EAU – Lenteurs dans la commande de la pièce défectueuse de keur Momar Sarr : Le Sénégal énerve la France

Le tuyau défectueux de Keur Momar Sarr
Le tuyau défectueux de Keur Momar Sarr
Le tuyau défectueux de Keur Momar Sarr

Dans quelle mesure les Sénégalais ont-ils vraiment souhaité régler rapidement la pénurie de l’eau à Dakar ? Le chef de la mission diplomatique française au Sénégal a indiqué qu’il a fallu quelque peu secouer les fonctionnaires locaux pour qu’ils délivrent rapidement le bon de commande de la pièce à changer.

Le président de la République a annoncé le week-end dernier que le tuyau défectueux de Keur Momar Sarr serait remplacé grâce au concours de la France. D’ailleurs, le tuyau devrait être livré dans peu de jours, si les délais annoncés par le chef de l’Etat sont respectés, à savoir une douzaine de jours avant que l’élément ne soit livré. Néanmoins, des questions continuent de se poser quant à la prise en charge de ces réparations.

Si l’on sait que c’est l’Agence française de coopération (Afd) qui décaisse les montants nécessaires à la fabrication et au remplacement de la pièce, l’opinion ignore par contre combien les contribuables sénégalais devront y mettre. En effet, ni les Sénégalais qui finiront par payer, ni les Français à qui la commande a été passée, ne semblent désireux de rendre l’information publique. Le service de presse de l’ambassade de France dit tout bonnement ne pas souhaiter «communiquer sur le prix» de l’intervention française.

A l’Afd, on fait comprendre que «le plus important n’est pas le remplacement de la pièce, mais c’est plutôt d’instruire un programme pour la sécurisation de l’eau apportée par les usines de Keur Momar Sarr et de Gninth». Cela s’est fait, indiquent les fonctionnaires français, par la mise en place d’un prêt concessionnel accordé par la France, à travers l’agence, au gouvernement du Sénégal. Ce dernier à son tour, le réattribue à la Sones sous forme de subvention, afin de lui permettre de faire face au remplacement en urgence de la pièce défectueuse, avant de dérouler le reste du programme de remise en état des usines gérées par la Sde.

Néanmoins, ces choses, présentées par les Français comme allant de soi, ont mis du temps à se mettre en place. Echangeant il y a trois jours avec ses collègues diplomates ressortissants des pays membres de l’Union européenne, l’ambassadeur de France M. Paganon a donné une idée des efforts que son pays a fournis afin de trouver une solution à la crise de l’eau à Dakar. Informant de la demande d’aide lancée par le Président Macky Sall à son homologue français François Hollande et de l’envoi qui a suivi, par l’Afd, d’une équipe de techniciens qui devaient estimer les dégâts et indiquer la voie à suivre pour la réparation, le diplomate a souligné que les Français ont montré toute leur disposition à entamer la fabrication, en condition d’urgence, de la pièce du tuyau qui nécessitait réparation.

Néanmoins, tout le monde ne semblait pas prendre conscience de la situation d’urgence. Jean-Felix Paganon a souligné à ses collègues que la partie sénégalaise a traîné les pieds pour établir le bon de commande qui devait permettre d’entamer les travaux de fabrication.

«Finalement, c’était à nous de les pousser, comme si c’est nous qui en avions le plus besoin», a-t-il déclaré. Cela était plus difficile à comprendre pour les Français, d’autant plus que la facture de la pièce était payée par eux, même si le Sénégal allait finir par rembourser. C’est après plusieurs pressions que le bon de commande de la pièce de rechange a été expédiée et le travail entamé.

Cette narration de l’ambassadeur ne semble pas rencontrer l’assentiment de la partie sénégalaise. Au contraire, la directrice générale de la Sones, Mme Anta Seck, nie tout retard ou laxisme de la part de son entreprise, dans la gestion de ce dossier. Elle fait comprendre qu’au contraire, dès le lundi dernier, le bon de commande a été transmis à qui de droit, pour être expédié aux Français. Elle souligne par ailleurs, que c’est en compagnie d’une équipe de la Sones que les missionnaires de l’Afd ont visité les deux usines de Keur Momar Sarr et de Gninth, et que dans ces conditions, tout le monde savait où étaient les priorités.

mgueye@lequotidien.sn   

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