EBOLA – Injonction du Sommet de la Cedeao : Ouvrez les frontières !

Malgré la persistance d’Ebola dans les pays affectés, la Cedeao, qui a tenu son sommet extraordinaire hier à Accra, a demandé aux Etats d’ouvrir leurs frontières. En réalité, cette mesure s’adresse au Sénégal et à la Côte d’Ivoire. Même si on y a mis les formules diplomatiques convenues.

Le Sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), tenu hier à Accra, a pris une décision extraordinaire. Elle a enjoint aux Etats qui avaient fermé leurs frontières avec les pays affectés par le virus Ebola de les rouvrir. Cette injonction s’adresse exclusivement au Sénégal et à la Côte d’Ivoire.

Transfrontaliers des pays ravagés par Ebola comme le Liberia la Guinée, ils avaient décidé de prendre cette mesure extrême pour minimiser la contagion. La décision du Liberia de fermer ses frontières avec la Sierra-Léone était considérée com­me une anomalie «parce que les deux pays étaient touchés par le virus». Jusqu’ici, la Côte d’Ivoire a été épargnée. Le Sénégal a soigné le seul cas importé.

Le malade malien, qui est aussi venu de la Guinée, est finalement décédé et les personnes qui étaient en contact avec lui libérées après 21 jours d’observation. Depuis l’apparition du virus, le foyer de propagation se concentre autour du Liberia, de la Guinée et de la Sierra-Leone.

Aujourd’hui, le Sommet extraordinaire de la Cedeao a réparé une anomalie. Il était connu que cette mesure violait l’une des dispositions les plus sacrées de la Cedeao : la libre-circulation des personnes et des biens. Les leaders de la Communauté économique des Etat d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sont revenus aux fondamentaux de la coopération et ont montré leur solidarité aux pays qui se débattent pour circonscrire l’épidémie.

Il y a quelques jours, le chef de l’Etat guinéen avait encore du mal à avaler la décision du Sénégal de fermer ses frontières aériennes et terrestres avec son pays. En soutenant que la Guinée «nourrit le Sénégal», on décelait une dose de colère dans ses propos.

Cette décision va donc permettre de réduire la fracture diplomatique entre ces deux pays. Elle va remettre aussi sur la table, l’épineuse question de la surveillance des frontières. Cela subodore le renforcement des contrôles aux niveaux des points de passage avec une surveillance accrue des flux migratoires. Il faut savoir que le virus Ebola continue de ravager les populations guinéennes, sierra-léonaises et libériennes. Malgré l’engagement de la Communauté internationale.

Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), Ebola a fait 4 818 morts à ce jour. Par la voix de David Nabarro, coordinateur de l’Onu pour Ebola, les Nations-Unies mettent donc en garde le monde contre tout excès d’optimisme. Si l’Onu constate que la transmission du virus ralentit à certains endroits comme au Liberia, l’organisation prévient qu’Ebola continue de progresser ailleurs.

«Il est vraiment nécessaire d’avoir beaucoup de vigilance, et de ne pas commencer à penser que c’est presque la fin, martèle David Nabarro sur Rfi. Non, ce n’est que le commencement des diminutions ! Dans quelques endroits, l’accélération de l’épidémie est plus lente, mais dans d’autres endroits, l’accélération continue comme avant. (…) Il faut augmenter la pression de la réponse.»
Face à cette situation, les pays de la Cedeao ont décidé de renforcer leur solidarité en apportant un soutien financier aux Etats touchés par Ebola. Par exemple, le Sénégal a décidé de mettre à la disposition de la Cedeao, 500 millions pour participer à l’effort de guerre contre ce tueur froid.

Écrit par Bocar SAKHO

bsakho@lequotidien.sn

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