August 18, 2018
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Donald J. Trump ou le délire du dément (par Abou Bakr MOREAU)

July 12, 2017 - Washington, DC, United States: U.S. President Donald Trump shouts as he walks with his wife Melania to Marine One while departing from the White House. President Trump is traveling to France where he will meet with the president and will attend Bastille Day events on Friday. (Polaris) © PHOTO NEWS / PICTURES NOT INCLUDED IN THE CONTRACTS ! only BELGIUM ! *** local caption *** 05912349

Abou Bakr MOREAU, Enseignant-chercheur, Etudes américaines, FLSH, UCAD.

Les propos injurieux que le président américain a tenus à l’endroit des pays africains et d’Haïti ont soulevé des vagues d’indignation. D’emblée, nous souhaitons saluer ici la lettre de protestation que certains de nos Etats (plus précisément l’Afrique du Sud, le Botswana et le Sénégal) ont, chacun individuellement, adressée à Washington. En notre for intérieur, nous devons rester et demeurer des hommes de refus. « L’oppression se nourrit du silence » et la dignité n’a pas de prix !

Mais au-delà de ces propos abjects que nous ne voulons même pas reprendre, tant est pertinent l’adage wolof qui dit que des propos malveillants ne sont pas domiciliés là où ils vont mais bien là d’où ils viennent, le véritable problème du président américain actuel, c’est son prédécesseur. En clair, le vrai problème de Donald J. Trump, c’est Barack H. Obama. Car en réalité, Donald Trump est hanté par l’image de son prédécesseur qui, et l’histoire le montrera suffisamment, aura forcément mieux fait que lui. Dans le détail :

  • Non seulement, Barack Obama a été mieux élu que lui, en 2008, quand il arrivait aux affaires, en soufflant un vent de renouveau sur un pays  qui en avait tant besoin, mais en plus, il a été très confortablement réélu en 2012. Et tout compte fait, en huit années, il aura servi son pays avec efficacité (en ayant réussi à le sortir de la plus grave crise économique et financière que le monde ait connue depuis la Grande dépression de 1929) et avec dignité, sans l’ombre d’un scandale relatif à son image à lui ni à celle de son pays.
  • Bien entendu, Donald Trump est très loin de tout cela, et il fera forcément moins bien, beaucoup moins que lui. Pour commencer, son élection est à jamais entachée par l’ingérence russe en sa faveur. A ce sujet, les enquêtes du FBI vont certes trainer en longueur, mais elles iront jusqu’au bout. Dans les semaines à venir, le juge Robert Mueller va interroger le président américain, Trump himself, et rien ne l’arrêtera. De quoi troubler le sommeil d’un homme déjà si déséquilibré ! Un homme si imbu de sa propre personne et habitué à se faire obéir au doigt et à l’œil, à la tête d’un empire financier. On le voit donc, entre une élection vraisemblablement entachée de fraudes et qui n’a pas fini de révéler tous ses secrets et la façon magistrale dont Barack Obama a été élu en 2008 et réélu en 2012, il n’y a même pas photo ! Il s’y ajoute qu’au bout d’une année d’exercice du pouvoir, le 8 novembre 2017 dernier, le président américain actuel ne pouvait encore se prévaloir d’aucun succès à quelque niveau que ce soit. A ce jour, la seule réalisation dont il peut se vanter, c’est la réforme fiscale votée il y a quelques jours, et dont l’impact sur le vécu quotidien des classes moyennes est insignifiant sinon inexistant. Enfin, ce n’est guère un secret : au soir des élections de mi-mandat du 6 novembre 2018, les Républicains vont perdre un grand nombre des 33 sièges de sénateurs en jeu, des 435 membres de la Chambre qui remettront en jeu leur mandat, et des 14 postes de gouverneur qui seront disputés. Ce qu’il restera à voir, c’est l’ampleur de la débâcle !

Les propos insultants du président américain ne nous ont pas surpris. Ils entrent en droite ligne du langage sulfureux, xénophobe et ultraréactionnaire auquel celui que les citoyens américains ont malgré tout choisi avait habitué le monde dès la campagne électorale.

Le problème de Donald Trump, c’est qu’il ne peut et ne pourra jamais que faire pâle figure face à Barack Obama. En plus d’une année d’exercice du pouvoir exécutif, toute sa politique n’a été inspirée que par la haine : dans l’histoire politique si chargée et si mouvementée des Etats-Unis d’Amérique, on n’avait encore jamais vu un président élu dont toute la politique intérieure comme extérieure était exclusivement centr%C

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