DROGUE DANS LA POLICE : Les américains interpellent Macky – Le Département d’Etat exprime sa vive préoccupation

Le Département d’Etat américain a saisi le président de la République pour exprimer ses vives préoccupations sur l’affaire de trafic de drogue qui éclabousse la Police. Un langage diplomatique pour demander des explications.macky-drogue

C’était redouté : L’affaire de la drogue, quiéclabousse la Police, prend des proportions internationales. Engagés sans merci dans la traque contre les cartels, les Etats-Unis via le Département d’Etat ont saisi le président de la République pour exprimer leurs vives préoccupations. En langage diplomatique, il s’agit d’une façon très soft d’exiger des explications à l’Etat du Sénégal dont le patron de la Police, Abdoulaye Niang, est cité dans une affaire de trafic international de drogue.

Elle vient de provoquer un déchaînement international avec en toile de fond l’implication de Interpol et du Département d’Etat. C’est l’ambassade américaine à Dakar qui a exprimé les sentiments du Départe­ment d’Etat au président de la République. Une pression supplémentaire sur les épaules de Macky Sall qui doit couvrir les légèretés et les aveux de faiblesse de son ministre de l’Intérieur.
Aujourd’hui, le Sénégal ne peut pas rester les bras ballants. Comme si de rien n’était. Pressé par l’opinion nationale, le régime actuel est harcelé par le temps. Mieux : il s’agit d’un prestige et d’une image que notre pays doit sauvegarder en situant les responsabilités.
Les pressions… diplomatiques américaines sont un rappel à l’ordre. Les Etats-Unis défendent dans tous les pays le principe d’un monde sans drogue. A leurs yeux, il s’agit d’une attitude universelle. Ils étaient allés chercher Manuel Noriega dans son palais présidentiel au Panama avant de l’extrader à Washington. C’était en 1990. Récemment, deux hauts gradés bissau-guinéens accusés de narcoterrorisme en lien avec la guérilla colombienne des Farc  sont aujourd’hui inculpés aux Etats-Unis.

Le lieutenant-général Anto­nio Indjai, chef d’état-major des Armées, est toujours en fonction mais le contre-amiral Bubo Na Tchuto, ex-chef de la marine, a été arrêté début avril à l’issue d’une opération menée par des membres de l’agence américaine anti-drogue aux larges des côtes Bissau-guinéennes. Sur Rfi.com, Rusty Payne, porte-parole de la Dea, expliquait qu’il n’avait pas «demandé l’aide de la Guinée-Bissau car nous considérons ce pays comme un narco-État et les États-Unis ne collaborent pas avec ces États». Le Sénégal n’est pas logé à la même enseigne. Mais, il ne peut pas dilapider son prestige en gardant le silence.
bsakho@lequotidien.sn

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