Dossiers JFK : nouvelles révélations sur les liens d’Oswald avec la CIA

De nouveaux documents déclassifiés montrent que l’assassin présumé du président américain n’aurait à aucun moment été approché par les services de renseignements américains.

Par 6Medias

C’est l’une des théories les plus populaires parmi ceux qui pensent avoir trouvé la clé de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963. Lee Harvey Oswald, meurtrier présumé du président américain, avant d’être lui-même abattu par Jack Ruby deux jours plus tard, aurait été un agent de la CIA. Le contre-espionnage américain aurait également facilité le retour d’Oswald aux États-Unis après sa défection en Union soviétique entre 1959 et 1962. Comme le raconte The Independent, les derniers documents relatifs à l’enquête et déclassifiés révèlent cependant que des recherches « méticuleuses » dans les archives de la CIA et effectuées en 1975 n’ont débouché sur aucune preuve reliant Oswald à l’agence, « d’une façon ou d’une autre ».

Cela n’empêchait pas Lee Harvey Oswald de faire l’objet d’une surveillance de la part de la CIA et du FBI, notamment à l’occasion d’un voyage au Mexique effectué deux mois avant l’assassinat. Il se serait rendu, sur place, à l’ambassade soviétique afin d’obtenir un visa. Les deux agences ont ensuite cherché à savoir si cette demande avait été faite par Oswald afin de partir s’installer en URSS ou si c’était pour lui une façon de s’assurer une possibilité de repli après avoir assassiné Kennedy.

La vérité reste insaisissable

Ces documents révélés cette semaine font également état de la visite à la CIA, en 1964, de trois membres de la commission Warren, chargée de faire toute la lumière sur la mort du président. Selon eux, Thomas Mann, ambassadeur américain à Mexico au moment des faits, avait la certitude que Fidel Castro avait « engagé » Lee Harvey Oswald pour se débarrasser de JFK, une autre théorie régulièrement évoquée dans cette affaire.

Si la publication de milliers de documents depuis deux semaines était très attendue, ceux-ci n’ont cependant pas livré de révélations permettant d’avancer concrètement dans l’enquête. Lee Harvey Oswald a-t-il véritablement joué le rôle qu’on lui prête dans cet assassinat, ou a-t-il simplement été utilisé comme bouc émissaire, manipulé par une conspiration de grande ampleur ? La vérité sur cet assassinat risque d’être difficile à approcher un jour, et le mystère Kennedy n’a pas fini d’alimenter les fantasmes les plus fous.

Dossiers JFK : 50 ans plus tard, un assassinat qui fascine toujours

Vendredi, l’administration américaine a mis en ligne sur le site des archives nationales 2 891 dossiers ayant trait à l’assassinat du président Kennedy.

Le 22 novembre 1963, la mort de John Fitzgerald Kennedy, 35e président des États-Unis, bouleversa le monde. Plus de cinquante ans plus tard, l’assassinat de l’Américain est encore au cœur de bien des fantasmes et fascine toujours. Vendredi, l’administration américaine a enfin publié les millions de documents, classés confidentiels depuis des décennies, autour de l’assassinat du président JFK. Des dossiers qui révèlent certes quelques détails sur cet événement majeur du XXe siècle, mais qui ne remettent pas en question la version officielle.

Plus d’un demi-siècle après la mort de JFK à Dallas, au Texas, 2 891 dossiers ont été postés sur le site des archives nationales, accessibles en un clic. Mais le président Donald Trump a repoussé de six mois la divulgation de documents jugés trop « sensibles », ce qui risque d’alimenter le flot intarissable des théories du complot. Les experts n’attendent pas de grandes révélations dans les plus de cinq millions de documents publiés, qui prendront des mois à être épluchés.

« Les dossiers JFK sont publiés avec attention. Au bout du compte, il y aura une grande transparence. J’ai espoir de porter quasiment tout à la connaissance du public ! » a tweeté Donald Trump vendredi matin. Dans la soirée, il a affirmé sur le réseau social : « Je publierai TOUS les dossiers Kennedy à l’exception des noms et adresses des personnes mentionnées toujours vivantes », disant agir notamment pour « éteindre toutes les théories du complot ».

Des pistes multiples

Certains documents remontent à 1962, soit un an avant l’assassinat du 35e président américain imputé à Lee Harvey Oswald, un ancien marine ayant agi seul, selon la commission Warren chargée de l’enquête. Ils exposent les intrigues de l’époque, avec par exemple un complot ourdi au début de la présidence du démocrate par la CIA qui a offert au chef mafieux Sam Giancana 150 000 dollars pour éliminer Fidel Castro. Également le fait que la police fédérale (FBI) était au courant d’un plan pour assassiner le tueur de Kennedy ou encore les soupçons de Moscou sur une conspiration fomentée par l’extrême droite américaine contre JFK. Mais la plupart ne sont que des comptes rendus d’agents fédéraux sur de fausses pistes.

Si plusieurs théories ont fait état de liens entre Lee Harvey Oswald, Cuba et l’URSS, un mémo du FBI de 1963, après l’assassinat, les contredit. Ainsi, une source explique que « les responsables du Parti communiste de l’Union soviétique pensaient qu’il y avait un complot bien organisé de la part de l’ultra droite aux États-Unis pour commettre un coup d’État ». Les Soviétiques craignaient que cet assassinat puisse servir de prétexte pour « arrêter les négociations avec l’Union soviétique, attaquer Cuba et par la suite répandre la guerre ». Ils ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient « absolument aucune connexion » avec Oswald, qui avait fait défection en Union soviétique en 1959 et était finalement rentré aux États-Unis en 1962.

Des informations déjà connues pour la plupart

Donald Trump a donné aux services de renseignements jusqu’au 26 avril 2018 pour passer au crible les documents jugés sensibles et en censurer les parties les plus délicates. Il s’agit notamment de protéger les informateurs du renseignement et de la police, ainsi que les « activités menées avec le soutien d’organisations étrangères », précise une source sous couvert d’anonymat. « J’ai été très déçu », a confié vendredi à l’Agence France-Presse Philip Shenon, auteur de A Cruel and Shocking Act : the Secret History of the Kennedy Assassination. « Nous avions déjà vu la plupart des documents publiés hier soir », mais ils étaient alors « en partie censurés ».

« La plupart des documents les plus importants, en quelque sorte les documents super secrets, n’ont pas été publiés », a-t-il regretté, reconnaissant quand même quelques « informations intéressantes ». Il a cité notamment la colère du chef du FBI J. Edgar Hoover face à la défaillance « inexcusable » de la police de Dallas, incapable de protéger Lee Harvey Oswald malgré les maints avertissements que sa vie était menacée. Il a été assassiné dans les locaux de la police par Jack Ruby, un patron de boîte de nuit.

Toujours plus de théories conspirationnistes

Des centaines d’ouvrages et de films ont alimenté la thèse du complot, pointant du doigt principalement les adversaires communistes de la guerre froide, la mafia et même le vice-président Lyndon B. Johnson. Des hypothèses relancées après la sortie du film JFK d’Oliver Stone, en 1991. Face au débat décuplé, une loi a imposé en 1992 la publication de ces documents, en intégralité et sans censure, après 25 ans. Mais leur divulgation risque de ne pas suffire à faire taire même les thèses les plus folles.

« Quiconque pense qu’un document est intitulé Membres de la conspiration pour tuer le président Kennedy va attendre longtemps », a ironisé Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l’université de Virginie et auteur de The Kennedy Half-Century. Mais pour ceux qui veulent croire au complot, les dossiers maintenus secrets seront « considérés comme la pierre de Rosette », a-t-il souligné. « Cela va simplement alimenter encore plus les théories conspirationnistes. »

Source AFP

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