ce mercredi au procès de Karim Wade, entre la Cour et les avocats de l’ancien ministre. Le juge de la CREI a voulu indiquer à l’un des avocats, en l’occurrence Me Amadou Sall, d’aller directement droit au but, en posant au témoin des questions liées à l’affaire du financement de la Sénélec (société nationale d’électricité). Le conseil de Karim Wade interrogeait le témoin sur le fonctionnement technique de la Sénélec, qui dépendait du ministère de Karim Wade.

Mais, l’avocat rétorque, en ce qui le concerne, qu’il a le droit de poser toutes les questions, qu’il a envie de poser. Et que le juge, ajoute le conseil de Karim Wade, a le droit à son tour de juger si le témoin (Seydina Kane, ancien directeur général de la Sénélec) doit répondre ou non.  Dans la foulée, brandissant un exemplaire du Code de procédure pénal, Henry Grégoire Diop signifie que Me Sall n’a pas le droit de tenir des «propos déplacés» vis-à-vis de sa personne.

Il ajoute même, à l’égard d’Amadou Sall qu’il sait «distinguer des bons avocats des mauvais». Ce jugement personnalisé a fait bondir Me Sall, ancien ministre de la Justice, qui réplique que ce n’est pas le travail d’un juge. Puis de renchérir que lui aussi, il sait faire la différence entre un bon et un mauvais juge. Les échanges aigres-doux  ont duré près d’une vingtaine de minutes, avant que le juge Henri Grégoire Diop ne décide de le faire expulser de la salle.

Mais, ses collègues de la défense de Karim Wade s’interposent et décident de bouder collectivement l’audience, en même temps que les souteneurs de Karim. Hésitants, les gendarmes peinent, pendant un moment, à rétablir l’ordre. Ainsi après une brève suspension de l’audience, Karim Wade est appelé à la barre pour poser lui-même des questions au témoin. Mais, il demande à la cour de lui permettre de se concerter avec ses conseils. Ce que lui refuse le juge, avec insistance.

Enfin la Cour demande au détenu de retourner dans le box des accusés. L’audience a été suspendue, avant de voir plus clair.

Baba Mballo
© OEIL D’AFRIQUE

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