Dr Boubacar Sarr, coordonnateur du Programme santé oculaire au Msas : «On est à plus de 13 mille opérations de la cataracte par an»

Le coordonnateur du Programme santé oculaire au ministère de la Santé et de l’Action sociale estime à 13 mille le nombre d’opérations de la cataracte par an au Sénégal.

Aussi, Dr Boubacar Sarr a-t-il révélé qu’aujourd’hui le Sénégal vient de terminer la distribution d’azitromicine pour près de 900 mille personnes dans 12 districts du pays pour lutter contre le trachome.

Vous êtes venu assister à l’inauguration de ce dispensaire ophtalmologique. Quel apport peut-il avoir sur le traitement des maladies oculaires ?

C’est une structure qui est bien, qui peut être un premier niveau de captage des patients, parce que le problème qu’on a toujours eu, c’est qu’on a pendant longtemps pensé que les soins oculaires sont des soins hyper spécialisés.

Les services d’ophtalmo n’existaient que dans les hôpitaux et tout le monde sait que les hôpitaux ont des problèmes d’accessibilité aussi bien au niveau géographique qu’au niveau des prix des consultations. Alors, des structures légères de cette dimension peuvent prendre en charge les populations pour régler les problèmes primaires.

Il faut en faire autant pour désengorger les hôpitaux. On peut faire des consultations et même des opérations de la cataracte. Il faut remercier le Lions club pour la relance de ce centre en espérant qu’on se mettra dans une dynamique de suivi des activités et d’évaluation des performances. On peut élargir la gamme des prestations qui sont offertes ici et les intégrer dans le système de santé du pays. Je crois que c’est la volonté de l’Union pour la solidarité et l’entraide (Use) ainsi que le Lions club. Je crois également que c’est la grande préoccupation du ministre de la Santé.

Quelle est la situation des maladies oculaires au Sénégal ?

Les maladies oculaires sont très fréquentes au Sénégal au regard des statistiques, par rapport aux consultations et encore que même, ce sont des chiffres sous-estimés. On a près de 250 mille demandes et celles-ci sont sous-estimées. Cela veut dire qu’il y a énormément d’efforts à faire en matière de mise à disposition de couverture en unités de soins oculaires.

C’est pour cette raison que cette cérémonie me réjouit parce qu’elle participe à améliorer les ratios de couverture. Il y a énormément d’efforts qui ont été faits au cours de cette décennie. On est passé de deux unités de soins de district à une quarantaine dans tout le Sénégal. Malgré tout, les unités de soins restent insuffisantes au regard des besoins exprimés.

Les grands épidémiologistes disent qu’à chaque année, au moins 10% de la population devraient solliciter les services des soins oculaires. Si on s’en tenait à ces chiffres, on devrait avoir entre 1,3 et 1,4 million de consultations chaque année. Au Sénégal, on n’a pas les chiffres exacts relativement à certaines maladies, mais on sait que la cataracte reste la première préoccupation en termes de cause de cécité.

On estime qu’au Sénégal, on a autour de 50 à 60 mille individus qui sont déjà aveugles à cause de cela. Il faut les opérer et on en fait. Au début des années 2000, si on en faisait autour de 5 000, aujourd’hui on est à plus de 13 mille opérations. Certes, c’est insuffisant parce qu’il faut en faire au moins 25 mille chaque année, mais on est sur une bonne progression qu’il faut néanmoins accélérer.

Mais au-delà de la cataracte, il y a aussi le trachome qui fait des ravages chez certaines populations…

Effectivement, le trachome est le deuxième gros problème au Sénégal, mais on est en train de mener une lutte très intense à ce niveau. Aujourd’hui, on vient de terminer la distribution d’azitromicine pour près de 900 mille personnes dans 12 districts au Sénégal.

L’année prochaine, on sera à près d’un million de personnes, de distribution d’azitromicine, qui est le traitement de référence du trachome. La prise en charge du trichiasis aussi s’améliore dans la mesure où on est passé de 500 autour des années 2000 à plus de 5 000 en fin 2013, même si là bas, le besoin est important, parce qu’on pense qu’il y a plus de 100 mille personnes qu’il faut opérer.

Si on fait le cumul des personnes qui ont été opérées ces dernières années, on tourne autour de 10 à 15 mille. Il faut renforcer les efforts au Sénégal, parce que le problème c’est que quand on a 10 aveugles, les 8 auraient pu ne pas l’être. 80% des cécités sont évitables. Alors, il y a encore des efforts à faire.

  • Écrit par  Aly FALL

alyfall@lequotidien.sn

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