Donald Trump, menteur au comportement « mafieux », selon l’ex-chef du FBI

James Comey publie le 17 avril un livre dans lequel il égratigne sérieusement le locataire de la Maison Blanche.

A chaque sortie d’un livre événement, les passages les plus croustillants fuitent dans la presse. Celui de l’ancien patron de la police fédérale (FBI) des Etats-Unis, James Comey, (A Higher Loyalty. Truth, Lies and Leadership, Flatiron Books, non traduit), qui doit paraître mardi 17 avril, ne déroge pas à la règle.

Les premiers extraits de l’ouvrage, diffusés jeudi 12 avril dans la presse américaine, font apparaître une cible de choix : le président américain, Donald Trump, décrit comme un menteur invétéré soumettant son entourage à un code de loyauté rappelant l’attitude d’un chef mafieux, estime M. Comey.

 L’ancien chef des services fédéraux évoque un locataire de la Maison Blanche obsédé par des détails scabreux le concernant. Il relate que le président lui a demandé d’enquêter sur des allégations le mettant en présence de prostituées russes en 2013 dans un hôtel à Moscou.

Ce « dossier », faisant état d’une vidéo à caractère sexuel montrant M. Trump, avait été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d’opposants politiques au candidat républicain. Jugé crédible dans un premier temps par le renseignement américain, son authenticité avait ensuite été complètement remise en question.

Lors de cette discussion, qui s’est tenue dans la tour Trump en janvier 2017, M. Trump a demandé au chef du FBI de tordre le cou à ces affirmations qui lui étaient très défavorables « au cas où il existerait une seule chance sur 100 qu’elles soient prises au sérieux par sa femme, Melania », selon M. Comey.

Mensonge généralisé et système mafieux

Cet échange avec le président « m’a fait revenir au début de ma carrière, quand j’étais procureur face au Milieu » ajoute M. Comey, qui décrit une scène digne de la mafia :

« Le cercle silencieux qui acquiesce. Le boss qui fait le jour et la nuit. Les serments de fidélité. La vision du monde selon laquelle tous sont contre nous. Le mensonge généralisé, qu’il soit petit ou gros, au service d’une sorte de code de loyauté qui place l’organisation au-dessus de la moralité et de la vérité. »

L’ex-patron du FBI va encore plus loin :

« Ce président est immoral, détaché de la vérité et des valeurs institutionnelles. Son leadership est transactionnel, axé sur l’ego et sur la loyauté personnelle. »

Les mémoires de M. Comey retracent ses vingt ans de carrière, d’abord comme procureur à New York, puis comme ministre adjoint de la justice dans l’administration de George W. Bush, et comme chef du FBI, entre 2013 et 2017.

Le livre s’est un temps hissé en tête du classement des préventes d’Amazon, grandement aidé par les messages vengeurs sur Twitter de Donald Trump qui avait limogé M. Comey le 9 mai 2017.

Le Parti républicain contre-attaque

A la Maison Blanche comme chez les responsables républicains, le livre a fait naître des craintes quant aux dégâts qu’il pourrait faire subir à une présidence Trump déjà affectée par des rumeurs, des limogeages et des démissions.

Le Parti républicain a d’ores et déjà mis en ligne un site intitulé « Lyin’ Comey » (Comey le menteur), où l’on peut notamment voir défiler une série de citations de personnalités politiques, désobligeantes pour l’ex-patron du FBI.

Enquête « russe » : Trump veut rendre public un rapport qui met en cause le travail du FBI

Les démocrates dénoncent une opération visant à discréditer l’enquête qui embarrasse le président des Etats-Unis, quitte à fragiliser le ministère de la justice.

Depuis plusieurs semaines, Washington assiste médusé à une sourde bataille menée par le président Trump et des élus républicains pour mettre en cause l’indépendance du FBI. La Maison Blanche a fait savoir, jeudi 1er février, que Donald Trump pourrait donner son feu vert à la publication d’un rapport controversé. Ce document met en cause le travail de la police fédérale (FBI) dans l’enquête consacrée aux interférences russes qui, selon le renseignement américain, ont visé la campagne présidentielle de 2016. Défendu par le camp républicain au nom de la « transparence », ce rapport est vivement dénoncé par les démocrates comme une opération visant à jeter à tout prix le discrédit sur l’enquête qui embarrasse le président des Etats-Unis, quitte à fragiliser le ministère de la justice.

Depuis plus d’un mois, les médias conservateurs réclament la publication du bref rapport de quatre pages du président, également républicain, de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, Devin Nunes. Selon les fuites publiées dans la presse, ce dernier accuse notamment le FBI d’avoir fait placer sous écoute un lobbyiste prorusse, Carter Page, brièvement membre de l’équipe de campagne de Donald Trump, sur la base d’un document contesté : le dossier concocté par un ancien agent britannique, Christopher Steele, consacré aux relations présentées comme problématiques entre le magnat de l’immobilier et la Russie.

Théorie du complot ourdi par un « Etat profond »

Ce dernier document avait été commandé initialement à une officine privée américaine par une faction républicaine hostile à Donald Trump, remplacée après sa victoire aux primaires par un groupe proche du Parti démocrate. Le recours à ce document pour obtenir les autorisations administratives nécessaires, sans que soit précisée sa nature, serait, aux yeux de Devin Nunes, la preuve d’une intention de nuire au président et d’une politisation de la police fédérale.

lemonde.fr

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